80.000 emplois d’ici 2020 au Luxembourg avec le Digital

La digitalisation de l’économie, et plus singulièrement des PME luxembourgeoises, était au cœur des débats des Luxembourg Internet Days, ce 14 novembre. Le pays, et principalement les PME, souffrent d’un réel retard en la matière, comme l’a notamment souligné Thierry Geerts, Country Directeur de Google Belgique-Luxembourg.

Thierry Geerts, Country Director – Google Belgium Luxembourg
@Source: www.luxembourg-internet-days.com

« Potentiellement, la digitalisation de l’économie pourrait créer 80.000 nouveaux emplois d’ici 2020 au Luxembourg », a conclu Thierry Geerts. Le directeur de Google Belgique-Luxembourg était invité à s’exprimer sur l’impact de la digitalisation sur la société et le business à l’occasion des Luxembourg Internet Days, qui se tiennent ces 14 et 15 novembre à la Chambre de Commerce.
par Sébastien Lambotte

Le chiffre est enthousiasmant (même si l’on peut se demander comment un petit territoire comme le Luxembourg peut accueillir tout ce monde), et va à l’encontre de nombreux discours plus pessimistes sur les dangers de l’automatisation pour l’emploi. « Nous ne sommes qu’à l’aube du développement de l’Internet. Aujourd’hui, la technologie permet de connecter une communauté de 3,3 milliards de personnes sur terre. Et nous serons 5 milliards à l’horizon 2020, utilisant au minimum 50 milliards d’objets connectés. La révolution n’est pas technologique. Elle concerne avant tout l’accès à l’information. Grâce au mobile, chacun de nous a accès à plus d’information que le président des Etats-Unis il y a dix ans. »

Réinventer tout ce que nous connaissons

Internet, mobile et intelligence artificielle constituent, aux yeux du directeur de Google, les trois vagues d’une révolution industrielle profonde. Si, comme les révolutions précédentes,  elle s’avère positive pour tous, l’humain n’aimant pas le changements, elle suscite de nombreuses craintes. « Nous sommes occupés à réinventer notre monde, à repenser chaque chose que nous avons conçue jusqu’alors », poursuit Thierry Geerts. Le patron égrène les exemples, parmi lesquels sa Google Car. « 400 voitures autonomes ont été lancées sur les routes aux USA, ont parcouru 3 millions de kilomètres, sans causer d’accident. A l’heure où la voiture tue encore 1,2 million de personnes chaque année, c’est une vraie révolution. Une voiture autonome, en outre, règle les problèmes du stationnement. La voiture vous dépose devant la porte. Vous n’avez plus à vous soucier de trouver une place », commente-t-il.

Bien appréhender le changement et les opportunités

« Pourquoi Airbnb et Uber valent-ils plus cher que leurs concurrents dans le secteur traditionnel ?, interroge ensuite Thierry Geerts. Pourquoi Airbnb est-il mieux valorisé qu’AccorHotels ? Parce qu’aujourd’hui, ce n’est désormais plus les outils de production qui font la richesse, mais bien l’accès à la clientèle ! »

Dans ce contexte, chaque entreprise a la possibilité de réinventer son business, en suivant notamment quelques grandes tendances. Le directeur de Google Belgique-Luxembourg en évoque trois : l’hyperpersonnalisation de la relation, la facilité d’utilisation du service, sa rapidité. « Pour beaucoup, il apparait compliqué de suivre les évolutions dans ce nouveau monde. Cela ne l’est peut-être pas tant que cela. C’est avant tout un état d’esprit à adopter. La transformation ne dépend pas en premier lieu de votre système informatique ou de la volonté de votre actionnaire, mais doit d’abord être envisagée en fonction de l’utilisateur de votre service », explique Thierry Geerts.

Les PME luxembourgeoises à la traine

Et, en la matière, les acteurs luxembourgeois ont encore beaucoup à faire. « Les utilisateurs, résidents, frontaliers, visiteurs, sont bien connectés. Cependant, l’offre digitale luxembourgeoise ne suit pas. Le business est en retrait vis-à-vis de la demande… »  Thierry Geerts le démontre chiffres à l’appui. « Sur l’ensemble des investissements publicitaires fait en ligne au Luxembourg, 87% sont réalisés par des acteurs étrangers. Dans le domaine de l’e-commerce, le Luxembourg importe donc massivement des biens et services depuis l’étranger », explique-t-il. Les acteurs nationaux, sur un territoire réputé ouvert sur l’extérieur, sont terriblement à la traine. Si les opportunités existent, avec un marché digital qui progresse rapidement, elles profitent donc essentiellement à des acteurs étrangers. « 80.000 postes peuvent être créés au Luxembourg d’ici 2020 avec la digitalisation de l’économie, à condition que les acteurs prennent les choses en main », précise Thierry Geerts.

 

Google et GDPR : « un frein à la digitalisation des entreprises »


Au cœur d’un panel, Thierry Geerts était interrogé sur les opportunités et risques liés à la mise en œuvre du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (GDPR), pour Google mais aussi pour l’ensemble du marché. « Nous sommes favorables à la GDPR et préparés pour sa mise en œuvre, précise-t-il, assurant que Google s’était adapté pour y répondre. Vous pouvez, dès à présent, accéder à toutes les données vous concernant et qui sont en notre possession. Vous avez la possibilité de très facilement les effacer. » Si le géant américain se dit favorable à tout ce qui peut renforcer la confiance envers ses services digitaux et ceux des autres, il pense que ce règlement risque de freiner la digitalisation des plus petits acteurs. « Si nous y sommes favorables, une telle réglementation est susceptible d’effrayer les entrepreneurs. C’est une usine à gaz qui, actuellement, est de nature à enrichir les cabinets d’avocat. »

 

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