Arηs espère sortir plus fort de la crise

L’année 2019 a été exceptionnelle pour Arηs: un chiffre d’affaires de 148,4 millions d’euros (soit 37% de plus qu’en 2018), l’acquisition de la fintech grecque Finartix, ainsi qu’une nouvelle implantation au Portugal. 2020 a néanmoins commencé avec une crise sanitaire globale inédite. Le fondateur d’Arηs pense toutefois que sa société, en raison de la nature de son activité, pourra s’en sortir sans trop de dommages.

Jourdan Serderidis, fondateur d’Arηs

Présente au Luxembourg depuis 2003, la société Arηs, spécialisée dans la gestion de projets et de systèmes IT complexes, a connu une croissance impressionnante au cours des dernières années. Depuis 2010, la progression annuelle de son chiffre d’affaires est ainsi de l’ordre de 20%. 2019 ne déroge pas à la règle et fait même exploser les records, puisque la société a réalisé un chiffre d’affaires de 148,4 millions d’euros, soit une augmentation de 37% par rapport à 2018, qui était déjà une année exceptionnelle.

Vers un nouveau record en 2020

La crise du coronavirus, qui a considérablement ralenti l’économie mondiale, risque-t-elle de mettre un terme à cette série ? « Dès le début de la crise, nous avons placé nos 1.500 collaborateurs en télétravail. 97 à 98% de notre activité opérationnelle a ainsi pu être maintenue. C’est l’une des leçons positives qu’il faudra retenir de cette crise : le télétravail est possible et, parfois, est même plus efficace, explique Jourdan Serderidis, fondateur d’Arηs. En ce qui concerne l’année fiscale 2020, qui se termine à la fin juillet, les résultats devraient encore être très bons, voire exceptionnels puisqu’on table sur un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros. Par contre, l’activité commerciale est très ralentie. Les répercussions de cette crise se feront donc plus sentir en 2021. »

Un autre élément qui permet au fondateur d’Arηs de rester confiant est le business model de sa société. « Une grande partie de notre travail est consacrée aux institutions européennes, poursuit Jourdan Serderidis. Ce type de clientèle constitue un refuge en cas de crise comme celle que nous traversons. C’est moins le cas quand on travaille essentiellement avec des privés. »

Poursuivre le développement

Arηs a comme ambition de poursuivre son développement au cours des prochaines années. L’acquisition de la fintech grecque Finartix en ce début d’année 2020 fait partie de cette stratégie de développement. « C’est la première fois en 17 ans que nous acquérons une autre société, précise le fondateur d’Arηs. Cette start-up, fondée il y a quelques mois à peine, est portée par un personnel de grande qualité. Il s’agissait d’une réelle opportunité pour nous. » L’implantation d’Arηs au Portugal, toujours en en ce début d’année 2020, relève également d’une opportunité de ce genre. « J’ai rencontré une personne qui pouvait nous servir de relais sur place, et qui a su me convaincre. Le marché portugais est intéressant et cette implantation nous permettra en outre de compléter notre activité nearshore », indique Jourdan Serderidis.

La croissance des dernières années, si elle est éclatante sur le papier, n’en a pas moins été réalisée au prix d’efforts considérables. « Il y a notamment une tension très importante en ce qui concerne le recrutement. J’ai l’espoir qu’au terme de la pandémie, le fait qu’Arηs ne soit pas trop impacté par la crise nous permettra de recruter davantage. »

Le Luxembourg, au centre de l’activité

Après le Portugal, la volonté d’Arηs est bien de poursuivre son expansion dans d’autres pays européens. Des projets sont ainsi évoqués en France et en Allemagne, mais ils doivent encore se préciser. Le Luxembourg restera toutefois le principal centre d’activité de la société. « De nombreux services peuvent y être offerts par Arηs, notamment par rapport au cloud, explique Jourdan Serderidis. Mais il y a également un important marché pour les technologies blockchain, la signature électronique ou le machine learning, qui sont autant de technologies sur lesquelles nous travaillons énormément. »

Le fondateur d’Arηs assure également que c’est au Luxembourg que les recrutements sont les plus nombreux, et continueront à l’être dans le futur. Reste à voir à quoi ressemblera le monde post Covid-19…