Moovijob Tour DeLux, prendre la température de l’emploi en IT

La quatrième édition de Moovijob Tour DeLux se tenait au LuxCongrès le 21 mars. Banque, finance, assurance, audit, informatique,commerce, santé, formations, plus d’une centaine d’entreprises sont venues recruter. Luxembourgeois (35% des visiteurs sont résidents au Grand-Duché) mais aussi, frontaliers et beaucoup d’autres européens sont venus visiter les différents îlots. En quête d’un premier emploi, une formation ou un stage, cette année, 3000 personnes sont aussi venues tenter une reconversion (15 à 20% des candidats disposent déjà d’un emploi).

La quatrième édition de Moovijob Tour DeLux se tenait au LuxCongrès le 21 mars. Banque, finance, assurance, audit, informatique,commerce, santé, formations, plus d’une centaine d’entreprises sont venues recruter. Luxembourgeois (35% des visiteurs sont résidents au Grand-Duché) mais aussi, frontaliers et beaucoup d’autres européens sont venus visiter les différents îlots. En quête d’un premier emploi, une formation ou un stage, cette année, 3000 personnes sont aussi venues tenter une reconversion (15 à 20% des candidats disposent déjà d’un emploi).

L’Etat de l’emploi au Luxembourg

L’ouverture s’est faite sur une Conférence sur l’état de l’Emploi au Luxembourg. Avec un taux de chômage record de 7,1%, c’est aussi toute l’Europe qui ne va pas bien. « C’est l’économie dans sa totalité qui peut aider à réguler le chômage, ouvrait Nicolas Schmit, Ministre du Travail, de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire. Il y a une interdépendance entre les pays de l’UE et j’espère un tournant, pour que l’Europe retrouve un niveau d’activité. Que ce soit pour les jeunes ou les seniors, le chômage est toujours un drame, un drame personnel. Mais aussi un grand gâchis économique et social. »

Sur ces 19000 chômeurs, difficile de faire du cas par cas. L’ADEM est venue témoigner de son engagement à replacer ces personnes dans des secteurs porteurs. « Notre plus grand challenge est de pouvoir répondre individuellement à chacun, débute Isabelle Schlesser, Directrice de l’ADEM. La réforme de l’ADEM a été pensée dans ce but de personnalisation du parcours du demandeur. Faire du profilage, des conventions de collaboration, développer un nouveau service employeur. Surtout, renforcer les relations avec les entreprises parce que ce n’est pas l’ADEM qui crée les emplois. L’ADEM doit essayer désormais, d’avoir un pas d’avance sur les besoins RH des entreprises et pouvoir proposer les bonnes formations en amont des futurs besoins.”

Une adéquation profils/candidats difficile

Pour Nathalie Printz, Responsable du Développement des Ressources Humaines à Auchan et Cristelle Ponsard, Human Resources Account Manager chez ING, le matching est difficile entre profils et candidats. Pour elles et Petra Buderus, Directrice des Ressources Humaines chez Stëftung Hëllef Doheem, le problème rencontré sont les langues. L’Anglais n’est pas assez maîtrisé et l’Allemand trop peu présent sur les CV.

La réponse du Ministre et de l’ADEM s’est faite mitigée : proposer des cours de langues et attirer les gens qui les maîtrisent. Mais la demande étant plus élevée que l’offre, si ces cours veulent rester gratuits pour les chômeurs, une alliance avec le privé sera nécessaire. Et donc un budget dédié.

Pour les entreprises interrogées, toutes demandent au moins l’Anglais et le Français. Deux demandent aussi l’Allemand. Niveau diplômes, c’est majoritairement des Bac+5 ou inférieur mais avec 2-3 ans d’expérience qui sont recherchés pour les juniors. Cependant toutes ces entreprises étaient plutôt à la recherche d’expert avec 10-15 ans d’expérience. La plupart proposent des stages en pré-embauche réservés donc aux fins d’années mais aussi des formations en interne pour se spécialiser. Ces résultats ont été confirmés par l’étude du groupe Lancelot « IT and eCommerce Recruitment ». En moyenne, les salaires varient selon les secteurs entre 25K (pour 2 ans d’expérience) et plus de 100K (pour plus de 12 ans d’expérience). Les plus hauts salaires à expérience égale sont pour les Project Manager, IT Manager et IT Architect.

En IT, les profils experts manquent à l’appel

Les entreprises du secteur financier restent les plus présentes. En ce qui concerne l’IT, une trentaine de sociétés sont venus parmi les 116 stands. Alors que les jeunes diplômés représentaient 40% des présents, la moitié de ces huit interrogés recherchent plutôt des experts (10-15ans d’expérience).

Caroline Simon, Human Resources Manager chez CTG, 15-20 postes

« On recrute beaucoup on a beaucoup de besoins. Il y a surtout des valeurs à respecter car nous sommes Best Work Place depuis 4 ans et nous voulons le rester. Se sont surtout des gens d’expérience car en informatique il faut être à la page tout le temps pour rester compétitifs. Pour cela, la formation continue fait partie de la politique de l’entreprise. »

Lionel Jager, Delivery Manager chez ITs4U, recherche consultants et experts techniques

« Nous recherchons actuellement principalement des développeurs open source (Java) mais pas forcément des seniors. Nos critères de recrutement sont d’abord basés sur la personnalité des gens puis sur leurs compétences. Aujourd’hui il est parfois difficile de trouver des personnes réellement motivées et qui souhaitent s’investir dans leur travail. Notre métier évolue très vite, les postes de demain seront forcément différents, c’est pourquoi nous devons savoir nous adapter en gardant un haut degré d’exigence en terme de qualité. Notre métier souffre certainement d’un déficit d’image auprès des jeunes diplômés (l’image du secteur reste très orientée body shopping), c’est pourquoi nous devons continuer à faire des efforts d’explications auprès des écoles afin de mieux présenter ce qu’est vraiment notre métier, qui je le crois est de plus en plus intéressant de par les challenges que nous devons relever tous les jours. »

Amélie Favreau, Human Resources Business Partner chez CSC, 2 postes urgents et d’autres pour 2014
« Nous recherchons des experts dans certains domaines de la gestion opérationnelle IT comme l’administration systèmes, bases de données, applications… Même si ces postes ne conviennent pas à des juniors, le salon est l’occasion de récolter un vivier de CV intéressant pour des opportunités futures. Nos besoins d’embauche collent aux besoins clients et au business et évoluent avec. La pluridisciplinarité des profils reste donc importante, ils pourront, chez CSC, se spécialiser en interne grâce aux formations dédiées. »

Sandrine Boucquey, Head of HR & Legal chez EBRC, des besoins toute l’année
« Nous recherchons différents profils IT expérimentés. Si, précédemment, nous cherchions des profils IT généralistes, aujourd’hui, ce sont des experts que nous tentons d’attirer. Les profils IT que nous recruterons dans les prochains mois auront une expertise Microsoft, Linux, DBA ou Sécurité : des compétences pas toujours faciles à trouver… ».

Magali Van Droogenbroeck, Recruitment chez Sopra Banking Software, 70-80 postes
« Pendant le processus de recrutement, l’attention est portée aussi bien aux compétences techniques ainsi qu’à la personnalité qui peut souvent faire la différence ! Après 3 semaines de formation en interne, les nouveaux collaborateurs sont orientés dans des spécialités selon leurs affinités et les besoins des clients. »

Gabriel Thiercelin, Manager RH chez CGI, 40 postes

« Pour compléter un sourcing insuffisant en grande région (50% de nos recrutement en 2013), CGI recrute des profils à Paris, Bruxelles, mais aussi en Europe de l’Est et du Sud. Nos besoins se sont déplacés vers des profils avec plus d’expériences et avec des compétences plus pointues. Enfin, CGI recrute toujours des jeunes diplômés à l’issu d’un stage effectué sur nos projets. Ceci nous amène à monter des partenariats avec les écoles et universités cibles et à y intervenir pour parler de nos métiers. »

Guy Schiltz, Departement Manager chez Telindus Belgacom ICT, 10 postes minimum
« On ne rencontre pas de problèmes de compétences par rapport à nos besoins mais on cherche de plus en plus de profils avec des spécialisations dans les domaines comme par exemple domaine de la sécurité ou encore dans le domaine du réseau. Pendant le stage nous pouvons modeler des spécialités en fonction de nos besoins et de leurs intérêts. Les formations scolaires restent mal adaptées, nous n’avons rencontré aucun BTS… ni aucun Luxembourgeois, alors que leur profil tri-lingue peut être très intéressant pour nous. »

Stéphane Gornès, Partner chez Arrow Group, 15 postes pour Luxembourg, 50 pour le groupe
« En s’implantant au Luxembourg, Arrow Group est à la recherche d’experts passionnés par les nouvelles technologies de développement Microsoft (.Net, Windows Phone,…). Au-delà de leurs compétences techniques, Arrowlux souhaite s’entourer de personnes ayant l’esprit d’entrepreneur pour participer activement au développement de l’entreprise. Pour répondre à la demande grandissante de ses clients Luxembourgeois, Arrowlux lance une campagne de recrutement d’experts Microsoft pour intégrer notre filiale pure player. Le profil : la passion du développement, des certifications Microsoft et l’envie de faire partie de l’aventure entreprenariale Arrowlux. »

Sur les différents profils IT recherchés, beaucoup d’entreprises ciblaient surtout les architectes web, experts Windows et Java, et les développeurs. Moovijob Tour DeLux a permis de recueillir certains CV très intéressants mais de nombreuses places restent à pourvoir. Ces profils spécifiquesrestent rares surtout pour des niveaux experts. Autre constat : pas assez de femmes, tous les interrogés conviennent pourtant que leur présence est importante pour l’ambiance de travail.