Les données : la nouvelle richesse naturelle

Frederic Robin, Country General Manager IBM Belgium & Luxembourg livre son point de vue sur le Big Data. Pour lui, les données sont la matière première naturelle du 21e siècle. Avantages de leur exploitation ou menaces ? Ce qu'on en fera dans les prochaines années sera déterminant pour l'innovation.

Frederic Robin, Country General Manager IBM Belgium & Luxembourg livre son point de vue sur le Big Data. Pour lui, les données sont la matière première naturelle du 21e siècle. Avantages de leur exploitation ou menaces ? Ce qu’on en fera dans les prochaines années sera déterminant pour l’innovation.

Inspiring Big Data

Les données sont la matière première naturelle du 21e siècle. Elles créent des changements fondamentaux dans le paysage social et économique mondial. Amélioration des soins de santé, meilleure gestion de l’eau et de l’énergie, précision accrue des prévisions météorologiques, chaînes de distribution plus efficaces et trafic plus fluide ne sont que quelques exemples des avantages du Big Data.

Cette innovation inspirée par les données est motivée par trois raisons. Premièrement, nous produisons un volume incroyable de données : nous créons tous les deux jours autant de données que la quantité générée jusqu’en 2003. Deuxièmement, les avancées majeures enregistrées dans le secteur IT mettent de puissants outils analytiques à notre disposition pour nous permettre de collecter de précieuses informations. Et troisièmement, Internet fournit tant les Big Data que les outils nécessaires à la compréhension de toutes ces données.

Dans le respect de la vie privée

Malgré tout, les données courent le risque d’être diabolisées. S’il est certes capital que les pouvoirs publics s’intéressent à la question de l’accès légitime aux données, nous ne pouvons pas laisser ce débat éclipser les énormes avantages qu’elles garantissent.

Le débat est empreint de rhétorique, ce qui donne une fausse image des données. La vérité ? L’acceptation des avantages prometteurs du Big Data ne signifie pas nécessairement l’abandon du respect de la vie privée. Ce n’est pas une question de choix. Il est urgent de diffuser ce message, d’expliquer les avantages du Big Data et de montrer comment utiliser cette nouvelle matière première naturelle tout en protégeant la vie privée.

La libre circulation des données est aussi menacée. Certains appellent à ériger des murs autour l’Internet au niveau régional en vue de bloquer l’afflux transfrontalier de données et de forcer la localisation des données dans certaines régions. D’autres exigent la suspension des flux internationaux de données essentiels au commerce mondial, comme le Safe Harbour. La modification de ces mesures isolerait les pays et les régions de l’économie numérique mondiale et entraînerait un handicap économique.

Un monde numérique de confiance

Il est donc essentiel d’assurer la confiance dans le monde numérique. Les entreprises et les pouvoirs publics ont tous deux un rôle différent mais important à jouer à cet égard. Les pouvoirs publics qui utilisent des données à des fins citoyennes et l’utilisation de données par les entreprises à des fins commerciales constituent deux approches totalement différentes.

Le protectionnisme et les limites d’utilisation commerciale des données ne sont pas des réponses aux défis du Big Data. Ces mesures constituent une entrave à l’innovation, réduisent la compétitivité des économies locales, découragent les investisseurs et la création d’emploi, réduisent les choix des consommateurs et bloquent l’accès aux services en augmentant les coûts.

Exploitons Big Data comme on exploite une nouvelle matière première naturelle. Cela rendra notre société plus flexible, plus innovante, plus démocratique et plus durable. Nous ne pouvons pas manquer cette opportunité.