FinTech TSUNAMI : pour les banques mais pas seulement !

Le SnT et l’Université du Luxembourg organisaient une journée de conférences autour des FinTech, le 19 janvier dernier. Comment attirer ces sociétés au Luxembourg, comment peuvent-elles être des alliées des banques, quels domaines vont-elle révolutionner…Etienne Schneider, qui ouvrait la rencontre s’est montré confiant et enthousiaste.

Le SnT et l’Université du Luxembourg organisaient une journée de conférences autour des FinTech, le 19 janvier dernier. Comment attirer ces sociétés au Luxembourg, comment peuvent-elles être des alliées des banques, quels domaines vont-elle révolutionner…Etienne Schneider, qui ouvrait la rencontre s’est montré confiant et enthousiaste.

Les start-up FinTech au Luxembourg sont déjà une réalité. On en compte plus d’une vingtaine et d’autres ont émis le souhait de venir s’y installer prochainement. Si aujourd’hui elles se positionnent surtout sur des technologies comme blockchain, le traitement des monnaies virtuelles et big data, quels sont les domaines qu’elles révolutionneront demain ? Karl A. Johannesson, FinTech Innovation Coach, ouvrait la conférence sur ce constat en soulignant la vitesse à laquelle le ‘tech’ plus que le ‘fin’ évolue mais aussi les opportunités innombrables que cela permet.

Le Luxembourg prêt pour la 3ème révolution industrielle ?

Cela paraît peut être évident qu’une place financière intéresse les FinTech mais cela n’est plus suffisant. Nombre d’entre elles se tournent encore naturellement vers d’autres capitales quand elles choisissent l’Europe. Le Grand Duché doit donc offrir plus qu’une remplie de banques et se positionner sur la carte des FinTech.

Pour Etienne Schneider, Ministre de l’Economie, le Luxembourg a déjà prouvé sa capacité à se réinventer à travers les précédentes révolutions industrielles. C’est grâce à cela qu’il est devenu une place financière forte mais, aujourdhui, le succès économique durable du pays dépend des nouvelles technologies. Cette 3ème révolution industrielle ne se joue pas simplement sur les nouvelles technologies mais aussi sur l’économie circulaire, l’énergie, la mobilité,…et prêter attention à ces technologies qui transforment déjà notre quotidien comme l’analytics ou le paiement mobile.

« Cela fait plusieurs années que la finance a embrassé la technologie et nous pourrons positionner le Luxembourg comme un hub FinTech, grâce à nos infrastructures de haute qualité, la latence faible, la sécurité, tout ce qui participe à un environnement propice. Le plus grand challenge est d’avoir cet écosystème complet…le futur a déjà commencé hier. »

4 pistes d’amélioration retenues

A travers les différentes interventions des entrepreneurs, des professionnels et des chercheurs, plusieurs pistes d’amélioration apparaissent pour relever ce challenge :

  • Le legacy : Pour se différencier des autres Places, le Luxembourg doit réussir à réguler les FinTech en 2 mois au lieu de 6 (comme à Londres). Être plus rapide sur cet aspect est essentiel car les FinTech ne peuvent pas attendre de devenir obsolète.
  • L’e-skills : Fonder une start-up qui utilise les technologies ne peut pas se faire si personne n’a les compétences pour les développer. Le pays doit donc présenter un vivier intéressant pour attirer les FinTech.
  • La culture d’entreprenariat : Et si la jeunesse du pays ne voulait pas entreprendre ? Sur le long terme, il faut aussi développer cette culture pour que les personnes créent des projets ici même. Il ne faut pas seulement attirer celles de l’extérieur.
  • Les fonds : De nombreux fonds continuent de voir le jour comme récemment l‘ICT Seed Fund’ de plus de 169 millions d’euros. Les start-up que se créent ou qui arrivent au Grand Duché doivent avoir connaissance de ces aides et pouvoir débloquer des fonds rapidement.

Le rôle du SnT

Le SnT collabore aujourd’hui avec plus de 26 partenaires pour développer de nouvelles opportunités et trouver de nouvelles ressources. Il s’est aussi doté d’un FinTech Lab pour adresser les problématiques comme Big Data, la cryptologie, la sécurité et aider les FinTech a être plus sécurisées.

Les secteurs privé et public doivent donc travailler ensemble pour que la recherche puisse aider le marché et le business. Pour Gérard Hoffmann, Président ICT Luxembourg, l’Université et les autres acteurs enabler du pays doivent travailler avec leurs pairs de l’étranger.

FinTech tsunami

Est ce vraiment la finance qui sera le secteur le plus disrupté ? Les intervenants s’entendent sur un point, il y a encore beaucoup à faire dans le secteur de la finance, sur la transparence, l’expérience client, la rapidité…

Pour Philippe Gelis, Co-Founder et CEO de Kantox, les banques ne peuvent plus être dans le déni si elles veulent survivre au tsunami des FinTech. Beaucoup de nouveaux acteurs se positionnent sur leurs points faibles et n’ont pas besoin de licence bancaire pour délivrer des services de qualité.

Pourtant les banques ont déjà la clé de leur salut : la data

Pour pouvoir innover et proposer des services personnalisés en temps réel il faut s’intéresser au big data. Les banques ont la chance d’avoir cet avantage sur les nouveaux players. « Vous avez déjà une masse de data parce que vous avez plus de clients et depuis plus longtemps. Il faut vous en servir et si vous ne pouvez pas le faire en interne, trouvez de nouveaux partenaires, » encourageait-il.

Prédire qui seront les licornes FinTech de demain

Devenir un Hub en attirant les Uber de la banque ? Uber est déjà devenu une banque. Pour être pro-actif sur les technologies d’avenir et investir avant d’être dépassé, le SnT garde un œil sur les avancées dans le monde.

Parmi les révolutions qui vont plus loin que la monnaie électronique, que le mobile et le social :

  • IoT : Si on ne l’associe pas encore à la banque, des applications sur les montres connectées permettent déjà de déclarer un sinistre à son assurance, demain, le paiement pourra venir de n’importe quel objet.
  • Learning machine et Intelligence Artificielle : Pas assez de cerveaux pour faire de l’analytics ? pas de problème ! les machines apprennent désormais elles-mêmes et peuvent prédire les tendances du marché. Plus seulement pour le courtage mais aussi sur l’user-expérience et les services de demain.

Mais la machine seule ne suffit pas à créer de la valeur. L’analyse rapide est une aide dans la prise de décision et beaucoup ne sont pas prêts à laisser la main : la perte de pouvoir freine les décideurs à accepter ces technologies poussées…à nouveau si la banque hésite d’autres seront plus challenger. Le marché moins que les utilisateurs eux-mêmes ne tolère le sur-place.

Crédit photos : ©SnT/scienceRELATIONS

Un appel a été lancé à tous les acteurs socio-économiques qui se sentent concernés par les enjeux de la « Troisième Révolution Industrielle » de manifester jusqu’au 31 janvier 2016 leur intérêt de participation en s’inscrivant (sur le site http://www.troisiemerevolutionindustrielle.lu/) à un des 9 groupes de travail thématiques . Ces groupes de travail s’articuleront autour des défis concernant l’énergie, la mobilité, la construction, l’alimentation, l’industrie manufacturière, la finance, « Smart economy », l’économie circulaire ainsi que le « prosumer & social model ». En outre, les acteurs intéressés ont aussi la possibilité de soumettre par écrit leurs idées et réflexions ayant trait à un sujet pertinent pour les groupes de travail précités moyennant un formulaire mis en place sur le site Internet. En assurant l’intégration du « know-how » des différents acteurs nationaux, cette approche « bottom-up » a pour objectif de donner une voix à tout acteur qui se sent concerné par le processus engagé.

Ensemble nous tenterons d’esquisser une feuille de route vers une économie plus interconnectée et plus durable tout en tenant compte des spécificités socio-économiques du pays. L’objectif final du processus consiste à réaliser un plan d’action opérationnel suggérant des propositions et leviers d’actions concrets.