La troisième édition des Fintech Awards sacre Hydrogen (US)

La société new-yorkaise a développé une plateforme innovante facilitant le déploiement d’applications financières et l’accès à de nouveaux services à travers le monde. Seule société luxembourgeoise récompensée, BITvalley a reçu le prix spécial de l’inclusion financière pour son projet IBISA.

Quelque 160 sociétés Fintech venues du monde entier s’étaient portées candidates dans le cadre de cette 3eédition des Fintech Awards, organisée par la LHOFT et KPMG Luxembourg. Après un premier processus de sélection, 15 start-ups avaient été invitée à pitcher une première fois, ce mercredi au Luxembourg. Plus tard dans la journée, lors de la cérémonie, il ne restait plus que huit finalistes. Tous ont défendu une nouvelle fois leur projet devant les huit membres du jury : Pascal Denis (KPMG  Luxembourg), Nasir Zubairi (LHoFT), François Thill (Ministry of Economy), Bart Gramberg (KPMG Innovation), Christina Ferreira (State Street).

Hydrogen, grand gagnant de cette 3eédition

A l’issue des délibérations, le jury a dévoilé son top 3 et a accordé un prix spécial « inclusion financière ». C’est la société new-yorkaise Hydrogen qui a décroché le premier prix, à savoir un chèque de 50.000 euros et trois mois d’hébergement au sein de la LHoFT. Il est peu probable que la somme suffise à convaincre la société, qui affiche déjà un chiffre d’affaires de 5 millions de dollars, de s’installer au Luxembourg, comme le lui suggéraient avec une note d’humour les organisateurs et le Ministre des Finances, Pierre Gramegna, au moment de remettre le prix.

Hyrdogen, représentée par Mike Kane, a mis en œuvre une plateforme intégrant un set d’APIs et diverses briques technologiques. A partir de cet écosystème technologique, les institutions peuvent plus facilement construire, gérer et déployer des applications financières. Hydrogen permet aussi aux acteurs du secteur financier de tirer parti de la blockchain publique ou encore du machine learning. « L’ambition est vraiment proposer l’écosystème idéal pour un déploiement plus abordables de nouveaux services financiers et de les rendre accessibles, par un juste usage de la technologie, au plus grand nombre à travers la planète, a commenté Mike Kane, qui a cofondé la société avec son frère jumeau. L’utilisation de la plateforme et de ses fonctionnalités pour le déploiement de nouvelles solutions est gratuits. Elle devient payante une fois l’application mise en production. » Le dirigeant, qui a eu l’opportunité de découvrir la dynamisme de l’écosystème Fintech luxembourgeois, pourrait se laisser tenter par l’idée de poser un pied au Grand-Duché, sans forcément s’y installer, pour partir à la rencontre du marché européen.

Sur les deuxième et troisième marche

La cérémonie des Fintech Awards a aussi récompensé Lingua Custodia, une société française qui a recours à l’intelligence artificielle pour faciliter les démarches, souvent fastidieuses et couteuses, de traduction des documents financiers. Sur la troisième marche du podium est montée la société suisse Apiax, active sur le segment de la Regtech. Elle facilite la gestion des changements réglementaires et réduit les coûts de mise en conformité. Sa solution vise à rendre les nouveaux textes réglementaires directement compréhensibles d’un point de vue digital.

La technologie au service de l’inclusion financière

Enfin, le jury a accordé un prix spécial, dédié aux candidats actifs sur le segment de l’inclusion financière. Et c’est une start-up luxembourgeoise qui a été mise à l’honneur à cette occasion : BIT valley et son projet IBISA. Celui-ci a recours à un palette de technologies, parmi lesquelles la blockchain ou l’observation spatiale, pour offrir des solutions de micro-assurances dédiés à des petits agriculteurs, afin de réduire leur exposition à certains risques liés par exemple à des conditions environnementales défavorables. « Aujourd’hui, seuls 5% des 500 millions agriculteurs les plus démunis peuvent accéder à des solutions de micro-assurances de leur culture, a expliqué Maria Mateo, qui défendait le projet devant le jury. La technologie blockchain permet aujourd’hui l’établissement d’une communauté globale permettant de couvrir ces risques à des coûts acceptables. A travers elle, des communautés de cultivateurs peuvent venir en aide à d’autres communautés. Les uns et les autres participent à un modèle leur offre la possibilité de se couvrir mutuellement. La blockchain, avec des smart contracts, intègre des procédures d’évaluation du risque mais aussi de paiement automatique sans besoin d’initier de procédures de réclamation. L’ensemble permet de souscrire à des couvertures pour des prix abordables. »

Une dynamique internationale

A l’issue des présentations, Pierre Gramegna, félicitant les participants, s’est réjoui de constater la dynamique qui s’est créée autour de ces Fintech Awards. « Les participants démontrent combien la Fintech et plus largement l’économie digitale relèvent d’une dimension internationale, a-t-il commenté. Cela tombe bien, notre pays est lui-même  largement international, avec une large diversité de cultures au sein de sa population et une économie parmi les plus ouvertes sur le monde. Nous pensons que la globalisation est une bonne chose, pour l’économie, pour le business, pour vos sociétés. Elle l’est aussi, en mettant la technologie au service de l’inclusion financière, pour réduire les inégalités et pauvreté dans le monde. »