La banque Pictet développe son pôle fintech au cœur du Luxembourg

Pictet Technologies, installée à Belval, illustre à merveille l’importance qu’accordent les banques à leur transformation digitale.

Pierre Gramegna, Ministre des Finances – Vincent Eggen, CEO de Pictet Technologies – Pierre Etienne, Administrateur délégué de Pictet Luxembourg

Avec déjà plus de 50 collaborateurs et un recrutement qui se poursuit, la société Pictet Technologies, installée à Belval, illustre à merveille l’importance qu’accordent les banques à leur transformation digitale. Cet organe de la banque suisse Pictet se dédie en effet exclusivement au développement de solutions informatiques pour sa maison-mère. Un parti-pris salué par le ministre des Finances Pierre Gramegna. Par Quentin Deuxant

L’esthétique du building rouge vif, au pied des hauts-fourneaux de Belval, donne le ton d’entrée. Puis l’on pénètre dans des locaux épurés garnis d’écrans extra-larges, où les différentes salles portent les noms d’illustres scientifiques. Enfin, nous sommes conduits dans un espace commun, flanqué d’un bar, où repose une console de jeu dernier cri dont les commandes attendent les mains fébriles de la cinquantaine d’employés déjà actifs sur place. Bienvenue chez Pictet Technologies !

Une digitalisation accélérée de la gestion de fortune

Pictet Technologies, qui a ouvert ses portes à Belval il y a un peu plus d’un an, est une émanation de la banque suisse Pictet, spécialisée dans la gestion de fortune privée et institutionnelle. « Première banque privée suisse, comme l’a rappelé ce vendredi Pierre Etienne, administrateur délégué de Pictet Luxembourg, Pictet s’est installée au Luxembourg en 1989. Le succès a été fulgurant. Ces dernières années, il est toutefois devenu évident que le développement technologique était incontournable. »

Alors que certaines institutions financières décident de sous-traiter leur digitalisation, Pictet a mis le paquet en créant de toutes pièces une société tierce entièrement dédiée au développement de solutions informatiques adaptées à son activité. Un pôle fintech donc, qui a atterri au Luxembourg, alors que bien d’autres localisations étaient dans la course. « La proximité et le support des autorités locales ont fait la différence », a justifié Pierre Etienne, appuyé par Vincent Eggen, Managing Director chez Pictet Technologies. « Les autorités luxembourgeoises ont joué un rôle-clé dans notre développement à Belval, a-t-il ainsi expliqué. Sans elles, nous n’aurions jamais pu attirer autant de talents, si rapidement. »

Un passage de la terre rouge à la matière grise

En un peu plus d’un an, ce sont en effet 50 profils spécialisés dans le développement fintech qui ont rejoint Belval et Pictet Technologies. Des talents issus de 15 pays du monde entier et qui vont travailler au développement de technologies de pointe au service de la finance, notamment autour de la blockchain. Venu saluer les équipes de la société dans leurs locaux, le ministre des Finances Pierre Gramegna a salué cette énergie mise au service de la fintech. « Comme M. Juncker, je suis né pas très loin d’ici. Durant mon enfance, les hauts-fourneaux fonctionnaient encore à plein régime, crachant leur fumée rouge et noircissant les façades eschoises. Le Luxembourg était alors connu pour l’excellence de sa fonte et, plus tard, de son acier. Aujourd’hui, nous avons effectué une transition de la terre rouge, dont on extrayait ici les minerais de fer, à la matière grise. Mais le principe est toujours resté le même : faire les meilleurs produits possibles pour se démarquer et pouvoir exporter partout dans le monde. »

Prenant d’abord l’exemple du développement de la place financière, M. Gramegna a ensuite souligné l’importance de la révolution en cours dans le domaine de la finance. « Je suis de retour de Chine et ce voyage m’a appris que le monde des finances va évoluer beaucoup plus vite qu’on ne le croit. Les fintechs sont là pour rester : ce sont des développements structurels qui vont bouleverser la banque telle qu’on la connaissait. Je salue donc l’initiative prise ici par Pictet et je peux assurer toutes les personnes présentes du soutien du gouvernement luxembourgeois. J’espère voir les collaborations se multiplier entre Pictet Technologies et les structures luxembourgeoises comme la LHoFT ou l’Université du Luxembourg toute proche. »

S’il faudra attendre pour voir comment s’articulent ces démarches privées et publiques, une chose est sûre : l’arrivée constante d’acteurs dédiés au fintech et la mise en place d’initiatives locales séduisantes sont en passe de faire du Luxembourg la nouvelle Mecque des technologies financières.

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