Le Luxembourg ne peut pas se permettre de rater le train des FinTech

La dernière édition d’ITnation Mag vient tout juste de paraître. En couverture, on retrouve Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, chargé de chapeauter le groupe de travail FinTech. Avant de délivrer les conclusions de celui-ci au Gouvernement, Nicolas Mackel a accepté de répondre en exclusivité à notre grand entretien. Voici quelques morceaux choisis.

La dernière édition d’ITnation Mag vient tout juste de paraître. En couverture, on retrouve Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, chargé de chapeauter le groupe de travail FinTech. Avant de délivrer les conclusions de celui-ci au Gouvernement, Nicolas Mackel a accepté de répondre en exclusivité à notre grand entretien. Voici quelques morceaux choisis.

Par Sébastien Lambotte

Monsieur Mackel, dans le groupe de travail FinTech, autour de quels éléments avez-vous travaillé ?

Parmi les chantiers, on retrouve la nécessité de mieux connecter le « Fin » et le « Tech », de mieux définir les secteurs du domaine du « FinTech », dans lequel il y a à boire et à manger, qui présentent un intérêt pour le Luxembourg. Parmi les autres chantiers, nous travaillons aussi sur les questions relatives au développement de la recherche et des talents, du soutien à l’innovation. Nos dernières sessions étaient consacrées aux questions réglementaires et à la promotion du FinTech au Luxembourg. L’enjeu est de dégager, à l’issue de nos discussions, un rapport sur les conditions favorables à l’émergence d’un hub FinTech luxembourgeois capable de rayonner à l’échelle internationale et des recommandations.

En quoi le fait d’investir dans le développement des FinTech est-il aujourd’hui critique pour le Luxembourg ?

C’est existentiel, et même vital, de regarder ce qui se passe dans ce domaine. Le secteur financier connaît actuellement une phase de transition profonde. Si l’on rate le coche, il sera demain très difficile de rattraper notre retard. Cette transformation s’opère à tous les niveaux de l’activité financière. Au niveau retail, on parle d’amélioration de l’expérience client, afin de le fidéliser ou d’en attirer de nouveaux. En complément, la transformation consiste aussi à rendre plus efficace le travail des acteurs de la finance, par une amélioration des processus ou l’utilisation de nouveaux logiciels. Il est question d’optimisation des coûts, de l’efficacité. Le véritable enjeu est d’être prêt pour l’avenir. Car si vous n’essayez pas de vous adapter à ce nouveau monde de la finance qui voit le jour, vous ne se serez tout simplement plus compétitif après-demain. C’est vrai pour une banque, pour une assurance, pour les acteurs de l’industrie des fonds… Et donc pour la Place luxembourgeoise toute entière. On ne parle pas ici d’un phénomène de mode.

Parler de FinTech, c’est parler de transformation digitale des métiers de la finance plus que d’une technologie ou d’une autre. Quels sont selon vous les moteurs de cette transformation ?

Pour certains segments, c’est l’utilisateur final, le client de banque par exemple. Au niveau retail banking notamment, si vous voulez attirer de nouveaux clients, il vous faut leur proposer des nouveaux services en lien avec leurs attentes. Pour quelles raisons vous rendez-vous encore dans votre agence bancaire ? D’ailleurs, y allez-vous encore ? Aujourd’hui, vous pouvez effectuer toutes vos transactions depuis votre plateforme e-banking. Les attentes des clients ont changé avec l’émergence et le renforcement d’une ère digitale. Ils ont pris l’habitude de réserver leur chambre d’hôtel en ligne, de faire leurs achats sur des sites e-commerce. Ils attendent légitimement que les services financiers puissent leur apporter des services équivalents.

L’utilisateur est un moteur de cette transformation, mais pas l’unique…

L’autre grand moteur est la technologie elle-même. Elle rend aujourd’hui possible des choses qui ne l’étaient pas hier. En 2009, l’ancien président de la FED américaine, Paul Volcker, déclarait que la seule innovation qu’avait connue le secteur bancaire au cours des trente dernières années étaient l’arrivée de l’ATM, autrement dit du distributeur automatique. Considérez maintenant les innovations qui ont vu le jour durant ces cinq ou six dernières années. Regardez toutes les applications disponibles et utilisées à partir d’un Smartphone. Pour développer ces technologies, il y a une profusion de start-ups, de jeunes entrepreneurs qui veulent changer les choses, qui n’acceptent pas les règles établies, qui parviennent à repousser les limites et les codes. Cette technologie mise à disposition des utilisateurs transforme nos rapports à l’industrie financière.

Et le Luxembourg dans tout ça ?

Le Luxembourg, comme n’importe quelle économie financière, face à des consommateurs de services financiers, doit répondre à leurs attentes, à ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Par dessus le marché, le Luxembourg est une grande place financière, la première en Eurozone devant Francfort. A ce titre, si elle veut continuer à jouer un rôle au sein de la finance internationale, elle ne peut pas se permettre de manquer le train des FinTechs. Nous devons nous y mettre sérieusement. L’enjeu, à travers la stratégie du gouvernement, est avant tout de garder à niveau le principal pilier de l’économie luxembourgeoise.

Quels sont les risques si la Place venait à manquer ce train ?

Pour la place financière et ses acteurs, le risque réside dans une perte de compétitivité vis-à-vis d’autres places. Compte tenu de la rapidité avec laquelle les choses changent, le marché peut évoluer extrêmement vite.

L’intégralité de l’interview est à découvrir dans la dernière édition d’ITnation Mag. Nicolas Mackel y évoque les technologies porteuses pour le secteur FinTech au Luxembourg, les opportunités qu’il peut apporter aux différents métiers de la Place, les freins et les incitants au développement rapide d’un tel secteur ou encore les enjeux réglementaires…

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