Nexunity, pour une opportunité Bitcoin à Luxembourg

Au Luxembourg, la start-up Nexunity de Max Wolter, étudiant en informatique, entend créer une plateforme pour les Bitcoins. Proche d’un bureau de change, on y convertirait des Bitcoins en autres monnaies virtuelles et pourrait avoir des wallets sécurisé. A peine SARL, l’équipe des trois a déjà de grandes ambitions.

Au Luxembourg, la start-up Nexunity de Max Wolter (en photo), CEO et étudiant en informatique, entend créer une plateforme pour les Bitcoins. Proche d’un bureau de change, on y convertirait des Bitcoins en autres monnaies virtuelles et pourrait avoir des wallets sécurisé. A peine SARL, l’équipe des trois a déjà de grandes ambitions.

Ils sont prêts pour un long combat pour convaincre les banques, les administrations, et le Luxembourg entier s’il le fallait, mais ils ont su trouver du soutien pour monter Nexunity. Officiellement, c’est une SARL depuis septembre qui se trouve à Diekirch en mode « entreprise de garage » mais ils pourraient déménager dans un Business Center. La plateforme est en développement pour lancer les tests d’ici mars.

Une entrée lente mais appliquée

L’intérêt de Max Wolter pour le Bitcoin remonte à des années en arrière, pendant lesquelles il se renseigne. Puis un concours start-up va tout matérialiser. Il trouve une équipe tout autant persuadée du potentiel de Bitcoin et surtout du Bitcoin à Luxembourg. Fort de ses recherches, il connaît les faiblesses des autres plateformes qui ne sont pas sûres ou ne proposent qu’un seul service.

Nexunity est destinée à simplifier les modes de paiements avec les monnaies virtuelles et le très particulier Bitcoin. « Notre plateforme est dynamique et on peut ajouter ou enlever les modules qu’on les configure pour s’adapter aux évolutions que connaîtra Bitcoin. Tout est en Cloud et pour le moment on développe tout nous même vers une plateforme sans limite de performance. Les modules sont autonomes, certain qu’on leur attribuer la bonne technologie mais aussi la sécurité. Il y a quatre paliers de sécurité entre les wallets et les services; tout en étant autonomes en cas de panne ou incident. Ainsi un module n’a pas accès à un autre et les Bitcoins seront stockés offline pour être plus secure.»

Nexunity au futur

Nexunity a quatre piliers : la performance, la sécurité, la transparence et la flexibilité. Avant son lancement, il lui reste encore des tests : intégration, beta test, pénétration et tests sur le système. Pour cela les trois entrepreneurs sont soutenus par l’expertise de certains professeurs et professionnels (du secteur IT/Gestion) et ont eu un premier bon contact avec l’ABBL.

Pour la suite, la plateforme offrira différents services qui fonctionneront surement à la carte avec différents abonnements, pour pouvoir : changer des « coins » entre eux (stockés en différents wallets sécurisés), avoir un lieu de partage entre « mineurs » pour créer des pool en single silo afin de diminuer la variance. Sur plus long terme, l’équipe pense aussi développer un portail statistique pour utiliser la Data des échanges sur la plateforme à des fins de consulting. Puis avoir une version mobile de la plateforme pour avoir accès à ses Bitcoins en tout temps et en tout lieu. Enfin, tenter d’avoir une licence e-money pour rassurer les banques et les investisseurs, et pouvoir un jour changer des Bitcoins en euros (et vis versa) si la CSSF donne son accord.

La Place Luxembourgeoise réticente

Pour Max Wolter, rester au Luxembourg était important car c’est pour lui « le meilleur emplacement d’Europe par rapport à l’IT et la place financière. Mais il y a aussi, un grand potentiel pour devenir un élément majeur autour de Bitcoin en Europe (et les autres « coin »). Dès le début, on a voulu coopérer avec les banques mais elles en ont plus peur au lieu d’être enthousiastes et de voir les opportunités. C’est vrai que Bitcoin a une mauvaise réputation, mais on peut aussi faire de très bonnes choses avec, comme créer de nouveaux marchés au Luxembourg.»

Nexunity remplit toutes les conditions au niveau de la lutte contre le blanchiment d’argent et compte bien demander un minimum de données sur ses inscrits pour assurer un certain contrôle.

Et la CSSF ?

Depuis le communiqué de la CSSF sur le statut Bitcoin les partisans sont partagés. « Je suis content qu’ils aient communiqué la-dessus; c’est un bon premier pas qui pourra peut-être en rassurer certain, déclare Max Wolter. Leur approche au cas par cas des projets est la meilleure solution, comme il n’y a pas d’équivalent de Bitcoin. Il ne faut pas étouffer l’innovation mais s’adapter en fonction de ce qui peut être fait.»

Pour le moment, l’objet social de Nexunity est assez flou et reste plus proche d’une base commerciale et non financière donc, sans nécessite de l’accord du Ministère de la Finance, pour échanger des monnaies virtuelles entres elles. Par contre, si les banques emboitent le pas et que le service d’échange Bitcoin-Euro se concrétise, un autre agrément sera nécessaire. « Pour le moment on ne sait pas jusque quelles limites les organismes vont pousser la définition du Bitcoin, ni les limites quelles vont lui donner, conclu Max Wolter. C’est pour cela que nous sommes encadrés par des avocats. Bitcoin va faire jurisprudence dans beaucoup de ses utilisations et c’est important de faire les choses bien et de l’entourer de termes précis qui seront propres à ses monnaies. »

D’autres pays sont plus favorable à Bitcoin et accueilleraient plus facilement la jeune start-up. Espérons qu’ils ne récupèrent pas Nexunity, qui pour le moment tient bon face aux réticences luxembourgeoises. Les yeux des autres pays se feront de plus en plus doux pour attirer l’innovation de tous domaines. Avec les particularités de Bitcoin, ceux qui sauront l’exploiter en sécurité auront un statut d’expert. La guerre pour la première place d’un pionnier Européen commencera plus tôt qu’on ne le croit.