« Le télétravail va devenir structurel »

Christophe Cypers, associé de C-Services, dresse le bilan après cette période de confinement. À ses yeux, la crise permet d’accélérer les prises de conscience et invite à prendre des décisions en conséquence.

Christophe Cypers, associé – C-Services

Nous venons de traverser une période inédite et les semaines/mois à venir restent incertains à de nombreux points de vue. C-Services, comme beaucoup d’autres structures au Luxembourg, s’est adaptée pour maintenir l’activité. « Une des premières décisions a été de ne pas introduire de demande d’aide de l’état dans le cadre de cette crise. Il nous semblait indécent de demander des aides alors que l’activité même si elle était impactée restait à des niveaux tout à fait acceptables. Et même si cette crise est toujours bien présente, la société est financièrement saine que pour la traverser sereinement. D’autres secteurs sont bien plus affectés et ont donc bien plus besoin que nous de ces aides étatiques », explique Christophe Cypers, associé de C-Services. La société spécialisée dans le développement de solutions informatiques est parvenue à traverser cette période en s’appuyant sur une clientèle diversifiée entre institutions européennes, secteur public luxembourgeois et acteurs du privé. « Au niveau des institutions européennes et publiques luxembourgeoises, le télétravail a pu être mis en place assez aisément. L’impact a été quasiment nul. Du côté des acteurs privés, environ 15% des projets en cours ont été suspendus ou abandonnés », poursuit l’associé.

Souplesse et flexibilité riment avec productivité

Pouvant compter sur une clientèle fidèle, C-Services a pu traverser cette crise sans trop d’embarras. Aujourd’hui, son patron prend le temps de tirer les enseignements de cette période. « Nous avons vécu une période de télétravail généralisée. Le bilan de cette expérience forcée s’avère globalement positif. Nous avons constaté ainsi que nos clients que la productivité était équivalente voire meilleur dans certains cas en télétravail, explique Christophe Cypers. Les membres de la génération Y, les plus jeunes, qui développent une autre relation au travail que les plus âgés, se retrouvent bien dans ce modèle. Il octroie plus de souplesse, plus d’autonomie à chacun. En leur laissant la possibilité de travailler comme ils l’entendent, tant que les objectifs fixés sont atteints, on constate une réelle hausse de la productivité et un équilibre/bien-être accru dans cette configuration »

Il y a toutefois un bémol. Durant cette période, le travail à distance a rendu plus difficile l’intégration de nouveaux collaborateurs au sein d’une équipe ou la mise en œuvre de nouveaux projets. « Au départ, il reste nécessaire d’apprendre à se connaître et, pour cela, de se voir en équipe », assure l’associé de C-Services.

Une organisation appelée à s’adapter

Pour C-Services, la période a été riche en apprentissages. « Les crises, en accélérant la prise de conscience de certains phénomènes, constituent des occasions de prendre des décisions permettant de faire évoluer la société, assure Christophe Cypers. Si l’on considère la mobilité par exemple, l’émergence de l’électromobilité et les nouveaux modes de déplacement, on se rend compte qu’il y a des adaptations à envisager. Dans ce sens, nous travaillons actuellement à la modification de notre « car policy » afin de favoriser les véhicules électriques et hybrides auprès de nos consultants. La continuité et mise en œuvre du télétravail, en tenant compte des limites imposées par l’administration fiscale belge ou française, est aussi à l’étude. »

Prôner le télétravail quand c’est possible

Avant le confinement, C-Services envisageait d’étendre la surface de ses bureaux au cœur de West Side Village, à Capellen. Constatant que le télétravail fonctionnait plutôt bien, la société a choisi de renoncer à cette extension. « Le télétravail va devenir structurel mais la situation particulière qu’occupe la place luxembourgeoise de par le nombre de travailleurs frontaliers, nécessitera des adaptations structurelles légales. Notre volonté est de prôner le télétravail quand c’est possible », assure Christophe Cypers. L’associé est cependant bien conscient des limites qui se posent, notamment en raison de la fiscalité transfrontalière. Une des solutions envisagées serait de proposer des bureaux proches de la frontière française ou encore de la frontière belge. Au-delà, aux yeux du dirigeant, il serait opportun de parvenir à faire évoluer les accords fiscaux entre pays, en instaurant par exemple une zone frontalière offrant à ceux qui y résident plus de flexibilité. « Il faudrait pouvoir définir un espace, s’étendant sur un nombre limité de kilomètres au-delà de la frontière. Ceux qui y résident pourraient par exemple travailler deux à trois jours par semaine depuis leur domicile ou depuis les bureaux de la société excentrés et plus proches de leur domicile. Tout le monde aurait à y gagner. »

Adopter de nouveaux outils

Au niveau de l’activité, la crise du Covid-19 a été de nature à renforcer une dynamique en faveur de la transformation numérique des organisations. Les projets de migration vers le cloud devraient s’intensifier dans les semaines et mois à venir. « Beaucoup d’acteurs ont découvert les possibilités offertes par de nombreux outils cloud pendant cette période. Rien qu’au niveau d’Office 365, nous avons pu expérimenter de nouvelles choses, par exemple comme la mise en œuvre d’atelier UX/UI poursuit Christophe Cypers. Nous prônons auprès de nos clients ce que nous utilisons et la suite Office365 à travers l’outil Teams s’est révélé une solution extrêmement efficace. Nos clients, dans les mois à venir, devraient eux aussi pouvoir les apprécier. »