« Nous sommes une start-up ministérielle »

Pour le nouveau ministre délégué de la digitalisation, Marc Hansen, le Luxembourg doit développer une politique ambitieuse pour renforcer sa position à l’avant-garde d’une société de plus en plus digitale. La proactivité et l’agilité qui caractérisent le pays doivent lui permettre de profiter des opportunités découlant des nouveaux usages faits de la technologie. La digitalisation doit toutefois se faire au service de l’humain, en veillant à ne laisser personne de côté.
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Avec la mise sur pied du nouveau gouvernement, le Luxembourg s’est doté d’un ministère de la Digitalisation. Marc Hansen, après avoir été ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, partage les rênes de ce nouveau portefeuille avec Xavier Bettel. Le ministre délégué de la Digitalisation est par ailleurs ministre de la Fonction publique. « Face aux évolutions numériques, les défis à relever sont conséquents, précise-t-il. Les changements à l’œuvre sont spectaculaires et le sujet est fascinant. Avoir la possibilité d’accompagner ce changement, en étant amené à participer à la création d’un nouveau ministère, est un défi particulièrement enthousiasmant. »

« Le fait de placer le digital dans les mains d’un ministère dédié montre l’importance que le gouvernement accorde au sujet »

 

Monsieur Hansen, pouvez-vous nous expliquer ce qui a poussé le nouveau gouvernement à mettre en place un ministère de la Digitalisation à part entière ?

La digitalisation constitue un grand défi pour notre société et notre économie. La technologie est aujourd’hui présente partout. Elle transforme l’économie, facilite nos démarches administratives, nous accompagne à travers les nombreuses tâches de notre vie quotidienne. L’économie du pays et sa compétitivité dépendent aussi de notre capacité à saisir les opportunités liées à un meilleur usage des outils numériques. Beaucoup d’efforts ont été réalisés par le passé au Luxembourg pour soutenir les développements dans le domaine du numérique. A l’entame d’une nouvelle législature, il nous semblait important de pouvoir appréhender ces enjeux essentiels à un niveau politique. Le fait de placer ces enjeux dans les mains d’un ministère, chapeauté par le Premier ministre et moi-même, montre que c’est sujet très important pour ce gouvernement.

 

Comment peut-on résumer les défis auxquels vous allez devoir vous atteler ?

« Notre rôle est d’accompagner le changement induit par l’évolution technologique. »

Dès l’annonce de la création de ce ministère, beaucoup de personnes sont venues échanger avec moi. J’ai pu me rendre compte du fait que chacun a une définition singulière de ce qu’est le digital. D’une personne à l’autre – citoyen, dirigeant d’une entreprise, prestataire de service dans le domaine informatique… – la perception du numérique varie fortement. Pour un parent, l’enjeu peut résider dans la manière avec laquelle on va utiliser Word ou Excel à l’école. Pour l’entrepreneur, l’intérêt sera économique. Il cherchera un meilleur usage de la technologie pour améliorer ses performances. Les acteurs de la télécommunication et du secteur numérique vont vous parler d’infrastructures, de centres de donnés, de connectivité, d’interopérabilité, de 5G, d’automatisation… Le numérique est une matière transversale. Notre rôle est d’accompagner le changement induit par l’évolution technologique. Cela commence au niveau de l’Etat, avec la numérisation des procédures administratives qui concernent tant les citoyens que les entreprises.

Comment comptez-vous pousser davantage la numérisation de l’administration ?

« En 2015, 75.000 transactions avec l’administration ont été effectuées en ligne à travers le portail guichet.lu. L’année dernière, on en a enregistré plus de 400.000. »

A ce niveau, on ne part pas de rien. Comme vous le savez, le CTIE, qui orchestre le chantier e-government, est avec la nouvelle constitution des ministères, passé du ministère de la Fonction publique sous la tutelle du ministère de la Fonction publique,  ministère de la Digitalisationdont j’ai la charge. Déjà aujourd’hui, les citoyens peuvent effectuer une centaine de démarches administratives en ligne, les entreprises peuvent en réaliser environ 150. En 2015, 75.000 transactions avec l’administration ont été effectuées en ligne à travers le portail guichet.lu. L’année dernière, on en a enregistré plus de 400.000. Aujourd’hui, il est possible d’obtenir de demander son extrait de casier judiciaire, de payer ses amendes, de recharge sa carte Restopolis pour payer ses repas dans le cadre scolaire et universitaire, en utilisant Digicash. Régulièrement, de nouvelles possibilités s’ajoutent à celles déjà proposées en ligne. Mais il faut pousser davantage et lier ces opportunités au chantier de simplification administrative, en repenser les processus administratifs dans leur ensemble, pour faciliter très concrètement la vie des citoyens. On cite souvent l’Estonie en exemple pour tout ce qui est e-administration. Et il est vrai que ce pays démontre comment, au niveau de l’Etat, le numérique peut mieux servir les intérêts de chacun.

« La digitalisation des processus administratifs permet de mieux accompagner chaque citoyen tout au long de son parcours de vie. »

 

Pouvez-vous nous donner un exemple ?

En Estonie, suite à la naissance de son enfant, un père se voit directement notifié par mail son nouveau statut. A la clinique, l’enfant est directement déclaré par les services médicaux et de ce fait reconnu. A partir de là, beaucoup de procédure sont engagées automatiquement. Le père ne doit plus multiplier les démarches pour déclarer l’enfant., obtenir les remboursements de soins de santé ou des allocations éventuelles. L’Etat sait directement que, au niveau fiscal, le ménage compte une personne de plus. La digitalisation des processus administratifs permet de mieux accompagner chaque citoyen tout au long de son parcours de vie.

Comment est-ce que ce ministère va-t-il pouvoir mieux œuvrer à la poursuite de tels objectifs ?

Il faut voir ce ministère comme un point de coordination, un facilitateur, animé par la volonté de deux ministres de faire avancer les choses. La numérisation implique en outre de travailler selon une approche transversale. Nous allons donc devoir collaborer avec nos confrères ministres pour transformer le Luxembourg et lui permettre de profiter de nouvelles opportunités.

L’initiative Digital Luxembourg, lancée à l’entame de la législature précédente, poursuivait à peu de choses près les mêmes objectifs. En quoi le fait d’avoir désormais un ministère dédié va-t-il changer la donne ?

La plateforme Digital Luxembourg, qui était pilotée depuis le Services des médias et des communications et qui continue à être exploitée ensemble avec lepasse sous la tutelle du ministère de la Digitalisation, a permis d’importants progrès en matière de numérisation au Luxembourg. Des chantiers essentiels ont été menés au niveau du développement des infrastructures, de la création d’un écosystème fintech, d’un environnement plus propice à l’attraction et à la croissance des start-ups, etc. Cette plateforme a montré toute sa pertinence. Il faut capitaliser sur ce qui a été entrepris et continuer dans ce sens. La grande différence est que, désormais, le politique a directement la main sur ces chantiers. En prenant ces responsabilités, nous pouvons travailler directement avec nos collègues ministres pour faire avancer les choses.

« La transformation implique une mobilisation et une bonne coordination de l’ensemble des acteurs. »

Avec quelles prérogatives votre ministère peut-il pousser d’autres ministères à s’engager dans la transformation digitale ?

Le numérique doit permettre à chaque ministère de progresser et d’avancer. Il n’est pas l’apanage d’un seul ministère ou d’un seul ministre. La transformation implique une mobilisation et une bonne coordination de l’ensemble des acteurs. Elle relève de l’ensemble du gouvernement. Si vous prenez l’accord de coalition, le mot digital apparait dans chaque chapitre. Et chacun des ministres du gouvernement est conscient de l’importance du sujet. Comme je le disais, le ministère de la Digitalisation est un point de coordination, un soutien facilitant une approche transversale et cohérente. Mes collègues savent qu’il faut que les choses bougent et qu’ils seront challengés par ce ministère dans ce sens. En outre, je suis aussi ministre de la Fonction publique et ministre délégué à la Réforme administrative. A travers ces deux fonctions, je dispose de leviers permettant d’activer plus directement la transformation digitale de l’Etat.

 

L’ambition de construire un Luxembourg plus digital dépasse le cadre de l’administration…

« S’il est essentiel d’accompagner le développement d’une société plus numérique, il faut aussi veiller à ce que tous puissent en profiter. »

Il faut naturellement penser au secteur privé et accompagner la transformation des acteurs de l’économie en proposant un cadre qui soit favorable au développement d’activités incluant une dimension numérique. Aujourd’hui, Luxembourg dispose déjà de beaux atouts en la matière, avec de très bonnes infrastructures, une excellente connectivité internationale. Un des défis est de mieux promouvoir cet environnement en collaborant avec le ministère de l’Economie,.

D’autre part, s’il est essentiel d’accompagner le développement d’une société plus numérique, il est aussi important de veiller à ce que tous puissent en profiter. Tout le monde n’est pas à l’aise face à la technologie. Et je ne parle pas uniquement des seniors. Mon père, par exemple, est plus à l’aise avec les outils numériques que certains jeunes. L’important est de faire avancer le bateau en s’assurant que tous puissent demeurer à bord.

 

Développer une vision numérique pour le Luxembourg implique de prendre en considération de nombreuses dimensions. Comment piloter cette transformation au mieux ?

« Beaucoup de choses vont se mettre en place et nous sommes conscients que les challenges sont conséquents »

Beaucoup de choses vont se mettre en place et nous sommes conscients que les challenges sont conséquents. Cela dit, ce ministère n’a encore que quelques semaines d’existence et tout est à créer. On est un peu une start-up ministérielle. On part de zéro. A nous de développer une feuille de route en intégrant les conseillers, en rassemblant les acteurs autour des divers enjeux, en établissant un cadre de fonctionnement.

Pour considérer l’ensemble des enjeux relatifs au digital, il est aussi prévu de mettre en place un Haut Comité pour la Transformation Digitale, comme l’a suggéré le Conseil Economique et Social. A travers cet organe, la volonté est de voir représentées toutes les composantes de la société, pour mieux appréhender les diverses dimensions de la transformation digitale.

 

Quels seront les premiers grands chantiers de ce ministère ?

A ce stade, nous consultons les diverses parties prenantes. L’enjeu est conséquent, l’ambition grande. Il est trop tôt pour parler d’une priorité ou d’une autre. Considérant la dimension transversale avec laquelle doit être développé le numérique, je ne pense d’ailleurs pas que ce soit la meilleure méthode. Il faut travailler simultanément sur un ensemble de projets, en contribuant à une vision d’avenir.

 

Si l’on ne peut pas fixer des priorités, quelle serait l’ambition ?

Aujourd’hui, les compétences luxembourgeoises dans le domaine du numérique sont déjà bien reconnues à l’étranger. Nous avons compris que la digitalisation constituait une chance pour notre économie et notre société et avons pu mener des projets contribuant à bien nous positionner. Les compétences que nous avons développées, les projets que nous menons sont remarqués et reconnus à l’étranger. Il ne faut toutefois pas s’en contenter et avoir davantage d’ambitions, histoire de garder quelques longueurs d’avance sur d’autres acteurs. La taille du pays, notre flexibilité nous le permet. Nous devons aussi mieux montrer ce que l’on fait.

 

Depuis quelques semaines, vous multipliez les rencontres avec les acteurs du terrain, représentants du secteur ICT et de l’ecosystème digital luxembourgeois. A l’issue de ces échanges, quelles sont les principales attentes ?

J’ai en effet multiplié les rendez-vous. Les rencontres vont d’ailleurs se poursuivre. Comme je le disais, la volonté est de travailler avec l’ensemble des acteurs, tant les représentants du monde économique que les syndicats. Je souhaite pouvoir tenir compte des intérêts des différentes parties. Je constate que, suite à ces premières discussions, la plupart des acteurs sont conscients de ce que le Luxembourg a entrepris jusqu’alors et se montrent plutôt satisfaits. Tous se disent entre outre désireux de collaborer avec le gouvernement.

 

La transformation du secteur financier est un élément crucial pour l’économie luxembourgeoise. Quels sont les défis à ce niveau ?

Dans ce domaine particulier, mon collègue Pierre Gramegna est davantage impliqué et entreprend beaucoup de choses pour soutenir et accompagner la transformation numérique de l’activité financière au départ du Luxembourg. Les défis sont conséquents, les opportunités aussi sont nombreuses, notamment à travers le développement de la fintech ou dans le domaine de la sécurisation des données. La recherche, avec des acteurs comme le SnT, doit nous permettre de rester à la pointe en la matière.

 

Au-delà de la transformation digitale du secteur financier, enjeu clé pour l’avenir économique du Grand-Duché, comment activer celle des PME ?

« La sensibilisation et la formation doivent permettre aux PME luxembourgeoises de mieux comprendre les défis et opportunités liés au digital. »

Beaucoup d’acteurs ont appris à profiter des opportunités offertes par les évolutions technologiques pour augmenter leur productivité et leur compétitivité. Pour les plus petites structures, ces aspects sont plus difficiles à appréhender. Toutefois, le ministère des Classes moyennes et le ministère de l’Economie multiplient aussi les actions. La sensibilisation et la formation doivent permettre aux PME luxembourgeoises de mieux comprendre les défis et opportunités liés au digital et de mieux mettre en œuvre la technologie au service de leur développement. D’autres initiatives, comme LetzShop, une plateforme e-commerce mutualisée pour les petits commerçants mise en place par le ministère des Classes Moyennes, participent aussi à l’évolution numérique des acteurs. On doit continuer dans cette voie. D’autre part, l’Etat, en obligeant par exemple les entreprises avec lesquelles il entretient des relations contractuelles à passer par des procédures digitales pour la facturation ou les soumissions, peut aussi contribuer à la transformation de ces acteurs.

 

Quels doivent être les atouts du Luxembourg au cœur d’un marché unique digital ? Sur quelles niches de compétitives faut-il investir ? 

Au départ de nos forces, il y a de très nombreuses pistes à explorer, de nouvelles niches dans lesquelles investir. La volonté est de convaincre les acteurs de choisir le Luxembourg pour développer leurs activités dans le domaine du numérique, en se positionnant comme on l’a souvent fait en laboratoire vivant, avec les bons outils, un cadre législatif adapté, les bonnes infrastructures. Il faut pour cela faire valoir notre réactivité, notre capacité à être agile. Plus rapidement que les autres, Luxembourg doit offrir la possibilité à une grande diversité d’acteurs de profiter des opportunités offertes par le numérique, aux moments où elles émergent. Pour cela, nous devons être proches tant du business que de la technologie, en étant à même de faire évoluer le cadre dans lequel tous peuvent évoluer.

 

On a récemment vu, ailleurs en Europe, des d’entreprises justifier des vagues de licenciements conséquents par la digitalisation. Certaines peuvent licencier de nombreuses personnes, aux compétences considérées comme obsolètes, pour engager d’autres talents, plus en phase avec les nouveaux besoins digitaux. Comment appréhender ces défis ?

C’est en effet l’une de nos préoccupations. Face à ces enjeux, l’Etat a aussi un rôle à jouer aux côtés des employeurs et des travailleurs eux-mêmes. On sait que des emplois vont disparaitre mais aussi que de nouveaux métiers, très nombreux, vont se développer. C’est un processus continu qui comprend toute la problématique de l’adaptation des compétences dans un monde du travail qui évolue de plus en plus vite. Comment peut-on former, réorienter les travailleurs pour éviter de tels massacres sociaux ? Il faut pouvoir mieux anticiper les changements, mieux contribuer à l’adaptation des compétences de chacun dans la perspective des besoins à venir. Des initiatives ont déjà été prises par le passé. On peut citer la mise en place d’écoles de coding pour des demandeurs d’emploi ou encore l’initiative Digital Skills Bridge. Il faut continuer dans cette voie. Mais l’Etat ne peut pas agir seul. Les entreprises doivent aussi se tenir prêtes à relever les défis. A l’avenir, les compétences digitales seront plus disputées encore et, sans doute, difficiles à trouver. En anticipant les besoins, elles doivent parvenir à mieux faire évoluer leurs équipes, à mieux appréhender leurs évolutions en offrant de réelles perspectives à chacun. Chaque travailleur aussi, au final, doit se sentir responsable de son employabilité et doit avoir la volonté d’évoluer lui-même. L’Etat, en tant qu’employeur important, doit aussi montrer l’exemple.

« La fonction publique représente quelque 30.000 agents. Nous devons montrer l’exemple, devenir nous aussi un employeur plus digital. »

 

Comment cela se traduit-il ?

La fonction publique représente quelque 30.000 agents. Nous devons montrer l’exemple, devenir nous aussi un employeur plus digital. Si nous voulons réussir la transformation numérique de l’administration, les compétences en son sein doivent évidemment aussi évoluer. La formation des agents est donc aussi au programme. C’est un vaste chantier qui concerne chaque personne active dans la fonction publique, à tous les niveaux.

 

Quelle est la marge de manœuvre du politique face à l’accélération de l’évolution technologique, souvent portée par des géants numériques étrangers de surcroît, et la manière dont elle parvient à restructurer nos sociétés ?

Derrière toute évolution, il y a des opportunités et des risques. La technologie évolue rapidement, générant des bénéfices directement perceptibles pour les utilisateurs. Ces derniers, on le constate, sont très demandeurs, sans forcément se rendre toujours compte des implications qu’il y a derrière l’utilisation de nouveaux services, que ce soit vis-à-vis de la protection de leur vie privée ou du marché du travail. Dans ce contexte, le législateur a un rôle à jouer pour protéger chacun et défendre les valeurs constitutives de notre société sans pour autant freiner le progrès. C’est un équilibre qu’il faut maintenir en permanence dans un environnement particulièrement mouvant.

« Le citoyen doit rester au centre de nos préoccupations. Nous menons ces projets pour lui faciliter la vie, réduire la pénibilité, améliorer la santé de tous, mieux vivre en communauté. »

 

Comment parvient-on à garantir cet équilibre ?

Je pense qu’il faut avant tout être l’écoute de ce qui se fait, analyser les possibilités qu’offre la technologie, sans perdre de vue que c’est au service de l’humain que doivent s’opérer les transformations. Le citoyen doit rester au centre de nos préoccupations. Il ne faut pas oublier que nous menons ces projets pour lui faciliter la vie, pour réduire la pénibilité, pour améliorer la santé de tous, pour mieux vivre en communauté. Si je reprends l’exemple de l’Estonie, autour des procédures liées à la naissance, on comprend comment le digital permet aux parents de gagner du temps et leur épargne beaucoup de tracas d’ordre administratif. Soulagés de ces démarches, ils peuvent mieux se consacrer à leur famille. Avec le développement de l’intelligence artificielle, de nombreuses questions d’ordre éthique ne manqueront pas de se poser. Ce sont nos valeurs, humaines, qui devront avant tout guider les réponses que l’on y apportera. Il est important d’innover, c’est vrai, mais il ne faut jamais perdre de vue pourquoi on le fait.