Les multiples applications commerciales de la blockchain selon IBM

La société IBM présentait le jeudi 19 Octobre à Luxembourg, les différentes facettes de son expertise dans la gestion de données, à travers son événement IBM Luxembourg Cognitive Cloud Event.

Shyam Nagarajan, Global Sales Director chez IBM

La société américaine IBM présentait ce jeudi à Luxembourg les différentes facettes de son expertise dans la gestion de données. Parmi celles-ci, la plateforme blockchain développée par la multinationale depuis 2014 laisse entrevoir des applications commerciales bien plus larges que le seul Bitcoin. Pour de nombreux cas d’usage, la technologie permet de gagner en efficacité et de réduire les délais ainsi que les coûts. Illustration.  Par Quentin Deuxant

« Quand je vois que 10.000 dollars investis dans le Bitcoin en 2012 valent aujourd’hui 5,9 millions de dollars, ça ne me donne plus envie d’en parler. » Shyam Nagarajan, Global Sales Director chez IBM, a donné le ton d’entrée de jeu, jeudi dernier, lors de sa présentation de la plateforme blockchain développée depuis 2014 par sa société. Humoristique, la remarque n’en était pas moins éclairante quant aux perspectives de la blockchain selon IBM : les applications commerciales de cette technologie en vogue dépassent de loin le monde des transactions en Bitcoin.

Bien que sur toutes les lèvres aujourd’hui, la blockchain n’en reste pas moins une technologie obscure aux yeux du plus grand nombre. Et pourtant, son principe est relativement simple : la blockchain est un réseau qui met à disposition des différentes parties prenantes autorisées un registre distribué et partagé. Dans ce registre peuvent être enregistrés et validés des documents, des transactions, des contrats…

Une confiance renforcée et des économies de temps et d’argent

Les avantages de cette technologie sont multiples. Tout d’abord, les fraudes sont rendues quasiment impossibles. Chaque transaction est enregistrée une seule fois, et dupliquée pour chaque partie prenante. Tout le monde peut donc vérifier l’exactitude (ou la fraude) de la transaction. Celle-ci, pour être approuvée, doit d’ailleurs validée par la majorité des membres du réseau. Si une erreur est constatée dans une transaction, on ne peut la modifier : il faut réaliser une nouvelle transaction qui devra elle-aussi obtenir le consensus.

Ensuite, l’identité des membres du réseau peut être vérifiée précisément à l’aide de certificats digitaux. Souple, la blockchain permet de donner accès à certains membres aux détails d’une transaction alors que d’autres verront simplement qu’une transaction a été réalisée. La confiance entre les membres qui, dans une première opération commerciale classique, ne se connaissent pas forcément, est donc renforcée. De plus, il n’y a plus besoin d’obtenir l’aval d’organismes tiers pour valider une transaction. Les gains en temps sont donc considérables.

Enfin, la traçabilité de chaque opération enregistrée sur la blockchain est totale : rien ne peut disparaître du réseau, qui est indépendant, et les litiges peuvent ainsi rapidement être tranchés. Encore une fois, les gains en temps et en argent sont considérables.

Transport maritime, santé, services publics : des applications infinies

Les arguments en faveur de la blockchain ne manquent donc pas, surtout pour les groupes importants qui réalisent de très nombreuses transactions et cherchent à avoir une traçabilité optimale de leurs produits. « Walmart nous a fait confiance pour la mise en place de son réseau blockchain, explique ainsi Shyam Nagarajan. Ils recherchaient surtout un système permettant de tracer rapidement et précisément l’origine de leurs produits, les différents endroits par lesquels ils sont passés, du premier producteur jusqu’à leurs étals. Avant la blockchain, il leur fallait plus de six jours pour y parvenir. Lorsqu’on les informait qu’un produit qu’ils étaient susceptibles de vendre posait un problème pour l’une ou l’autre raison, ils jetaient donc l’entièreté de leur stock, car ils n’étaient pas capables de cibler un lot en particulier et ne voulaient prendre aucun risque pour leurs clients. Les pertes, du coup, étaient énormes. » 

La santé, les télécoms, les services publics, le secteur du voyage… Dans tous les domaines où l’on compte un nombre important d’intervenants disposant tous de leur propre registre, la blockchain pourrait donc proposer une solution sûre et permettant une traçabilité totale des produits et des opérations. Il n’y a plus qu’à passer le pas…

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