CSC : Machine learning et blockchain

Dans la finance, la transformation s’opère dès à présent, malgré le fait que l’ensemble des opportunités existantes n’ait pas encore été révélé.

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Michel Khazzaka, Manager Payments Information Systems & Security au sein de CSC

Le potentiel révolutionnaire de la combinaison du machine learning et de la blockchain sont considérables. Dans la finance, la transformation s’opère dès à présent, malgré le fait que lensemble des opportunités existantes nait pas encore été révélé. Selon CSC, qui évoquait ces enjeux lors dune présentation à Luxembourg, les acteurs doivent appréhender cette révolution dès à présent. Par ITnation

Cet article est le second d’une série consacrée à l’évocation par CSC Luxembourg de la révolution portée par le blockchain et le machine learning dans le monde de la finance notamment. Ce deuxième volet s’attache plus à la blockchain. Lire le premier article.

Le machine learning permet, au départ d’un amas non-structuré de données, de créer de l’information à valeur utile, d’apporter un service personnalisé à chacun de ses clients et, mieux encore, converser avec eux. La blockchain, pour sa part, offre un cadre sûr pour l’échange de l’information entre acteurs. Le Bitcoin et sa progression rapide sont significatifs de cette confiance et de l’intérêt que présente la technologie. « Plus de 80% des institutions financières sont convaincues quil faut implémenter la technologie blockchain dès aujourd’hui, commente Michel Khazzaka, Manager Payments Information Systems & Security au sein de CSC. Les Etats et institutions eux-mêmes, plutôt que de s’opposer au bitcoin et à la technologie qui la supporte, suivent ses développements avec intérêt. »

Bouleversements en vue

Pour évoquer le potentiel révolutionnaire de la technologie au-delà de la fameuse crypto-device qui l’a révélée, Michel Khazzaka, a évoqué le monde du paiement actuel. « Un écosystème qui génère aujourd’hui des résultats impressionnants et qui compte de nombreux intermédiaires entre l’émetteur du paiement et son récepteur : la banque émettrice de la carte de paiement, celle qui acquiert le paiement, le fournisseur des services de paiement, la clearing house et la banque centrale entre autres intermédiaires. Dans la perspective de paiements supportés par la blockchain, ces intermédiaires n’ont plus lieu d’être. Certains, dès lors, vont disparaitre, d’autres vont trouver de nouveaux rôles », assure-t-il, rappelant la prédiction de Bill Gates : « le système bancaire est essentiel, les banques non ». Demain, les acteurs pourraient se positionner comme points d’entrée à la blockchain ou comme nœuds du réseau permettant d’en assurer la confiance. « Toujours est-il que le monde du paiement, notamment, va s’en retrouver bouleversé », explique-t-il.

La confiance sans intermédiaire

« La blockchain, c’est la confiance sans intermédiaire. C’est un registre d’actifs programmables, chronologique, distribué, vérifiable par tout le monde, protégé contre la falsification par un système de confiance répartie. » Voilà pour la définition fonctionnelle, qui ouvre des perspectives conséquentes. « Pour résumer, c’est une usine de confiance entre un groupe de personnes qui ne se connaissent pas et qui permet d’échanger des actifs », poursuit Michel Khazzaka .  Et pas n’importe quels actifs, puisque ceux-ci sont programmables. Ils peuvent donc, en fonction d’un élément, s’auto-exécuter. « Les éléments qu’intègre la blockchain sont nombreux. On parle d’actifs, de confiance, de propriété, de monnaie, d’identité, de contrat, de ré-intermédiation, tous programmables, de preuve de tout ou de multi-signature. Tout ce qui peut être combiné au sein de la blockchain en fait un outil vraiment puissant. »

La confiance au service de l’automatisation

Au-delà de la monnaie, la blockhain peut donc receler des contrats intelligents ou des fonctions programmées, capables d’exécuter un contrat. « On peut, dès lors, accéder à des possibilités d’automatisation du traitement des dossiers très avancées. En la matière, le secteur IT et l’industrie financière se positionnent comme early adopters de ces technologies », assure Michel Khazzaka  . Mais on peut imaginer des opportunités pour le secteur industriel, de l’énergie, dans la fonction publique. « La blockchain doit notamment permettre d’uberiser Uber, dans la mesure où la plateforme n’est qu’un intermédiaire et que la blokchain permet de s’en passer, poursuit-il. Dans le monde du paiement , des programmes de fidélité, des contrats de crédit, des prélèvements et des paiements échelonnés peuvent être organisés et exécutés depuis la blockchain. Dans l’industrie des fonds, des cas d’usage peuvent être trouvés dans le domaine de la lutte anti-blanchiment. La blockchain, en général, doit permettre de réduire les frais opérationnels, se placer en tant que source de toute preuve, faciliter la gestion des identités, garantir les valeurs de change, permettre une meilleure gestion des sequetres… »

Combiner blockchain et machine learning

Le potentiel révolutionnaire de la technologie est bien réel. Alliée au machine learning et à l’internet des objets, comme source de nombreuses données utiles, la blockchain va entrainer un changement profond de nos organisations. « Un véhicule connecté génère en une heure des dizaines  de Gigas de données. Une telle quantité de données ne peut pas être remontée dans le cloud ou dans la blockchain. D’ailleurs, l’essentiel de ses données n’a pas de valeur facilement exploitable . Par contre, le machine learning, aujourd’hui, doit permettre de synthétiser cette information, pour en transmettre l’essentiel dans l ’usine de confiance qu’est la blockchain. A partir de là, l’information pourra être plus facilement distribuée », explique Michel Khazzaka.

Franchir les derniers obstacles

Les acteurs porteurs de solutions se multiplient. Les obstacles à franchir sont cependant encore nombreux. « Techniquement, on manque d’applications matures et stables, mais aussi de développeurs. En outre, selon les besoins, la scalabilité de la blokchain peut à date  se révéler insuffisante, assure l’expert. Au niveau du métier, les cas d’usage doivent encore être trouvés et il faut pouvoir établir des business models derrière. Enfin, au niveau légal, le régulateur doit pouvoir accompagner les possibilités offertes par cette technologie. » L’adoption de la technologie devrait être progressive, avec la création de mini-blockchain (appelée sidechain) entre acteurs qui se connaissent, mais qui pourront toujours s’appuyer sur la Blockchain . « Un tel montage permettrait notamment d’assurer la preuve d’une opération sans pour autant révéler les informations confidentielles attachées à cette opération », poursuit Michel Khazzaka.

Accrocher le wagon

Si on parle de cycle d’adoption progressive, les acteurs économiques, dans la finance notamment, seraient plus que bien avisés de s’y intéresser. « Il faut penser dès à présent les possibilités que ces technologies offrent, assure Denis Stoz, General Manager de CSC Luxembourg. Elles conduiront à un changement de société, pour ne pas dire de civilisation. Les acteurs, considérant la vitesse du cycle d’adoption, devront être prêts pour accrocher le train au bon moment, pour partir avec. Sans quoi, ils auront toutes les peines du monde à le rattraper. »