« Le point de départ de toute transformation n’est pas technique »

Un an après la fusion de SOPRA et de STERIA, le nouveau groupe nourrit de grandes ambitions à l’échelle de l’Europe. Son entité luxembourgeoise veut doubler l’activité d’ici 2018. Pour y arriver, elle entend s’appuyer sur la force et l’expertise de son réseau, mais aussi sur une offre de services permettant de répondre aux besoins de chacun. Marianne Dutriez, country manager de SOPRA-STERIA Luxembourg, était l’invitée de la rédaction d’ITnation.

SopraUn an après la fusion de SOPRA et de STERIA, le nouveau groupe nourrit de grandes ambitions à l’échelle de l’Europe. Son entité luxembourgeoise veut doubler l’activité d’ici 2018. Pour y arriver, elle entend s’appuyer sur la force et l’expertise de son réseau, mais aussi sur une offre de services permettant de répondre aux besoins de chacun. Marianne Dutriez, country manager de SOPRA-STERIA Luxembourg, était l’invitée de la rédaction d’ITnation.

Par Sébastien Lambotte

Plus d’un an après la fusion des deux groupes, pour former SOPRA-STERIA, pouvez-vous nous en décrire la valeur ajoutée ?

La fusion a permis de rassembler deux prestataires parfaitement complémentaires. D’une part, il y avait STERIA, société principalement active dans la gestion des infrastructures IT et la cyber-sécurité. D’autre part, SOPRA a construit sa réputation sur une large offre de services IT et une expertise dans le développement de solutions logiciels métiers. Au Luxembourg, on ne présente plus SOPRA Banking Software. Cette filiale du groupe s’est construite autour de l’expertise acquise par SOPRA dans le développement de solutions dans le monde bancaire. On ne peut cependant résumer SOPRA-STERIA à cette entité, certes importante, mais qui ne représente qu’une petite partie de nos activités. Aujourd’hui, suite à la fusion, SOPRA-STERIA est un des rares acteurs à offrir un panel de services qui couvre toute la chaîne de valeur IT, de la gestion de l’infrastructure jusqu’au conseil stratégique dans le cadre d’un processus de transformation digitale. L’intérêt de cette fusion est aussi géographique. SOPRA était présente en Europe, principalement sur les marchés français, belge, espagnol, italien. STERIA était fort présente au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse. Cette fusion nous permet aujourd’hui de mieux couvrir le marché européen.

Comment, compte tenu de ce rapprochement, envisagez-vous l’accompagnement de vos clients ?

Les acteurs économiques sont aujourd’hui confrontés à la nécessité de se transformer, en intégrant dans leur business model les possibilités offertes par la technologie. Le problème est qu’ils ne savent pas toujours quelle orientation prendre vis-à- vis de ces enjeux, ni comment aborder cette problématique. Dématérialisation, cloud, blockchain, intelligence artificielle… Les technologies pouvant déboucher sur de nouvelles opportunités sont nombreuses. Mais par où commencer ? Avec nos 40.000 collaborateurs, nos clients ont la garantie de disposer d’une réelle expertise, quel que soit le projet ou la technologie qu’ils veulent mettre en œuvre. Nos équipes au Luxembourg peuvent s’appuyer sur le groupe, son expertise, déployée notamment au cœur de notre Business Lab, à travers les projets menés par ailleurs, dans notre réseau. Nous proposons aussi une large gamme de solutions disponibles en mode SaaS, permettant à nos clients d’accéder à plus de flexibilité. Mais, surtout, nous sommes en mesure de les guider, de les conseiller pour que la technologie puisse mieux servir leur business.

Comment, concrètement, aborder ce grand défi de la transformation digitale avec vos clients ?

Nous mettons en œuvre des méthodes de co-design. Nous rassemblons les équipes dans le cadre d’ateliers, afin d’avant tout pouvoir concrètement identifier les besoins business. Cette approche se veut participative et implique tant les collaborateurs de nos clients que les consultants de SOPRA-STERIA. A partir de là, on parvient à identifier des objectifs et des projets de transformation qui doivent permettre de les atteindre. Le point de départ de tout projet de transformation digitale n’est pas technique, mais business. L’avantage de ces méthodes de co-design est qu’elles permettent d’accélérer le processus de transformation en s’assurant de disposer de l’adhésion des équipe aux projets envisagés. Le digital implique de mettre en œuvre des approches et organisations transversales. Elles doivent être appliquées dès l’identification des besoins et des projets qui y répondront. Ces méthodes de co-design, en outre, s’appliquent aussi bien pour des sociétés d’une dizaine de personnes qu’à des organisations de 1000 personnes.

Quelles sont les ambitions de SOPRA-STERIA au Luxembourg ?

Nous avons pour ambition de devenir leader dans chaque pays de l’Union européenne. Dans ce contexte, on m’a demandé de prendre la direction du Luxembourg, avec pour mission d’y investir durablement. Aujourd’hui, nous sommes une centaine de collaborateurs à Luxembourg. Nous répondons aux besoins d’acteurs publics, de groupes bancaires et d’acteurs de l’assurance d’envergure européenne. La volonté est de renforcer notre présence sur le marché luxembourgeois. Nous devons commencer par relever un challenge d’image et de visibilité. Il y a beaucoup de choses à faire, donc, pour nous faire connaître et faire valoir notre expertise. Le premier objectif réside dans le renforcement des équipes. Nous avons défi de doubler le staff d’ici 2018, tout comme le chiffre d’affaires. Au-delà du renforcement des équipes, nous souhaitons créer un environnement « best place to work », où chaque personne est « entrepreneur » au sein de la société.

Photo, de gauche a droite : Marianne Dutriez, Christian Barat, Julien Gobbi, Jean-Jacques Genser, Michel Lorgeré, Philippe Frossini.