« Faire de la fonction financière la garante de la valeur de l’entreprise à long terme »

A travers un partenariat global, EY et Microsoft invitent les entreprises à se réinventer au départ des possibilités offertes par la technologie, et notamment celles aujourd’hui accessibles au départ du cloud.

Ajay Bali, Luxembourg Digital Advisory Services Associate Partner – EY Luxembourg

Récemment, les deux partenaires ont réuni une centaine de CFO actifs en Belgique et au Luxembourg lors d’un événement dédié aux enjeux de transformation de la fonction financière en entreprise. A cette occasion Breezy Gnemmi, CFO Belgium & Luxembourg au sein de Microsoft, et Ajay Bali, Luxembourg Digital Advisory Services Associate Partner, ont notamment évoqué les enjeux de transformation de la fonction Finance des entreprises.

Breezy, pouvez-vous nous décrire comment a évolué l’équipe de Microsoft Finance ces dernières années ?

Breezy Gnemmi : La fonction Finance a évolué au même titre que l’ensemble de Microsoft au fil des 30 dernières années, pour toujours mieux accompagner le développement de l’entreprise. Récemment, afin de répondre à de nouveaux enjeux business, nous avons engagé un projet d’évolution baptisé COREFinance. On peut le résumer avec le slogan « Discipline at the core and flexibility on the edges ». L’objectif était de pouvoir établir des rapports de manière flexible, à tous les niveaux de l’organisation, en s’assurant de pouvoir répondre aux normes établies par l’entreprise en matière de qualité et de fiabilité de la donnée. Ce projet nous a permis, en nous appuyant sur une diversité de sources d’information, d’extraire une information fiable et des indicateurs utiles pour piloter l’activité.

Breezy Gnemmi, CFO Belgium & Luxembourg au sein de Microsoft

Comment la position de la fonction financière, au sein de l’entreprise, a-t-elle pu évoluer grâce à l’utilisation de la technologie ?

Breezy Gnemmi : En nous appuyant sur l’évolution de nos technologies, au départ de pratiques solides et de fondations bien établies au fil du développement de Microsoft, nous avons pu pousser toujours plus loin la transformation numérique de la fonction financière. Plutôt que de discuter de ce qu’il s’est passé, le service « Finance » considère désormais des projections futures pour mieux envisager les opportunités pour l’entreprise. C’est principalement cette évolution qui nous positionne en tant que partenaire clé du développement de l’activité.

Ajay, quels sont les principaux challenges auxquels les fonctions financières sont-elles confrontées?

Ajay Bali : Aujourd’hui, dans la plupart des entreprises, 70% des ressources des départements financiers sont consacrées à la collecte, à l’évaluation et au contrôle des données. En raison de la multiplicité des systèmes en place au sein des divers départements, d’une non-harmonisation des pratiques, les processus associés à la gestion financière sont lourds et peuvent facilement conduire à des erreurs d’interprétation. L’analyse financière, qui concerne essentiellement les derniers jours et mois d’activité, ne permet aujourd’hui que rarement de bien appréhender l’avenir. Il n’est souvent pas possible de jouer de manière flexible sur les variables pour tester divers scénarios.

Quelles sont les opportunités d’évolution liées à un meilleur usage de la technologie que doivent aujourd’hui considérer les directeurs financiers ?

Ajay Bali : Les directeurs financiers sont amenés à se positionner comme des partenaires du développement de l’entreprise, principaux garants de sa valeur à long terme. Pour cela, ils  devront davantage interagir avec des acteurs externes à l’entreprise, pour transformer les processus, en s’appuyant sur des expertises spécialisées et des technologies adaptées à leurs besoins. Cela débute notamment avec l’exigence d’une meilleure maîtrise de la donnée financière, pour alimenter des solutions de business intelligence et pouvoir appréhender de manière flexible et fiable les projections liées au développement de l’activité.

Grâce aux technologies d’automatisation et d’analyse de la donnée, le temps aujourd’hui passé à collecter des données et à établir des rapports manuellement pourra être consacré à l’analyse des tendances et de leurs impacts sur le business, à la compréhension du fonctionnement de l’entreprise, des freins et catalyseurs de son développement. A l’avenir, la direction financière doit pouvoir, de manière flexible, prendre le pouls de l’entreprise,  poser les bons diagnostics, anticiper les risques et les opportunités pour mieux planifier le développement.

Breezy, que conseilleriez-vous aux CFO qui souhaitent investir dans une transformation de leur fonction vers une analyse à la fois plus sûre et plus flexible de leurs données ?

Breezy Gnemmi : L’objectif, ou l’idéal à poursuivre, est la mise à disposition de données fiables, précises, en libre-service à tous les niveaux de l’entreprise, et ce pour soutenir des prises de décision rapide.

Pour avancer dans cette direction, il faut jouer sur trois leviers. Le premier a trait aux personnes, à l’évolution des compétences. Il faut à la fois former les équipes existantes et pouvoir recruter des data scientists. L’alliance des compétences de ces derniers avec la connaissance approfondie du métier issue des équipes existantes doit permettre d’engager cette transformation profonde.

Il faut aussi se doter de plateformes technologiques adaptées, qui permettront de collecter les données, de traiter l’information au départ des possibilités d’apprentissage automatique, d’en rendre compte au moyen d’outils de visualisation performants.

Enfin, il est essentiel de simplifier et démocratiser les processus permettant d’exploiter les données à tous les niveaux de l’entreprise.

Comment les technologies Microsoft peuvent-elles soutenir les directeurs financiers dans la transformation numérique de leur fonction ?

Ajay Bali : Les possibilités offertes au départ de l’environnement cloud de Microsoft sont importantes. En se plaçant au-dessus des systèmes transactionnels, comme un ERP, les solutions Azure, Power BI et Cortana Intelligence Suite permettent par exemple de plus facilement extraire des sets de données des systèmes et de les consolider dans des rapports financiers. En les associant aux outils de machine learning, il est possible d’automatiser des analyses ou d’établir rapidement des prévisions.

D’autre part, avec Power Automate, l’enjeu sera d’automatiser tous les processus manuels des équipes financières, de supprimer les silos et d’accélérer les traitements en s’appuyant sur des robots. Nous avons déjà réalisé de nombreux projets d’automatisation au départ de ces outils, notamment pour soutenir la fonction financière, faciliter la gestion comptable, établir des déclarations TVA, intégrer les fournisseurs au cœur des processus, gérer plus efficacement les achats, etc.

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