LSAP : « face aux défis de la numérisation, créer un ministère de l’Avenir »

Dans le cadre de la consultation des divers partis, ITnation a aussi soumis ses quatres questions au LSAP. Nous n’avons cependant pas pu obtenir de réponse directe dans le délai qui nous séparait des élections. Afin de relayer tout de même le point de vue du parti socialiste luxembourgeois, nous avons donc été à la recherche des éléments de réponse présents au cœur de son programme.

Dans le cadre de la consultation des divers partis, ITnation a aussi soumis ses quatres questions au LSAP. Nous n’avons cependant pas pu obtenir de réponse directe dans le délai qui nous séparait des élections. Afin de relayer tout de même le point de vue du parti socialiste luxembourgeois, nous avons donc été à la recherche des éléments de réponse présents au cœur de son programme.

Veuillez donc bien noter que les réponses aux questions suivantes n’émanent pas directement du LSAP. Elles résultent de ce que la rédaction d’ITnation a pu trouver dans le programme des candidats socialistes.

Comment comptez-vous, à travers votre programme, soutenir le développement de l’économie digitale luxembourgeoise ?

En préambule de son programme, le LSAP précise que « le progrès n’est pas une fin en soi : il doit servir les gens et améliorer concrètement leur vie. Le LSAP s’engage en faveur d’une répartition plus équitable de la richesse et de la prospérité. Il favorise la cohésion sociale et veille à ce que personne ne soit laissé pour compte ». Le parti socialiste prône un « Etat social et un Etat de droit moderne ». Vis-à-vis de la fonction publique, le parti précise notamment vouloir « accélérer la numérisation des procédures administratives ». « Face aux grands défis du XXIesiècle, tels que la numérisation, l’amélioration de la qualité de vie et l’accroissement des inégalités, le LSAP s’engage à créer un ministère de l’Avenir, à l’instar d’autres pays qui ont pris la même option. Le ministère de l’Avenir élabore une stratégie à long terme et des mesures concrètes pour contrer les effets de la numérisation sur la société, l’économie, la politique et l’environnement », lit-on par ailleurs.

 

Selon votre parti, quel rôle doit jouer le digital dans l’amélioration de la société luxembourgeoise et de son économie ?

Le LSAP évoque le numérique à travers divers points de son programme, toujours dans une perspective d’amélioration des services et de la qualité de vie, de progrès au service de tous. Et ne manque pas de placer quelques garde-fous. Il précise vouloir « systématiquement suivre la devise « Design for all », y compris dans le secteur numérique ». En matière d’éducation, le LSAP plaide de cette manière : « à l’ère de la numérisation, l’apprentissage autonome, interdisciplinaire et orienté projet devrait être encouragé de plus en plus. L’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication joue ici un rôle clé ». On peut aussi lire : « l’évolution de la société est inhérente à la révolution numérique. Les écoles doivent soutenir activement ce développement et adapter leurs programmes scolaires en conséquence. Le LSAP est favorable à l’introduction d’un programme interdisciplinaire d’éducation aux médias. Cela s’applique à la fois à l’école fondamentale et à l’enseignement secondaire. La compétence médiatique est indispensable à l’ère de la numérisation progressive. Les enfants et les jeunes ne doivent pas être laissés seuls lorsqu’il s’agit d’utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication. »

« Pour le LSAP, le droit du travail et les conditions cadres doivent être adaptés à la numérisation. Dans les années à venir, la révolution numérique accélérera rapidement le changement dans le monde du travail. Les intérêts des salariés et les conditions de travail restent toujours prioritaires pour le LSAP qui veillera à fournir une sécurité sociale par rapport aux risques inhérents à la vie des salariés. »

 

En matière de digital, dans quoi faut-il investir en priorité et de quelle manière?

Au-delà des points évoqués, le LSAP dresse quelques autres priorités en lien avec le numérique.

« La numérisation joue un rôle de plus en plus important dans tous les domaines de la santé. Elle contribuera à développer une médecine préventive et personnalisée ; elle influencera les méthodes de traitement et les comportements ; elle aidera à prévenir les effets secondaires des maladies chroniques et permettra un meilleur suivi médical. Elle permettra également aux patients d’assumer davantage de responsabilités pour leur propre santé. Chaque patient devrait être en mesure d’acquérir des connaissances médicales afin de mieux pouvoir prendre des décisions au sujet de sa propre santé. Le LSAP fera progresser la numérisation du système de soins de santé de manière constante. »

« A l’ère de la numérisation et des « Big Data », la protection des consommateurs relève plus que jamais de la protection des données. Le LSAP ne se contentera pas seulement de promouvoir des règles strictes en matière de protection des données, mais veillera également à ce que les consommateurs puissent effectivement faire valoir leurs droits dans ce domaine. La Commission nationale de la protection des données sera dotée des ressources nécessaires à cette fin. »

Le LSAP envisage aussi notamment « la mise en réseau numérique de l’approvisionnement en énergie, de la communication et de la mobilité pour réduire progressivement ses émissions de gaz à effet de serre dans les années à venir ».

Vis-à-vis des retraites, « à moyen et long terme, compte tenu de l’évolution économique et démographique, il faut également envisager d’autres sources de revenus et d’autres modèles de financement. Avec la numérisation croissante, non seulement le facteur travail mais aussi les gains de productivité devraient contribuer au financement à long terme des retraites », précise le LSAP.

Enfin, pour le LSAP, « les gains de productivité résultant des processus numériques, entre autres, doivent être répartis équitablement ». C’est pourquoi les candidats socialistes sont en « faveur d’une réduction du temps de travail jusqu’à un maximum légal de 38 heures par semaine avec pleine compensation salariale. Afin d’aligner le secteur privé sur le secteur public, le congé annuel dans le secteur privé est prolongé d’une journée par an sur une période de cinq ans. Dans l’ensemble, ces mesures permettront de ramener le temps de travail annuel au Luxembourg au niveau de la durée moyenne du travail dans les pays de la zone euro. »

La pénurie des talents dans le domaine technologique est criante. Quelles pistes comptez-vous explorer pour y remédier ?

Par rapport à cette question, les réponses que nous avons pu trouver dans le programme du LSAP appellent à l’adaptation de la formation de base et à la promotion de la formation continue. Le parti précise notamment que« le droit du travail et les conditions cadres doivent être adaptés à la numérisation. Dans les années à venir, la révolution numérique accélèrera rapidement le changement dans le monde du travail. Les intérêts des salariés et les conditions de travail restent toujours prioritaires ».

 

Le parti précise qu’il veillera à :

  • fournir une sécurité sociale par rapport aux risques inhérents à la vie des salariés ;
  • promouvoir la formation professionnelle continue et la réorientation professionnelle ;
  • rendre les modèles de temps de travail plus flexibles pour les salariés ;
  • empêcher le faux travail indépendant et la précarisation des emplois ;
  • assurer une rémunération juste et équitable des salariés ;
  • permettre la cogestion au sein des entreprises, même dans un monde numérique ;
  • empêcher la surveillance numérique des employés ;
  • contrecarrer l’obligation de rendement accru et le sentiment d’être constamment diponible;

 

« Pour lutter contre le chômage, le LSAP entend investir davantage dans les êtres humains, dans leur capacité d’apprentissage et de développement, afin qu’ils puissent continuer à s’imposer sur un marché du travail numérique. »

 

En ce qui concerne l’Université, on peut encore lire : « Le LSAP a toujours favorisé la création d’une université indépendante parce qu’elle contribue de manière significative au développement du pays et de sa population en tant que lieu d’échange critique tout en positionnant le Luxembourg sur la carte du monde dans les domaines de la science et de la recherche. Pour les socialistes, il est clair que la poursuite de l’excellence dans la recherche et l’enseignement doit toujours aller de pair avec le développement de la société et de l’économie. »

 

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