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Made in Lux : UFODrive, l’OVNI de la voiture de location

Avec plus de 5.000 clients établis à travers 8 pays, Aidan McClean et Renaud Marquet, les deux cofondateurs de la start-up de location de voitures électriques UFODrive, ont des étoiles plein les yeux. Imaginée en 2017, la jeune pousse qui révolutionne l’expérience-client dans le secteur de la location de voiture, a connu une ascension fulgurante et vient de lever 2 millions d’euros, trois fois plus qu’espéré.

June 22, 2021

Renaud Marquet, Co-fondateur et COO – UFODrive

« Contrairement à la majorité de nos concurrents axés sur leur véhicule, chez UFODrive, le client est au centre des préoccupations »

Longues files d’attente, paperasse interminable, véhicule différent que celui que vous aviez choisi, mauvaise surprise au moment de payer la facture… Ce genre de situation, vous y avez certainement un jour été confronté lorsque vous avez loué une voiture lors de vacances ou d’un voyage professionnel. Aidan McClean et Renaud Marquet aussi. En 2017, ces deux banquiers d’affaires irlandais et belges ont donc eu l’idée de créer une compagnie de location de voitures qui allait pouvoir répondre à ces différentes problématiques. « Nous voulions quelque chose d’inédit, encore jamais vu sur Terre, d’où le nom UFODrive. Notre modèle repose sur une plateforme axée à 100 % sur le digital, pour éviter les pertes de temps et la paperasse, ainsi que sur une grande transparence. Lorsque vous louez un véhicule chez UFODrive, vous ne payerez pas un centime de plus au moment de le ramener », explique Renaud Marquet, co-fondateur et COO de la start-up qui permet à des voyageurs ou à des hommes d’affaires de louer un véhicule en quelques minutes seulement depuis leur smartphone.

Une flotte 100 % électrique

L’autre particularité de la start-up, dont l’aventure a débuté à Mamer il y a 4 ans, réside dans le fait que sa flotte automobile est composée uniquement de véhicules électriques. Son parc, composé de Tesla 3 et Tesla S, s’est rapidement étoffé : Hyundai Kona, Nissan Leaf, Audi E-tron et Jaguar I-Pace (avant, bientôt, la Polestar Volvo ou la VW ID.3)…  « Nous étions persuadés que l’électrique allait exploser. D’ailleurs, quand nous avons commencé à utiliser « e-mobility », personne, ou presque, n’en parlait. Désormais, c’est un terme que tout le monde utilise, assure Renaud Marquet. Nous nous sommes dit que, quitte à faire quelque chose de différent, autant faire quelque chose de vraiment innovant en proposant uniquement des véhicules électriques. Mais un parc de véhicules électriques ne se gère pas comme une flotte de véhicules thermique. Étant du monde du software, nous avons donc développé une solution qui nous permet de gérer cette complexité. »

Une croissance fulgurante

A l’instar de ses véhicules électriques, connus pour leur impressionnante accélération, la jeune pousse a connu une croissance fulgurante. D’abord implantée à l’aéroport de Luxembourg en 2018, UFODrive a multiplié la création d’antennes partout en Europe, au gré du succès de sa plateforme. Désormais, la société de location de voitures compte 18 emplacements éparpillés sur 8 pays : Luxembourg, Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne, Autriche, Angleterre et Irlande. « Avant la période COVID, nous ouvrions environ un emplacement tous les deux mois. Nous étions conscients du potentiel du modèle, mais on ne s’attendait pas à un succès aussi rapide », avoue Renaud Marquet qui, avec son partenaire Aidan McClean, a procédé étape par étape. « Nous nous sommes structurés, avons pris de précieux conseils d’entrepreneurs et avancé calmement. D’abord en ouvrant un premier emplacement au Luxembourg, puis en Belgique. Puis, face à la demande de clients qui souhaitaient pouvoir profiter de nos services en dehors des aéroports, nous avons ensuite ouvert des espaces en centre-ville. C’est un peu cela qui nous a sauvés quand la crise du COVID a débuté puisque le les aéroports ont connu une baisse de fréquentation très importante », rappelle de COO.

Le client au centre, pas le véhicule

Pour le cofondateur d’UFODrive, le succès de la plateforme repose sur deux raisons principales. « Premièrement, contrairement à la majorité de nos concurrents qui sont davantage centrés sur leurs véhicules et sur la manière de rentabiliser au maximum ceux-ci, nous avons tout construit autour du client et de sa satisfaction. Par exemple, nous ne faisons pas facturer les dégâts qui pourraient être occasionnés sur le véhicule. La recharge également est comprise dans le prix, le client n’a donc pas à recharger le véhicule avant de le restituer », explique Renaud Marquet. 

La deuxième raison réside dans l’expérience de la conduite en véhicule électrique qui est offrte au client. « Les personnes qui utilisent nos véhicules se rendent compte du confort de la conduite électrique. Et souvent, ils ne veulent pas revenir au thermique. Les feedbacks que nous recevons sont en tout cas très positifs : 97% de nos clients reviennent ou veulent acheter une voiture électrique. »

Le débat de la voiture électrique

Le débat a déjà fait couler beaucoup d’encre et nul doute qu’il en fera couler encore longtemps : la voiture électrique est-elle une solution efficace dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans le monde ? Dans ce débat clivant, UFODrive s’est évidemment positionné. « C’est certain que si tout le monde passe à la voiture électrique et qu’on continue à produire de l’électricité avec du charbon, l’intérêt est nul. Par contre, si l’on considère que la voiture électrique est un maillon de la chaîne de l’amélioration de notre consommation énergétique, alors on a tout gagné. Il existe des alternatives pour produire de l’électricité plus propre, pas pour la production de pétrole », explique le COO d’UFODrive. 

Se pose également la question de l’extraction des métaux rares nécessaires à la fabrication de la batterie de ces véhicules, mais aussi celle du recyclage de ces batteries. « La durée de vie d’une batterie peut facilement atteindre 20 ans. Et arrivée en fin de vie, ses composants peuvent servir à la fabrication d’autres objets. Il faut également comparer les technologies avec leur âge. On ne compare pas une voiture thermique actuelle à une voiture d’il y a 50 ou 60 ans, beaucoup plus polluante. La voiture électrique est une technologie très récente. D’ici 10 à 20 ans, nous aurons des batteries moins polluantes et avec une durée de vie beaucoup plus longue », souligne le cofondateur.

Le rêve américain

Les deux startuppers nourrissent encore de grandes ambitions pour UFODrive. Ils ont récemment lancé une campagne de crowdfunding et, preuve de leur succès, levé 2 millions d’euros très rapidement, trois fois plus qu’espérés ! A la mi-janvier, quelques jours seulement après le lancement de la campagne, 80 % de l’objectif avait déjà été atteint. Avec cet argent, récolté auprès de plus de 970 investisseurs, la société de location de véhicules électriques entend, dans un premier temps, étendre son développement en Allemagne. « On regarde évidemment plus loin, avec un développement encore plus international, notamment aux USA. On est conscient qu’il faut aller vite car l’environnement nous prouve que nous avions vu juste, mais il faut continuer à investir et à s’étendre pour garder l’avance que nous avons prise. »

Enfin, dans sa quête d’un monde plus durable, UFODrive entend aider d’autres entreprises qui souhaiteraient franchir le pas de l’électrique en proposant sa plateforme de gestion du parc automobile électrique. « De nombreuses sociétés ont la volonté de franchir le cap de l’électrique mais ne savent pas par quoi commencer ni comment faire. Nous avons les solutions pour les aider à accélérer cette transition », assure Renaud Marquet.

Avec une ascension aussi fulgurante et des projets ambitieux plein la tête, l’OVNI de la location de voitures électriques devrait rester encore longtemps seul sur Terre…

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