Des chaussures connectées pour séduire San Francisco

Parmi les dix candidats venus défendre leur projet lors de la demi-finale régionale de la Startup World Cup, c’est Epsilon qui a émergé.

photo2_epsilonParmi les dix candidats venus défendre leur projet lors de la demi-finale régionale de la Startup World Cup ce mercredi 8 mars, c’est Epsilon qui a émergé. La start-up, qui commercialise des semelles et chaussures intelligentes, a séduit le jury composé de représentants d’entreprises renommées et d’investisseurs, parmi lesquels se trouvaient Amazon, Microsoft et Expon Capital.  – Par Jeanne Renauld

 

Intégrer l’électronique dans les chaussures et traiter les données générées pour renforcer le confort des utilisateurs, telle est l’idée qui est à la base de la société Epsilon. La jeune entreprise, qui produit des semelles et des chaussures connectées, a remporté ce 8 mars la demi-finale régionale de la Startup World Cup, qu’accueillaient les locaux d’EY Luxembourg. Elle obtient ainsi son ticket pour la grande finale du concours, qui se déroulera le 24 mars à San Francisco.

Révolutionner la chaussure

Basée à Nancy, Epsilon est née à l’initiative de Karim Oumnia, 49 ans. Cet ancien sportif de haut niveau – il était membre de l’équipe nationale algérienne de water-polo – s’est reconverti dans les équipements sportifs, avec pour intention de faire évoluer nos chaussures traditionnelles. Après avoir créé Baliston et Glagla Shoes, respectivement la chaussure de football la plus légère du monde et l’unique chaussure ventilée lavable en machine, Karim Oumnia s’est lancé dans l’aventure de la semelle chauffante en 2014.

 

Epsilon développe désormais une chaussure connectée, qui peut être commandée en quelques clics grâce à une application dédiée sur Smartphone. « La Smartshoe permet de régler la température de la semelle mais aussi d’analyser la posture du pied, de détecter la fatigue et d’éventuels risques de blessure afin de corriger son mouvement », explique Malik Issolah, le directeur du marketing venu représenter Epsilon à Luxembourg. Dotée d’un coach vocal, la chaussure s’adapte répond aux besoins des  sportifs, des personnes travaillant dans le froid mais aussi à tout utilisateur lambda. Une petite révolution donc, dans le domaine de l’IoT.

 

L’ « Intel Inside » des grandes marques de chaussures

Aujourd’hui, la jeune pousse emploie déjà 19 personnes et commercialise ses produits dans une quinzaine de pays, dont les Etats-Unis.  Après avoir réalisé un chiffre d’affaires de deux millions d’euros et vendu 30.000 paires de semelles en 2016, Epsilon a pour ambition d’en distribuer 150.000 à 200.000 cette année. Le marché, en plein boom, devrait représenter 5% du marché d’ici 2020, soit un milliard des 21 milliards de paires de chaussures vendues chaque année.

 

Actuellement commercialisées par des grandes chaînes telles Boulanger, La Fnac ou encore Darty, les chaussures et semelles seront bientôt disponibles dans des magasins de sport (Decathlon, Intersport,…). Et Epsilon est encore plein d’ambition. « Des discussions avancées sont en cours avec des grandes marques, comme Puma, Salomon ou Nike, précise Malik Issolah. Nous espérons à terme devenir l’ « Intel Inside » des grandes marques de chaussures. » Pour l’heure, les semelles chauffantes se vendent entre 99 et 199 euros, tandis que les chaussures intelligentes seront proposées au prix de 149 à 349 euros.

De la France aux Etats-Unis

 

« Si nous remportons la finale à San Francisco – et le chèque d’un million de dollars promis au vainqueur –, nous aimerions ouvrir une filiale aux Etats-Unis, afin d’y promouvoir et commercialiser nos produits.  En matière d’objets connectés, le marché américain est plus avancé que l’Europe », ajoute le directeur du marketing. Avec trois participations au Consumer Electronics Show de Las Vegas à son actif, Epsilon connaît déjà bien les Etats-Unis. Le pays constitue d’ailleurs le premier marché pour la marque. Mais si la petite entreprise nancéenne rêve d’autres horizons, elle assure toutefois qu’elle restera implantée à Nancy pour toute la partie dédiée à la recherche et au développement.

 

10 start-up en lice

 

Organisé par Fenox Venture Capital, une société de capital-risque basée en Californie, la Coupe du Monde des Startup accueillait cette année trois demi-finales en Europe. Après Londres et Prague, Luxembourg constituait la troisième étape. Dix finalistes avaient été choisis pour cette demi-finale grand-ducale.

 

Parmi les projets les plus étonnants, on retiendra notamment celui de SESAMm, une start-up de Metz active dans la FinTech, qui développe des algorithmes de prévisions financières fondés sur l’analyse de textes provenant des réseaux sociaux, de blogs et de forums. L’entreprise Nomoko, installée au Technoport, entend quant à elle reproduire de manière artificielle les grandes villes du monde et offrir la possibilité d’interagir avec cette réalité virtuelle, le tout notamment grâce à son capteur photo doté de 1.500 mégapixels, une résolution supérieure à celle de l’œil humain. On notera encore l’idée développée par Opinum, une start-up wallonne qui combine IoT et analyses Big Data pour offrir des solutions « cloud » afin de mieux gérer les consommations des bâtiments.

 

Le 24 mars prochain, seize finalistes du monde entier défendront leur projet à San Francisco lors de la finale de la Startup World Cup. Epsilon, en tant qu’ambassadeur de la Grande Région, tentera de séduire l’Amérique avec son invention connectée.