Le défi européen de LuxTrust

En investissant sur la qualité, LuxTrust espère imposer ses services à l’étranger.

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Pascal Rogiest, CEO de LuxTrust

Profitant de l’entrée en application du règlement eIDAS, le prestataire de services de confiance luxembourgeois réaffirme ses ambitions européennes. En investissant sur la qualité, avec la volonté de disposer du plus haut niveau de certification pour l’ensemble de ses solutions, LuxTrust espère imposer ses services à l’étranger. – Par Sébastien Lambotte

Le règlement européen eIDAS régit dès à présent l’identité électronique des citoyens européens ainsi que les services de confiance en lien avec ces identités, comme la signature électronique, l’horodatage ou le cachet des documents numériques. « Avant eIDAS, chaque pays de l’Union Européenne disposait de règles spécifiques relatives au service de confiance. Si bien qu’un service, reconnu comme valable dans un pays, ne l’était pas dans un autre. Le nouveau règlement s’applique lui sur l’ensemble du territoire. Les services d’un prestataire dans un pays donné sont accessibles pour n’importe quel personne à travers l’Union européenne », explique Pascal Rogiest, qui occupe la fonction de CEO de LuxTrust depuis un an.

 

De réels atouts

Pour le prestataire de services de confiance luxembourgeois, ce changement d’approche réglementaire ouvre considérablement le marché. Cantonnés jusque-là à l’espace national, ses services peuvent désormais être proposés au-delà des frontières. Bien sûr, la concurrence s’annonce rude. Mais LuxTrust, qui a redéfini son ambition, se veut confiant. « Nous entendons nous démarquer en misant sur la qualité, assure Bernard Antoine, Chief Commercial Officer de LuxTrust. Par rapport à nos concurrents potentiels, nous disposons de plusieurs atouts. Nous avons pour ambitions de disposer de la plus haute certification, dite « qualifiée », pour chacune de nos solutions. Cette certification permet, à travers nos services, d’octroyer une réelle valeur juridique aux documents électroniques. » Autrement dit, une signature électronique garantie par un prestataire de services « qualifié » a un poids juridique égal à sa version manuscrite. Il en va de même pour l’horodatage ou le cachet de document électronique.

 

Le Journal Officiel désormais dématérialisé

Le cachet électronique de LuxTrust, qui dispose déjà de cette certification qualifiée, est par exemple utilisé par l’Etat, au niveau de la version électronique du Journal Officiel. « Le service de LuxTrust, avec ce haut niveau de reconnaissance, nous a permis de dématérialiser intégralement notre Journal Officiel. Il n’existe désormais plus en version papier. Le cachet électronique peut maintenant être apposé automatiquement sur les articles de lois publiés, garantissant leur authenticité dans le temps », assure John Dann, directeur du Service central de législation de l’Etat.

 

Un acteur solide

Afin de partir à la conquête de l’Europe, LuxTrust entend faire valoir d’autres atouts. « Aujourd’hui, nous sommes un des rares acteurs européens à gérer un écosystème aussi diversifié à l’échelle d’une nation. A travers nos services, nous garantissons l’authentification de l’ensemble des clients retail des banques comme celle des citoyens recourant aux services en ligne du gouvernement », assure Pascal Rogiest. Largement soutenu par l’Etat, qui en est le principal actionnaire, le prestataire de service de confiance peut avancer de meilleures garanties que tout autre acteur privé. Enfin, LuxTrust entend se démarquer en innovant. « La volonté est de proposer toute une gamme de solutions et services à valeur ajoutée. Nous sommes par exemple un des rares acteurs à pouvoir gérer deux types d’identités, celles liées à des personnes physiques et celles attachées à des personnes morales. Notre solution Token, via une application mobile illustre notre capacité d’innover tout en garantissant la confiance. »

 

A la conquête de nouveaux marchés

Sur ces bonnes bases, LuxTrust doit donc convaincre au-delà des frontières. Au départ d’une nouvelle identité, accompagnée du slogan « enabling digital world », le prestataire s’est fixé de nouveaux objectifs commerciaux. « Notre volonté est de convaincre des acteurs de la finance, qui manifestent comme les gouvernements un réel intérêts pour les opportunités ouvertes par eIDAS. Après les banques, pour lesquelles nous travaillons déjà, les assureurs aussi s’engagent avec vigueur dans la dématérialisation. Pour cela, ils doivent recourir à des services d’authentification ou de signatures. »

LuxTrust entend annoncer dans le courant de l’année la signature de contrats avec des clients internationaux. Son approche du marché passera aussi par des partenariats stratégiques, avec des acteurs complémentaires à son offre.