Largowind met le cap sur San Francisco

Créée par Mathilde Argaud, la start-up luxembourgeoise Largowind a remporté ce 22 mars la demi-finale régionale de la Startup World Cup. L’entrepreneuse participera le 11 mai prochain à la grande finale de ce concours international, organisée à San Francisco.

Ce jeudi se déroulait dans les locaux d’EY Luxembourg l’une des 32 demi-finales régionales du concours Startup World Cup. Quatorze projets avaient été retenus pour pitcher devant un jury composé de personnalités du monde entrepreneurial au Grand-Duché. Et c’est Largowind, jeune pousse luxembourgeoise fondée par la Française Mathilde Argaud, qui a émergé au terme de la soirée.

L’Internet des objets récompensé

Largowind travaille au développement d’un objet connecté pour sécuriser le mouillage des bateaux. Ce système de surveillance, baptisé « Connected Rope », permet de garder un œil, en temps réel, sur son bateau stationné au port. « Ingénieur de formation, j’ai toujours adoré créer, innover, a raconté Mathilde Argaud. Grâce à mon père, je suis également passionnée de navigation depuis que je suis toute petite. C’est ainsi qu’est né Largowind en 2016. »

Le Connected Rope est un boîtier étanche et autonome qui s’attache directement entre la chaîne d’ancre et le bateau. Grâce à ses capteurs physiques et à son algorithme, il surveille de manière continue les mouvements de l’ancre, indépendamment d’une connexion au réseau. Il peut ainsi alerter le capitaine,   qu’il soit en mer ou sur terre, via une application installée sur son smartphone. Il peut alors intervenir directement afin d’éviter une catastrophe. « Car une ancre qui chasse ou un bateau qui dérive met en danger non seulement le bateau et son équipage mais endommage aussi les fonds marins », a souligné la fondatrice.

Un beau tremplin vers les États-Unis

Grâce à cette victoire, Largowind concourra aux côtés de 32 autres start-up du monde entier lors de la grande finale du concours qui se déroulera le 11 mai prochain à San Francisco. « L’occasion pour Largowind de renforcer sa visibilité sur le marché américain, qui représente un fort potentiel de développement », a expliqué Mathilde Argaud.

Après avoir réalisé un prototype testé sur plusieurs bateaux, Largowind commercialisera son produit dès juin prochain. Si elle remporte la Startup World Cup et le million de dollars promis au vainqueur, Mathilde Argaud souhaite « s’installer aussi en France afin d’être au plus près de ses clients. L’objectif serait également d’agrandir l’équipe, actuellement composée de quatre personnes, afin de croître plus rapidement et continuer à développer et améliorer la technologie ».

Au départ dédiée aux bateaux de plaisance, le Connected Rope devrait en effet s’adapter dans le futur aux navires et yachts de taille plus importante. « Nous travaillons aussi à l’intégration d’autres données, sur le vent, la météo marine…, permettant par exemple aux navigateurs d’être meilleurs durant les régates », a indiqué la CEO de Largowind.

« Représenter l’entrepreneuriat féminin »

À 32 ans, Mathilde Argaud est une habituée des concours. L’an dernier, elle a déjà remporté le prix du « Creative Young Entrepreneur Luxembourg » organisé par la Jeune Chambre économique du Grand-Duché de Luxembourg. Elle a également été finaliste du « Woman Business Manager of the Year » de la BIL et nominée aux « Nautic Innovation Awards », attribués par le Nautic de Paris.

Seule femme à pitcher hier soir, elle a su, une fois de plus, tirer son épingle du jeu. « C’est encore plus de pression d’être la seule femme présente mais c’est aussi une manière de se différencier, a-t-elle confié. C’est également une belle façon de représenter l’entrepreneuriat féminin. »

Renforcer l’écosystème des start-up

Organisée par Fenox Venture Capital, la Coupe du Monde des Startup, dans sa version luxembourgeoise, accueillait cette année treize autres finalistes de la Grande Région : Algoreg, C4Diagnostics, Coinplus, Edoo Education, Inatic, Kairos Capital, Koosmik, Mu Design – dont le jury a souligné la qualité de la présentation – MyBataz, Pascal Development, Tetrao, Univize et Yotako. « À travers ce concours, nous recherchons, partout dans le monde, les meilleures technologies émergentes, les entreprises avec un fort potentiel de développement », a expliqué Bill Reichert, Partner au sein de Fenox Venture Capital, et qui avait fait le déplacement pour l’occasion.

« Au regard de la taille du pays, on peut dire que nous possédons un véritable écosystème de start-up au Luxembourg, a de son côté déclaré Olivier Lemaire, Partner d’EY Luxembourg. Passionnés depuis 20 ans par l’entrepreneuriat, nous aidons les start-up à accélérer leur développement, à inventer les solutions de demain. Car nous sommes convaincus que ces jeunes pousses, en « disruptant » les business models en place, contribuent au développement de l’économie et de la société tout entière. »