Devenir codeur en 3 mois et demi

Les développeurs et intégrateurs web font partie des ressources rares au Luxembourg. L’ADEM, en partenariat avec la société NumericALL et l’école WebForce3, offre la possibilité aux demandeurs d’emploi passionnés de nouvelles technologies, de se former de manière intensive à ces métiers porteurs.

devenir-codeur-en-3-mois-wortLes développeurs et intégrateurs web font partie des ressources rares au Luxembourg. L’ADEM, en partenariat avec la société NumericALL et l’école WebForce3, offre la possibilité aux demandeurs d’emploi passionnés de nouvelles technologies, de se former de manière intensive à ces métiers porteurs. Par Jeanne Renauld, paru dans le supplément Luxemburger Wort, mai 2017

Nos sociétés connaissent aujourd’hui des mutations profondes. Les évolutions technologiques modifient nos modes de fonctionnement, nos métiers, les organisations toutes entières. De nouveaux besoins apparaissent, nécessitant des compétences spécialisées dans l’IT. Le Luxembourg, qui s’est engagé pleinement dans la transformation digitale, est confronté à une pénurie importante de main-d’œuvre dans le secteur. Pour répondre à leurs besoins, les entreprises se doivent de recruter de plus en plus loin, en Europe de l’Est, en Tunisie ou encore en Inde par exemple.

Partant de ce constat, l’Agence pour le développement de l’emploi (ADEM) a mis sur pied un programme de formation de développeurs-intégrateurs, intitulé Fit4Coding/ WebForce3. Depuis novembre 2015, la société NumericALL opère en franchise l’école française WebForce3 au Technoport de Belval. « Nous ne devons pas négliger les talents dont nous disposons en interne, au Grand-Duché, explique Yves Lepage, CEO de NumericALL. Le gouvernement, à travers cette initiative portée par l’ADEM, entend apporter une réponse pédagogique efficace aux besoins en matière de nouvelles compétences. »

Apprendre en pratiquant

Créée en 2013 par Alain Assouline, patron d’une agence de communication digitale à Paris, l’école WebForce3 développe une pédagogie axée sur la pratique. De cette façon, « les candidats sont pleinement opérationnels à l’issue de la formation. Ils peuvent directement postuler à des offres d’emploi de développeur ou d’intégrateur junior », commente Brigitte Lepage, co-fondatrice de NumericALL. Langages HTML, CSS, Javascript, WordPress, PHP, SQL, intégration web, développement d’un projet concret… Pendant trois mois et demi, à raison de 490 heures de cours et d’exercices en ligne, 5 jours par semaine, les élèves apprennent les bases du code informatique. Mais pas seulement.

« Au-delà des compétences tech- niques, nous mettons également l’accent sur ce que l’on appelle les soft skills et l’employabilité précise Brigitte Lepage. Préparation de CV, de pitch, visite de salons de l’emploi, participation aux événements IT… Ces modules spécifiques et concrets permettent aux apprenants de se projeter sur le marché de l’emploi et de se positionner comme une solution aux besoins des entreprises. C’est aussi l’occasion de favoriser la rencontre entre étudiants et futurs employeurs. » Dans cette même optique, les candidats sont accompagnés par des mentors, des personnes issues du monde de l’informatique ou des ressources humaines et qui, bénévolement, apportent leur soutien aux élèves.

Une sélection rigoureuse

C’est l’ADEM qui identifie, parmi les demandeurs d’emploi, les candidats potentiels à ce programme qu’elle finance en collaboration avec le Fonds Social Européen. « Nos sessions regroupent des personnes de tous âges, aux profils variés, confie Yves Lepage. Il peut s’agir de jeunes, passionnés d’informatique depuis toujours, mais qui n’ont pas trouvé leur voie à l’université, ou de professionnels de métiers vraiment impactés par le web (marketing, communication, généralistes informatiques…) qui ont l’ambition de se reconvertir. »

Après une réunion d’information, les personnes désireuses de s’engager dans la formation sont soumises à un test de culture web et de logique. « Si elles réussissent avec 70%, elles sont reçues en entretiens individuels, indique Brigitte Lepage. Là, nous évaluons leur motivation réelle et la manière dont cette formation pourra s’intégrer de manière concrète dans leur parcours professionnel.» Lors de chaque session, 18 places sont disponibles. « Ce nombre limité permet un accompagnement personnalisé de chaque élève et encourage les échanges avec les formateurs », poursuit la gérante. Si les demandeurs d’emploi présélectionnés par l’ADEM sont prioritaires, la formation est également accessible aux candidats individuels en cas de places disponibles et ce, moyennant un financement propre.

90 personnes formées en deux ans

Mise sur pied il y a moins de 18 mois au Luxembourg, l’initiative accueille déjà sa cinquième vague de candidats. Face aux besoins croissants du secteur IT et aux ambitions luxembourgeoises en matière de société digitale, il y a fort à parier que d’autres formations viendront prochainement compléter le catalogue actuel.

« Nous sommes dans une logique d’amélioration continue afin de favoriser l’insertion professionnelle des diplômés et répondre au plus près aux attentes du marché, assure le CEO. C’est pourquoi nous travaillons main dans la main avec les différents acteurs du terrain : le gouvernement, l’ADEM et des entreprises partenaires actives dans la transformation digitale. Kneip, Vanksen et PWC nous soutiennent ainsi depuis le début. Plus de 30 sociétés ont participé au programme de mentoring. » Et la recette fonctionne. Pour preuve, à l’heure actuelle, 75% des participants à la formation ont trouvé un emploi dans les six mois suivant la formation. Pour la dernière promotion, diplômée il y a quatre mois, le taux est déjà de 80% !

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