« J’avais aussi une dizaine d’années quand j’ai commencé à programmer »

Jeune, il voulait devenir enseignant. Pendant presque 20 ans il a été développeur. Il est aujourd’hui coach agile. Chaque mercredi, Eric Ferrot, membre de l’équipe d’Agile Partner, accueille des enfants et les aide à appréhender les logiques de programmation et à créer grâce au code. Être bénévole au Code Club, c’est aussi un peu enseigner.

Eric Ferrot, coach agile – Agile Partner

Chaque mercredi, en fin de journée, les locaux d’Agile Partner sont envahis par une quinzaine de jeunes âgés de 8 à 12 ans. Ils y viennent pour coder. Depuis plusieurs années, la société luxembourgeoise spécialisée dans le développement logiciel est l’hôte d’un des Code Clubs que compte le Grand-Duché de Luxembourg. Depuis quatre ans, Eric Ferrot, coach agile au sein d’Agile Partner, s’investit bénévolement au service de cette organisation. « Jeune, j’avais envie de travailler dans l’enseignement, avoue-t-il. J’ai cependant manqué l’opportunité qui m’aurait permis de devenir professeur de mathématiques. Je me suis donc orienté vers l’informatique. »

Parfois un peu dépassé

Ce passionné de l’équipe d’Agile Partner a vu une opportunité de concrétiser cette envie de jeunesse en rejoignant le Code Club en tant que bénévole. « C’était une occasion de m’investir auprès des jeunes en partageant mes connaissances. Et pour être franc, cela m’a convaincu que j’avais finalement bien fait de préférer l’informatique à l’enseignement. Face à une quinzaine d’enfants, une fois par semaine, il n’est pas rare que l’on se sente un peu dépassé… », s’amuse-t-il.

Eric apprécie toutefois retrouver ces boules d’énergie chaque mercredi pour les aider à mettre en œuvre des logiques de programmation. « J’avais leur âge quand j’ai personnellement commencé à jouer avec un langage de programmation. Il faut dire que, à cette époque sans internet, il n’était pas possible de faire autant de choses avec un ordinateur. De plus, il suffisait d’allumer la machine pour se voir inviter à taper directement des instructions en Basic ou Assembleur. C’était paradoxalement plus simple de se lancer. Aujourd’hui, il existe de nombreux langages différents, la technologie s’est complexifiée. Mais pas de quoi faire peur aux jeunes. Je trouve particulièrement intéressant de les voir évoluer, toucher au code, créer. »

Comprendre ce qu’il y a derrière les programmes

La démarche du Code Club allie apprentissage et créativité. « Aujourd’hui, tout le monde est confronté à la technologie en permanence. Notre rôle est de faire prendre conscience aux jeunes de ce qui se cache derrière les jeux auxquels ils jouent, explique Eric Ferrot. Ils peuvent ainsi eux-mêmes construire leur propre jeu, résoudre des problèmes en faisant marcher leur créativité. Certains sont directement passionnés, d’autres doivent être davantage intéressés. »

Avec Scratch, le langage utilisé dans le cadre du Code Club, les jeunes peuvent facilement, un peu comme en empilant des briques de LEGO™, appréhender les logiques de programmation, les mécaniques permettant de créer des logiciels, comprendre comment se structure un programme, ce qu’est une variable… « On peut rapidement déceler des différences entre les jeunes. Quand certains vont se contenter d’appliquer les consignes les unes derrière les autres, d’autres vont chercher à comprendre les mécaniques et parvenir rapidement à faire d’autres choses, poursuit Eric Ferrot. Certains vont davantage s’intéresser à des aspects techniques tandis que d’autres s’attacheront plus au côté créatif. Mon rôle est d’aider chacun d’eux à se fixer des objectifs et de les guider pour leur permettre de créer selon leurs envies. »

Créer en s’amusant

Le but n’est pas forcément de déclencher des vocations. Rien ne dit que les membres du Code Club seront les développeurs de demain. « L’idée est de leur permettre de créer en s’amusant, de stimuler la logique. Je suis persuadé que cela peut apporter beaucoup dans la vie de chacun, que l’on touche ou pas à l’informatique, souligne Eric Ferrot. Et puis c’est un vrai plaisir de pouvoir interagir avec des enfants, de voir l’enthousiasme débordant de certains. » Bien sûr, le Code Club compte sans doute quelques futurs petits génies. Certains ne manquent pas d’ambition. « En début d’année, un habitué du Code Club est arrivé en disant qu’il voulait programmer de l’intelligence artificielle en JavaScript. Il avait entendu ça quelque part, commente Eric Ferrot. Je lui ai expliqué que c’était peut-être ambitieux mais que l’on pouvait commencer par certaines bases. Et ensuite tout est possible !»

 

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