Faire de la donnée un levier de son développement

Toute organisation dispose de données dont la valeur est souvent ignorée et, dès lors, sous-exploitée. Pourtant, tout le monde s’accorde à dire qu’une meilleure valorisation des données constitue désormais un levier incontournable de création de valeur.

Le développement économique, à l’avenir, s’appuiera davantage sur la donnée. Régulièrement, le concept de « data driven » est utilisé pour évoquer les opportunités liées à une meilleure utilisation de la donnée au coeur de l’économie numérique.

APPUYER SON DÉVELOPPEMENT SUR LA DONNÉE

Comment résumer l’enjeu ? Au moment de prendre une décision, de nombreux dirigeants d’entreprise font encore confiance à leur intuition, une perception personnelle du marché ou encore à leur expérience. A partir de là, ils peuvent établir une vision, une stratégie, établir des hypothèses qu’ils chercheront parfois à confirmer par des études ou directement à travers la mise en oeuvre d’un service ou d’un produit. L’idée, au coeur d’une approche data driven, n’est pas ici de remettre en cause l’importance d’une expérience, mais de placer la data au service d’un meilleur leadership. Car toutes les entreprises disposent de nombreuses données, pas ou peu exploitées, dont il est pourtant possible d’extraire beaucoup de valeur. On parle d’une information le plus souvent ignorée et pourtant facilement accessible, devant faciliter la prise de décision mais aussi révéler de nouvelles opportunités.

RÉDUIRE LES COÛTS, INNOVER, AMÉLIORER L’EXPÉRIENCE

Quelques exemples valent souvent mieux qu’un long discours.

Prenons le cas d’un département marketing qui chercher à réduire le coût d’acquisition de ses clients ou encore à lutter plus efficacement contre l’attrition. Grâce à une meilleure utilisation de la donnée relative aux comportements d’achats, il lui devient possible d’évaluer les clients les plus enclins d’adhérer à une offre ou encore ceux les plus susceptibles de passer à la concurrence. Dès lors, on peut mieux cibler les efforts de communication vers ces cibles et considérablement réduire le coût des campagnes tout en s’assurant de meilleurs résultats.

Plus généralement, une stratégie data driven doit permettre d’identifier des opportunités commerciales ou d’innovation existantes, identifiables grâce à une meilleure analyse des données disponibles, facilement activables. Par exemple, en analysant les données de compte de son client, une banque pourrait être en mesure de mettre en place des modèles plus fins d’analyse de risque, pour mieux l’accompagner dans ses difficultés ou face à des opportunités. A travers une approche data driven, la décision d’octroi d’un crédit peut par exemple être automatisée en s’appuyant sur un ensemble de données dont on dispose sur le client. Il est possible, au-delà, de s’engager dans une démarche d’hyperpersonnalisation de l’expérience, pour renforcer les liens, la satisfaction du client, pousser de nouveaux produits.

EXPLORER LE CHAMP DES POSSIBLES

Une meilleure analyse des données, au niveau de chaque département, peut conduire à des gains d’efficience. On peut mettre en place des approches data driven pour renforcer sa sécurité informatique, mieux lutter contre la fraude, mettre en place une approche de maintenance préventive d’un parc industriel et éviter des arrêts de production, anticiper la demande du marché, améliorer sa chaîne d’approvisionnement… Le champ des possibles semble tout simplement infini pour celui qui parvient à mettre les données au service du développement de son business et à en extraire de la valeur.

CHANGER D’ÉTAT D’ESPRIT

Si les entreprises n’exploitent pas suffisamment les données dont elles disposent, c’est notamment parce qu’elles n’ont pas conscience de leur valeur et de ce qu’elles peuvent en tirer. S’engager dans une démarche data driven implique tout d’abord de mettre en oeuvre une réelle culture de la donnée à l’échelle de l’entreprise. Longtemps, la donnée a été protégée, conservée dans un coin, difficilement accessible. Bien évidemment, les données disponibles doivent être protégées d’acteurs malveillants, qui pourraient en abuser, les détourner. Toutefois, pour soutenir les décisions prises à l’échelle d’une organisation, d’un département, il est aussi important de les rendre accessibles aux dirigeants comme aux employés, de permettre à chacun d’expérimenter au départ de la donnée disponible. Si l’on va plus loin, dans une démarche d’économie ouverte, il devient intéressant de partager la donnée à plus large échelle, entre acteurs se faisant confiance appartenant à un même écosystème, à une même marketplace. On l’aura compris, c’est une toute autre approche de la donnée qu’il faut mettre en oeuvre. Au Luxembourg, qui a longtemps été considéré comme un coffre-fort, il faut donc changer d’état d’esprit, en trouvant les moyens d’y donner accès tout en garantissant sa sécurité et sa confidentialité. Il importe dès lors de se doter une bonne gouvernance de la donnée.

UNE CULTURE PARTAGÉE

Mettre en place une culture de la donnée à l’échelle de l’entreprise implique que chacun en son sein ait conscience de l’importance de la donnée, qu’il veille à l’exploiter autant qu’à en garantir la qualité. Car une décision  prise au départ des informations disponibles ne sera bonne que si les données de départ sont de qualité. Au moment de les encoder ou en cherchant à les enrichir, chacun veillera à en garantir la qualité.

EXTRAIRE LA DONNÉE POUR TROUVER QUOI EN FAIRE

Souvent, les organisations n’ont pas conscience des données, structurées ou non structurées, dont elles disposent. Difficile, dès lors, d’en extraire de l’information utile. La mise en place d’une approche data driven commence le plus souvent par une exploration, grâce aux technologies avancées d’extraction, de gestion, de visualisation et d’analyse des données à l’échelle de l’entreprise. Un autre enjeu important réside aussi dans les compétences nécessaires, en data science et management, pour mettre en place de telles approches. En permanence, l’enjeu sera de mieux collecter la donnée, de l’enrichir, pour la placer au service de la stratégie de l’entreprise.

C’est un cheminement qu’il faut engager pour gagner progressivement en maturité. Il est cependant évident que les organisations qui performeront le mieux à l’avenir seront celles qui, en maîtrisant parfaitement les données à leur disposition, parviendront à en extraire le plus de valeur.

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