Low-code : développer sans avoir à tout coder

Pour Jean-Christophe Denis, Associate Partner au sein de KPMG, le low-code permet aux entreprises de renforcer leur agilité et d’innover beaucoup plus vite en s’appuyant sur les possibilités offertes par le numérique.

Jean-Christophe Denis, Associate Partner au sein de KPMG

Dans le domaine du développement logiciel, on voit aujourd’hui émerger des plateformes permettant de créer des applications sans avoir à écrire du code ou, du moins, de minimiser la production de code. « Ces plateformes permettent d’assembler des éléments pré-codés, des fonctionnalités préétablies, dans la perspective de construire des applications d’entreprise », explique Jean-Christophe Denis, Associate Partner au sein de KPMG. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui des plateformes « low-code » ou « no-code ». Développer une application s’apparente davantage à un jeu de construction, de type LEGO. Chaque brique constituant une fonctionnalité qui peut s’assembler avec d’autres.

Réduire les cycles de développement

L’approche permet de gagner beaucoup de temps.  « Il devient possible de générer beaucoup de valeur très rapidement. Un cycle de développement ou d’acquisition traditionnel, de l’analyse de la problématique à la mise en production de la solution, reste assez long, et ce même en mode agile. En outre, l’approche classique exige de mobiliser une grande diversité d’intervenants, du business analyste à l’informatique, en passant par l’architecte, l’administrateur de base de données…, poursuit Jean-Christophe Denis. En low-code, à périmètre équivalent, on peut aller beaucoup plus vite dans la mesure où le temps de développement proprement dit est réduit. Les plateformes, en outre, permettent notamment aux acteurs du métier d’interagir directement avec les éléments, d’établir eux-mêmes les solutions dont ils ont besoins en évitant toute erreur d’interprétation. »

On peut donc beaucoup plus facilement s’inscrire dans une démarche de prototypage, d’expérimentation, avec des cycles de développement et de mise en oeuvre se réduisant à une journée à la place de sprints de deux ou trois semaines.

Technologie inclusive

Les plateformes low-code rendent la pratique du développement informatique beaucoup plus accessible pour chacun. Les solutions proposées sont très visuelles. Les utilisateurs peuvent composer leurs nouveaux utilitaires en prenant les éléments offerts par la plateforme, en drag and drop, et en les faisant interagir ensemble.

A ce titre, les plateformes constituent une réponse intéressante à la pénurie de compétences en développement logiciel. « Low-code ne veut toutefois pas dire low skills, précise cependant Jean-Christophe Denis. Pour développer une application, il n’est plus forcément nécessaire de maîtriser des langages informatiques complexes, comme Java ou .Net. Il reste cependant nécessaire de disposer d’autres compétences, plus accessibles, liées à la conception et modélisation de solutions ou encore à leur intégration au cœur de l’environnement informatique. » On parle donc d’une technologie inclusive, facilitant l’accès au plus grand nombre au développement.

Soutenir l’innovation

Pour Jean-Christophe Denis, l’émergence des plateformes low-code ou no-code participe à une transformation globale et profonde du développement logiciel. A ses yeux, plutôt que d’opter pour un réflexe protectionniste vis-à-vis de leur rôle, les départements informatiques doivent considérer ces technologies avec sérieux et envisager dès à présent l’opportunité de les mettre en œuvre à l’échelle de l’entreprise. « Le rôle de l’équipe IT reste important dans cette démarche. Il lui appartient de permettre aux équipes d’accéder aux possibilités de mettre en œuvre, avec elle, de nouvelles applications soutenant la stratégie de l’entreprise. Pour cela, il est nécessaire d’établir un cadre, une gouvernance, offrant à chacun la possibilité d’agir plus librement. L’IT se positionne en catalyseur du changement, en partageant à l’échelle de l’entreprise des solutions et fonctionnalités développées par les uns et les autres. »

Dans une approche low-code, l’IT veille à la meilleure intégration des applications développées au niveau des équipes métier et contribue à soutenir l’innovation à l’échelle de l’entreprise.

En France, par exemple, la SNCF a inscrit l’ensemble du groupe dans cette démarche.

 

La fin du métier de développeur ? Non, au contraire

Le développement du low-code ne signifie pas non plus forcément, à terme, la fin du métier de développeur. Au contraire, considérant le manque de compétences dans ce domaine, l’émergence de ces plateformes va permettre aux profils les plus chevronnés de se concentrer sur les projets les plus complexes, ceux qui requièrent effectivement leurs compétences.