De la solidarité pour mieux faire collaborer IT et business

Dans un monde marqué par l’accélération de la digitalisation, il est crucial, pour les entreprises, de faire mieux collaborer les équipes business et IT. IDELUX, une structure belge réunissant cinq intercommunales actives dans différents secteurs, a développé son propre modèle pour y parvenir, épaulée par les recruteurs de Lancelot.

Vincent Thomas, CIO d’IDELUX

Aujourd’hui, l’IT est au cœur de tous les métiers. Il est donc fondamental que chaque professionnel, quel que soit son secteur d’activité, soit au moins familier avec l’utilisation d’outils informatiques plus ou moins pointus. D’un autre côté, il est également primordial que les spécialistes IT qui développent des solutions métiers aient une connaissance plus fine du business. Or, dans les faits, c’est encore trop rarement le cas. D’une part, de nombreux professionnels présentent un déficit en matière de connaissances IT. De l’autre, les experts informatiques travaillent encore trop souvent en vase clos.

Sortir de sa zone de confort

Ce problème est bien connu au sein d’IDELUX, une structure installée en province du Luxembourg belge et réunissant cinq intercommunales actives dans la gestion des déchets, le soutien au développement économique, la gestion de l’eau et les projets communaux. « Comme toutes les entreprises, notre transformation digitale s’est accélérée au cours des dernières années et de nombreux projets applicatifs sont en cours, explique Vincent Thomas, CIO d’IDELUX. Or, depuis le début de ma carrière, menée notamment dans le domaine de la consultance, la question de l’amélioration de la collaboration entre IT et business a toujours été au cœur de mes préoccupations. Après mûre réflexion, j’en suis arrivé à la conclusion qu’une plus grande solidarité entre départements était nécessaire. Sur cette base, j’ai proposé un nouveau modèle de fonctionnement à notre Direction générale »

Ce modèle est basé sur la traditionnel « cycle en V » bien connu des acteurs de l’industrie digitale mais s’applique également aux autres choix méthodologiques. Dans celui-ci, qui part de l’analyse fonctionnelle pour aller jusqu’aux tests techniques en passant par le développement, les rôles des équipes métier et IT sont bien séparés. Les premiers définissent les besoins et jugent si la solution proposée y répond, tandis que les seconds s’assurent du développement technique de l’outil. « Mon idée est que le Business Process Owner – côté métier – et l’Analyste Architecte Applicatif – côté IT – sortent de leur zone de confort pour aller au-delà de leurs compétences de base, poursuit Vincent Thomas. Concrètement, les spécialistes IT devront se réunir avec les équipes métier pour mieux cerner leurs besoins et simplifier au maximum les solutions proposées, tandis que les professionnels métier chercheront eux aussi à mieux comprendre le travail des équipes IT. Le but est d’induire une plus grande solidarité entre départements, avec pour objectif de produire la meilleure solution, qui profitera à l’ensemble de l’entreprise. » 

Des obstacles et des opportunités

Cette approche ne va pas sans poser certains problèmes, tout d’abord en matière de budget. « Dans certaines organisations, les budgets sont alloués par département et certains chefs de service rechigneront, dans un premier temps, à ce que leurs collaborateurs ‘perdent’ du temps à en apprendre plus sur les métiers d’un autre département. Il est dès lors fondamental d’obtenir l’aval du management général, de façon à ce que chacun soit sur la même longueur d’ondes », précise le CIO d’IDELUX. Par ailleurs, cette nouvelle manière de travailler est un défi humain. « Une bonne entente entre les collaborateurs des différents départements amenés à travailler ensemble est fondamentale. Il faut vraiment construire une relation de confiance et, bien souvent, c’est la personnalité des gens qui fera que cela marche ou non. »

Ceci étant dit, cette façon de travailler, en plus d’offrir de meilleurs résultats finaux, peut constituer un atout en matière de recrutement. Pour une structure comme IDELUX, installée aux portes du Grand-Duché, à Arlon, le recrutement de profils IT est en effet un défi. L’approche développée par l’intercommunale peut donc contribuer à séduire certains candidats. Mais pour cela, il faut pouvoir compter sur un recruteur capable d’expliquer la manière de travailler de l’entreprise. « Nous fonctionnons sur base de marchés publics et Lancelot en a remporté un premier il y a un an et demi, dans le cadre du recrutement d’un chef de service IT. Depuis lors, ils ont remporté un deuxième marché public pour le recrutement d’Analystes Architectes Applicatifs. Ce cabinet a bien compris notre manière de faire et leurs recruteurs sont capables de l’expliquer au candidat. Ils peuvent aussi repérer les personnes dont les qualités humaines correspondent à notre modèle, car ce n’est pas donné à tout le monde », conclut Vincent Thomas.

Pour les professionnels de l’IT curieux de découvrir ce qui se passe au-delà des seuls aspects techniques, voilà donc une opportunité qui vaut le détour…