Cisco s’en prend au rachat de Skype par Microsoft

By on March 12, 2012
Cisco ne s’oppose pas à la fusion Microsoft/Skype, mais estime que les conditions pour une interopérabilité entre les normes ne sont pas garanties si une entreprise unique s’empare de l’avenir des communications par vidéo.

Alors que Cisco a raté le rachat de Skype fin août 2010 (ayant offert 5 milliards de $), et que Microsoft, six mois plus tard, en mai 2011, a acquis le bijou luxembourgeois pour 8,5 milliards de $, le constructeur de San José revient à la charge.  Cisco a fait appel devant le Tribunal Général de l’Union européenne de l’autorisation donnée par la Commission européenne à la fusion Microsoft/Skype

“Au cours de la dernière décennie, la communication par vidéo a quitté le domaine de la science fiction pour se répandre dans nos maisons, au travail, et sur nos appareils mobiles. Toutefois nous sommes encore loin de l’objectif : que les appels par vidéo soient aussi simples et omniprésents que les appels téléphoniques aujourd’hui – à travers tous les réseaux et entres tous les appareils.
Imaginez comme il serait difficile d’appeler des personnes si vous deviez vous limiter à ceux qui utilisent le même opérateur ou si votre téléphone ne pouvait appeler que certaines marques, explique Marthin De Beer, Senior Vice President, Video and Collaboration Group de Cisco. Cisco veut éviter cet avenir aux télécommunications par vidéo. C’est pour cette raison que Cisco a fait appel devant le Tribunal Général de l’Union européenne de l’autorisation donnée par la Commission européenne à la fusion Microsoft/Skype. 5Messagenet, un fournisseur européen de vidéo par internet, s’est joint à notre procédure en appel.

Nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Nous respectons la Commission européenne et valorisons Microsoft comme client, fournisseur, partenaire et concurrent. Cisco ne s’oppose pas à la fusion mais estime que la Commission européenne aurait dû y poser des conditions qui auraient assuré une meilleure interopérabilité entre les normes, afin d’éviter qu’une entreprise unique puisse s’emparer de l’avenir des communications par vidéo.

Interopérabilité vidéo

Cet appel ne vise qu’à une seule chose: sécuriser l’interopérabilité entre les normes dans le domaine des appels par vidéo. Notre objectif est de rendre la communication par vidéo aussi simple et cohérent que l’email aujourd’hui. Effectuer un appel de vidéo à vidéo devrait être aussi facile que de composer un numéro. De nos jours, cependant, vous ne pouvez passer aisément d’une plate-forme à l’autre, en utilisant la vidéo, à la plus grande frustration des consommateurs et professionnels.

Cisco estime que l’approche juste pour l’industrie est de se rallier autour des normes libres. Nous croyons fermement que l’interopérabilité entre les normes accélèrera l’innovation, créera une valeur économique, et augmentera le choix des utilisateurs des communications par vidéo, divertissements, et services.

L’industrie de la communication par vidéo est dans une phase critique avec des conséquences considérables. Dans seulement 3 ans, le monde abritera presque 3 milliards d’internautes, la moyenne de la vitesse de débit sera de 28 Mbps, et 1 million de compte-rendu vidéos (l’équivalent de 674 jours) traverseront l’internet par seconde. Au fur et à mesure que la collaboration vidéo deviendra plus courante, de multiples fournisseurs devront travailler ensemble pour permettre une échelle globale et un choix extensif pour les clients.

Pour l’intérêt des clients, l’industrie reconnait le besoin d’interopérabilité de communications unifiées omniprésentes, particulièrement entre les produits Microsoft/Skype et Cisco, ainsi que pour les produits provenant d’autres innovateurs dans le domaines des communications unifiées. Les projets de Microsoft d’intégrer Skype exclusivement avec sa plate-forme Lync Enterprise Communications pourrait verrouiller les entreprises qui veulent accéder aux 700 millions d’utilisateurs Skype à une plate-forme unique Microsoft.
Au centre de cette opportunité repose la question sur le modèle pour l’interopérabilité. Une des approches permet à chaque fournisseur de décider de leur façon d’inter-opérer. Une autre approche met l’industrie en accord autour des normes libres définies par des conseils d’administrations apolitiques. La réponse à cette question sera primordiale pour savoir si et à quelle vitesse les appels par vidéo deviennent “la voix du futur”.

Quand les fournisseurs exécutent leurs propres protocoles et inter-opèrent sélectivement, ils poussent la pression de l’interopérabilité sur le client. Nous demandons respectueusement que le Tribunal Général se conforme à nos préoccupations et que l’Union européenne s’assure que des protections nécessaires sont mises en place pour encourager l’innovation et un marché concurrentiel.”

About Raphael Henry

Editor in Chief, ITnation.lu | Country Leader, CIONET Luxembourg

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