Foyer cultive l’innovation en interne et avec les start-up

Foyer s’est inscrit dans une démarche volontariste et collaborative d’innovation. Alignée sur la stratégie de l’entreprise et son modèle opérationnel, elle doit permettre à ce leader de l’assurance luxembourgeois de mieux relever les défis à venir.

Marc Hotton, Innovation Coordination Officer – Groupe Foyer

« Nous évoluons dans un environnement concurrentiel où la pression commerciale est forte, entre les exigences des clients et la multiplicité des offres, explique Marc Hotton, Innovation Coordination Officer au sein du Groupe Foyer.Ces défis nécessitent d’améliorer encore notre qualité de service, mais également de développer une offre innovante. La démarche d’innovation que nous avons mise en place doit justement nous permettre d’augmenter la satisfaction de nos clients, de mieux nous démarquer sur le marché, mais aussi d’appréhender de nouveaux usages et de rendre plus efficients encore nos services, nos processus. Pour accomplir ceci, nous misons sur deux éléments, la promotion de l’innovation en interne et une collaboration avec l’écosystème et le monde de l’open innovation. »

Créer un environnement propice à l’innovation

Un groupe comme Foyer a compris que l’innovation n’était pas quelque chose qui se décrétait, mais qui se cultivait. Il a aussi eu conscience que les idées pouvaient venir de divers horizons, tant de l’interne que de l’extérieur et qu’il fallait pouvoir s’ouvrir à chacune d’elles. « La démarche s’articule autour d’un Hub dont la mission est de créer un environnement propice à l’innovation », poursuit Marc Hotton. Au départ d’un consensus fort, avec un sponsorship actif du Comité Exécutif, différentes initiatives ont été mises en place pour développer une culture de l’innovation forte au sein de l’entreprise.

Cela a commencé par un challenge, sous la forme d’un hackathon au début de l’année 2017, qui développe l’esprit d’intrapreneuriat avec des méthodes empruntées au monde des start-up. À cette occasion, l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise ont été invités à défendre leurs idées.  L’objectif était d’imaginer une solution innovante pour transformer un élément de vie négatif, à savoir un sinistre, en un non-événement. « Nous envisageons l’innovation selon une approche collaborative. Ce premier événement nous a permis de révéler de très nombreuses bonnes idées, mais aussi de nous rendre compte de la forte implication des collaborateurs dans le développement de l’entreprise », précise Marc Hotton. Ce premier hackathon a été suivi d’un second, au début de cette année. Entre les deux, la culture de l’innovation a infusé dans l’entreprise, à travers diverses initiatives. Des brown bag sessions ont connu un succès grandissant, rassemblant chaque fois plusieurs dizaines de personnes. « Ces sessions de transfert de connaissances ouvertes à tous sont organisées deux fois par mois, sur le temps de midi. A travers elles, des collaborateurs de Foyer, que nous appelons les innov’acteurs, ont la possibilité de venir présenter un sujet dans une optique d’acculturation à l’innovation, qu’il s’agisse de technologie, de méthodologie, ou de tout thème en lien avec la créativité. C’est le plus souvent à leur initiative. Le format de ces sessions permet d’aborder des sujets très variés, allant de thèmes « à la mode » tels que l’intelligence artificielle, la blockchain, la réalité virtuelle à des sujets plus académiques comme notre récent cycle autour du Brain Hacking. Ils permettent aussi de rendre plus accessibles des sujets moins engageants tels que l’Inbound Marketing ou le RGPD.  », poursuit Marc Hotton.

Identifier les tendances, laisser s’exprimer les idées

La veille technologique est aussi désormais mieux appréhendée, avec une gouvernance organisée à partir du Hub Innovation. « Une communauté d’innov’experts a été mise en place. La mission de ces salariés passionnés est de mener une veille active sur des sujets qui ont été identifiés comme stratégiques par la direction. Il peut s’agir de sujets technologiques, comme la blockchain ou l’Internet of Things, ou de tendances, en matière de mobilité par exemple avec l’arrivée de la voiture autonome, qui auront un impact sur les besoins et usages des clients », explique Marc Hotton. Enfin, la volonté est de favoriser l’émergence d’idées, d’encourager la prise d’initiatives et d’accompagner celles qui pourraient générer de la valeur pour l’entreprise. « Des équipes confrontées à un problème peuvent par exemple s’inscrire dans une démarche d’idéation, en vue d’explorer les pistes leur permettant d’aller de l’avant. On peut recourir à diverses méthodes pour les aider, en les sortant de leur environnement quotidien notamment, en ouvrant le champ de la réflexion. »

Pour soutenir ce réseau d’innovation interne, une plateforme technologique collaborative est nécessaire. « En revanche, nous avons fait le choix de ne pas commencer par l’outil, mais de nous consacrer dans un premier temps à la culture de l’innovation et à la mise en place d’une gouvernance. Diverses parties prenantes sont impliquées dans cette démarche où la transversalité est un élément clé. Un soutien fort du département formation, des ressources humaines et de la communication est donc primordial. Ils sont tous les trois des relais essentiels, permettant de rendre visible cette démarche, invitant l’ensemble des employés à devenir de réels innov’acteurs, précise le coordinateur. Tous s’engagent dans cette vision pour créer un environnement dans lequel chacun se sente libre d’exprimer ses idées, soit écouté, ait le droit de se tromper. En anglais, on dit ‘Create a safe place to innovate’. » Il faut aussi que chacun soit reconnu pour la manière dont il s’implique. Par exemple, via le Hub, chaque personne portant une idée innovante a la possibilité de venir la défendre devant des collègues, un supérieur hiérarchique et même jusqu’au Comité Exécutif. Le Hub l’accompagne, si nécessaire, afin de lui donner toutes les chances de convaincre.

Créer des liens avec l’écosystème innovant

D’autre part, Foyer s’est inscrit dans une démarche d’open innovation, en développant des relations avec l’ensemble de l’écosystème innovant luxembourgeois, et plus particulièrement avec la Luxembourg House of Fintech (LHoFT), le Luxembourg Open Innovation Club, l’Université de Luxembourg et, depuis peu, Silicon Luxembourg. « Ces réseaux sont complémentaires et nous permettent de nous rendre visible et de rencontrer des start-up diverses. Cela nous permet de rencontrer une large diversité d’acteurs susceptibles de nous accompagner dans notre développement, de mieux faire face aux défis à venir », commente Marc Hotton.

Avec les start-up, en mode win-win

En quelques mois, sur les centaines de sollicitations de start-up reçues, 72 ont retenu l’intérêt de Foyer. Après analyse, 33 opportunités ont été décelées, 8 Proof of Concept ont pu être réalisés et 7 projets ont été mis en production. « Nous réfléchissons le plus souvent nos relations avec les start-up dans une logique gagnant-gagnant. Nous évaluons ce qu’elles ont à nous apporter, au niveau technologique ou à travers leur dynamique entrepreneuriale, et nous envisageons la meilleure manière de les aider. Certaines auront besoin d’investissements, d’autres de clients ou encore de compétences assurantielles, comme c’est souvent le cas des insurtechs, qui sont bien souvent uniquement des plateformes technologiques. Chez Foyer, nous voulons développer une approche venture-client dans laquelle nous favorisons l’échange de compétences avec les start-up. Ainsi, celles qui nous accompagnent ont tout à gagner à profiter de notre expertise métier en matière de gestion du risque par exemple. » Pour Foyer, travailler en bonne osmose avec l’écosystème permet de mieux suivre les évolutions de marché, d’être en amont, mais aussi d’adopter cet esprit start-up. « Nos équipes et les leurs peuvent s’enrichir mutuellement, précise Marc Hotton. Bien sûr, tous les projets n’aboutissent pas. Il y a des échecs. Mais derrière chacun d’eux, il y a un apprentissage à retirer, qui servira au développement de chacun et de l’entreprise. »

« En quelques mois, beaucoup de choses ont bougé. Une réelle dynamique est en place. C’est la culture et l’organisation qui évoluent, offrant de nouvelles perspectives. Dans cette démarche, la création de valeur est récurrente et considérable », conclut Marc Hotton.