Migrer vers le cloud pour en tirer tous les avantages

Si la technologie cloud ne date pas d’hier, son adoption ne s’est que récemment accélérée au Luxembourg. Pour tirer profit de tous les avantages liés à son utilisation, les organisations doivent cependant encore évoluer et, surtout, faire évoluer leurs compétences.

Laurent De La Vaissière, Partner & Jean-Christophe Denis, Associate Partner au sein de KPMG

Le concept de cloud computing a commencé à se répandre il y a une quinzaine d’années. Pendant longtemps, on a beaucoup débattu de la définition que l’on pouvait en faire. On a souvent évoqué ses avantages sans forcément toujours apprécier toute la portée des évolutions technologiques qu’il entrainait. « Beaucoup n’ont toujours pas une juste compréhension du cloud et de son impact, qui dépasse largement le simple fait de prendre un service à un endroit pour le déployer ailleurs, sans savoir exactement où d’ailleurs », commente Jean-Christophe Denis, Associate Partner au sein de KPMG. Or, cette mauvaise appréciation du concept de cloud a tendance à nourrir les mythes qui circulent à son égard, notamment lorsque l’on parle de de sécurité informatique.

Sur les épaules des géants

« Recourir au cloud, c’est avant tout s’appuyer sur les milliards d’investissement qu’ont réalisé les géants du numérique, poursuit Jean-Christophe Denis. Avant de les rendre accessibles au plus grand nombre, Microsoft, Google et Amazon déploient ces environnements technologiques de pointe pour eux-mêmes et pour garantir la satisfaction de leurs utilisateurs. Aujourd’hui, les utilisateurs du cloud doivent avant tout prendre conscience qu’ils peuvent profiter de ces investissements. »

L’enjeu n’est pas simplement de déployer son environnement informatique à l’identique sur une infrastructure mutualisée. Pour tirer avantage de tout le potentiel du cloud, il s’agit de faire évoluer son approche de l’informatique, pour envisager de nouveaux produits, pour innover. « Il faut se demander comment, en tant qu’organisation, je peux créer de la valeur en accédant à des technologies auxquelles je n’aurais pas pu accéder seule, poursuit Laurent De La Vaissière, partner au sein de KPMG. Cela passe par le développement de nouvelles approches en data management, domaine dans lequel excellent les géants du numérique. »

Un bon pilote pour le cloud

Prenant conscience des réelles potentialités offertes par le cloud, les acteurs comprennent dès lors vite que le principal défi d’une migration réussie réside dans l’évolution des compétences des équipes. « Les acteurs qui ont effectué un réel shift vers le cloud ne devraient plus parler de serveurs, de serveurs virtuels, voire de conteneurs, poursuit Jean-Christophe Denis. Si l’on continue à s’attacher à ces dimensions, c’est que l’on n’a toujours pas cherché à profiter pleinement des potentialités du cloud. Les discussions devraient porter sur l’appropriation des couches PaaS et SaaS, ce que l’on peut faire des données sur la base des fonctionnalités auxquelles on a désormais accès. »

Le cloud ouvre en effet de nombreuses possibilités et permet de faire abstraction des couches informatiques basses, autrement dit de la gestion de l’infrastructure. « Si l’on tente une analogie avec le monde de la construction, c’est un peu comme si l’on pouvait disposer d’un hélicoptère au lieu d’une simple brouette pour construire un building, explique l’associate partner de KPMG. On peut grandement gagner en efficacité, envisager d’autres moyens d’atteindre ses objectifs, à condition évidemment de disposer d’un pilote. L’adoption du cloud ne va donc pas sans une transformation de l’organisation IT, et ce dans l’optique d’envisager les moyens d’innover, d’inscrire l’activité de l’entreprise au cœur de nouveaux écosystèmes. »

Redistribuer les cartes

Pour Laurent De La Vaissière, envisager d’adopter le cloud requiert que les dirigeants IT sortent de leur zone de confort pour comprendre les possibilités nouvelles qu’offre la technologie. « Le cloud redistribue les cartes. Que l’on soit une grande banque ou une jeune fintech, on peut désormais accéder aux mêmes ressources informatiques. Tout le monde a accès à l’hélicoptère pour construire des gratte-ciel », explique le partner.

Une fois que l’on a pris conscience de ces enjeux, les mythes relatifs au cloud résistent rarement. « Plus que tout autre acteur, les géants du numérique sont particulièrement attachés à la sécurité et investissent des milliards », poursuit Laurent De La Vaissière. Les failles de sécurité sont d’ailleurs rarement imputables à la technologie cloud, mais à l’utilisation qui en est faite. « Chaque acteur doit dès lors renforcer sa posture en cybersécurité et peut d’ailleurs profiter des investissements en sécurité réalisés par les géants dans le cloud pour y parvenir », poursuit Jean-Christophe Denis.

Tout laisse à penser que l’on est bien plus en sécurité en s’appuyant sur un environnement cloud que si l’on opère ses propres systèmes avec des moyens qui ne sont pas ceux des géants du numérique.