« Chaque crise révèle de nouvelles opportunités »

Philippe Linster est devenu l’an dernier le nouveau Chief Executive Officer de la House of Startups. Fasciné par l’entrepreneuriat et les entrepreneurs, il évoque, le temps d’un afterwork, son parcours, la situation actuelle et ce qui l’anime au quotidien.

© Chambre de Commerce du Luxembourg

« Découvrir de jeunes entreprises, de jeunes entrepreneurs qui animeront l’économie de demain me passionne »

Fils d’indépendant, Philippe Linster s’est très tôt passionné pour l’économie, le monde de l’entrepreneuriat et ses différents acteurs. « J’ai toujours été intéressé par l’économie de notre pays, la façon dont nous avons su nous réinventer au fil des siècles. Et ce sont les entreprises et les entrepreneurs qui façonnent notre économie, tandis que les start-ups, les entreprises de demain, donnent les tendances qui animeront l’économie du futur », explique-t-il.

C’est ainsi que Philippe se tourne, assez naturellement, vers des études supérieures en administration économique et sociale qu’il réalise à l’Université de Strasbourg, en France, avant de se spécialiser en comptabilité, contrôle et audit au sein de l’EM Strasbourg Business School. Ses diplômes en poche, il entre à la Banque de Luxembourg. « Comme beaucoup de jeunes luxembourgeois, j’ai commencé mon parcours professionnel dans une banque, sans trop me poser de questions », raconte-t-il. Mais déjà, il choisit de rejoindre le département dédié aux entreprises et aux entrepreneurs. Pendant près de trois ans, il accompagne des structures familiales, des PME et des grands comptes dans leur développement et leur financement.

CEO à seulement 30 ans

Désireux de maintenir ce contact avec les entrepreneurs mais également d’évoluer dans un environnement plus large et plus dynamique, Philippe Linster rejoint ensuite la House of Entrepreneurship. À l’époque, la Chambre de Commerce, le ministère de l’Économie et Luxinnovation souhaitent mettre en place une équipe dédiée au conseil, à l’accompagnement et au suivi des entrepreneurs étrangers intéressés de s’implanter au Luxembourg. Philippe Linster pilote ce programme « Investor Care » pendant trois ans. « Si je me suis posé la question de savoir si j’avais pris la bonne décision au moment d’intégrer la House of Entrepreneurship, je n’ai par contre jamais regretté ce choix. Rencontrer et tisser des liens avec autant d’entreprises innovantes, autant d’entrepreneurs du monde entier, autant de décideurs, fut une expérience formidable. »

Fort de ses connaissances du monde entrepreneurial et de l’écosystème start-ups, mais également des équipes et du fonctionnement de la Chambre de Commerce, Philippe Linster a rapidement été pressenti pour reprendre le flambeau allumé par Karin Schintgen, alors à la tête de la House of Startups depuis sa création en 2018.

Prise de fonction chamboulée

Philippe Linster prend ses fonctions de CEO le 1er janvier 2020, soit quelques semaines seulement avant le début de la crise sanitaire. « C’était très étrange de commencer dans ces conditions. Je suis arrivé avec plein de plans, d’ambitions, de projets, et puis tout a dû être mis au tiroir pour répondre à de nouveaux défis, inattendus. » 

Les start-ups, suivant le secteur dans lequel elles évoluent, ont été affectées très différemment par la crise sanitaire. « Certaines se sont fortement développées, ont trouvé des fonds et embauché de nouvelles personnes. Alors que la pandémie a forcé le recours au digital, les fintech, par exemple, ont explosé, confie Philippe Linster. En revanche, d’autres start-ups, et notamment celles qui en étaient en début de projet, rencontrent des difficultés, ont dû réduire leurs coûts, se séparer de collaborateurs ou mettre leur projet en veille. »

Aujourd’hui, la House of Startups compte toutefois plus de jeunes pousses qu’avant la crise sanitaire. « Toutes ne réussiront probablement pas mais c’est le jeu de l’innovation. Notre rôle, en tant que lieu fédérateur de l’écosystème start-ups, est de les aider à se développer, à trouver des partenaires, des clients, en bref de les accompagner dans leur aventure. » Pour grandir, elles peuvent notamment compter sur des investisseurs de plus en plus nombreux et généreux. Tant au niveau européen que mondial, davantage d’investissements ont été réalisés dans les start-ups en 2020. « Dans le contexte actuel, de plus en plus d’investisseurs veulent avoir un impact concret et positif sur l’économie nationale, notamment en soutenant des start-ups. Chaque crise révèle donc de nouvelles opportunités. » 

Échec et mat

Si son métier l’enthousiaste, Philippe Linster aime, à ses heures perdues, s’adonner aux échecs, un hobby qu’il pratique depuis son plus jeune âge. Faisant partie de l’équipe nationale du Luxembourg, il figure aujourd’hui dans le top 4 des meilleurs joueurs du pays et a participé à plusieurs compétitions internationales telles que les Olympiades d’échecs en Sibérie, en Azerbaïdjan ou encore en Géorgie. « J’aime le jeu, la tactique, la compétition, la pression que l’on ressent pendant une partie, le fait que tout se joue là, sur l’échiquier. » 

Philippe Linster est aussi arbitre de handball à un niveau international, activité qu’il partage avec son meilleur ami et qui l’a conduit à arbitrer des matchs à travers toute l’Europe, une façon également de combler sa passion pour les voyages et à la découverte d’autres pays.

AUTOUR D’UN VERRE

Qu’est-ce que vous prenez ?
Un Picon bière, le mélange des deux, j’adore ça ! 

Avec qui aimeriez-vous partager un verre ? 

Avec Garry Kasparov, ancien champion du monde d’échecs. J’adorais passer un moment avec lui pour échanger sur le jeu d’échecs bien sûr, qu’il a durablement marqué, mais également pour évoquer son engagement politique.

Qu’avez-vous pensé de la série « Le jeu de la dame » ?

En tant que joueur, je l’ai regardée d’un œil attentif et je l’ai trouvée très bien faite. La représentation du jeu est très fidèle. Cette série a également permis de relancer la popularité des échecs, elle a incité et motivé beaucoup de gens à jouer. Il est certain que de nouveaux talents vont émerger. 

Une destination pour souffler ? 

Avec mon épouse, nous voyageons beaucoup en Asie. Nous avons beaucoup aimé l’Indonésie et la Malaisie. La culture y est tellement différente d’ici.

 

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