« Plus qu’un contenu, il s’agit de proposer des expériences pédagogiques »

La formation professionnelle continue est l’une des réponses aux défis des compétences rencontrées par les entreprises. Elle constitue une opportunité de faire évoluer les talents pour mieux appréhender les défis de demain. Dans un monde qui change, en outre, les centres de formations, à l’instar de la PwC's Academy, s’adaptent eux aussi.

Etienne Hirsch, Head of PwC’s Academy – PwC Luxembourg

Monsieur Hirsch, pouvez-vous nous présenter la PwC’s Academy et son activité au Luxembourg ?

Avec 20 ans d’existence, ce centre de formation luxembourgeois est le plus ancien du réseau global de PwC. Il s’agit d’un outil unique qui, faisant levier sur l’expertise que nous développons localement comme à l’international, nous permet d’accompagner nos clients face à leurs défis pédagogiques, en matière d’acquisition de nouvelles compétences, de transformation, pour se préparer pour l’avenir. C’est une plateforme de soutien qui fait le lien entre les clients et l’expertise, qui permet de mieux appréhender et comprendre les problématiques rencontrées par les organisations localement, mais aussi de leur apporter l’expertise nécessaire pour faire grandir leurs équipes, leur permettre d’évoluer dans un monde complexe, en mutation permanente.

Comment avez-vous vu évoluer les besoins en formation des organisations ? Comment appréhendent-elles aujourd’hui le défi des compétences ?

Les organisations, dans leur volonté d’innover, d’apporter de nouvelles solutions, de s’adapter aux évolutions du marché, affichent un besoin manifeste de sans cesse développer les compétences et d’enrichir une réflexion sur les changements qui s’opèrent ainsi que sur l’avenir. Nous évoluons aujourd’hui dans un contexte numérique, bien différent de celui qui prévalait il y a vingt ans, avec des besoins en formation qui ne font qu’augmenter. Et l’appétit d’apprentissage des collaborateurs n’a jamais été aussi important.

Le besoin en formation n’émane pas uniquement des organisations, mais aussi des apprenants ?

Avec l’avènement de la société numérique, on a vu une tendance forte à la prise de responsabilité des personnes actives vis-à-vis de la gestion de leurs compétences. Le besoin, émane aujourd’hui à la fois des organisations et des apprenants. Il est très fort, bien exprimé, et notre rôle est d’y répondre. De plus en plus, l’employé s’engage, désireux de se préparer pour l’avenir et d’acquérir les capacités de relever de nouveaux défis.

Comment la réponse à ce besoin d’apprendre, d’acquérir de nouvelles compétences, a-t-elle évolué ?

La technologie a grandement facilité l’accès à l’information. Toutefois, cette avancée seule n’est pas suffisante pour répondre aux besoins pédagogiques exprimés. Le souhait des apprenants est d’accéder à une réelle expertise, de pouvoir interagir avec des personnes qui maîtrisent le sujet. La technologie, dans ce contexte, permet d’atteindre plus de monde, d’envisager des formats singuliers, des parcours personnalisés. Cependant, et c’est notre conviction, il est primordial de tenir compte des attentes de chacun, de proposer des moments d’apprentissage autour d’échanges constructifs avec des experts. Plus qu’une question de contenu, il s’agit de proposer des expériences pédagogiques.

Dans un monde qui change, les entreprises doivent s’adapter. Comment appréhendent-elles ce défi ?

Nous évoluons dans un environnement très ouvert, chacun ayant de nombreux défis à relever et la nécessité d’explorer de nouveaux champs de savoir. L’enjeu auquel nous devons répondre réside dans la manière d’intégrer ces connaissances de façon concrète, de les mettre au service de l’organisation afin de lui permettre de franchir de nouveaux jalons. Il faut donc ancrer les sujets dans un contexte, faciliter l’échange. Il faut aussi pouvoir proposer des formations impactantes. Cela passe notamment par l’accès à des experts qui ont un point de vue, qui peuvent s’exprimer sur des sujets précis, qui soient focalisés sur des zones de compétences fortes.

Comment intégrez-vous ces besoins dans vos offres ?

Nos formateurs sont les experts PwC et leur champ de compétences couvre non seulement les technical skills mais également les soft skills. On combine d’ailleurs de plus en plus les aspects « soft » et techniques, notamment dans le cadre de curriculum. En fonction des besoins exprimés, on peut constituer des programmes multifacettes en lieu et place de cours mono-thèmes auxquels les organisations recourent à l’unité.

Plus que l’acquisition des compétences, l’enjeu est donc de permettre à chacun d’évoluer, de se préparer à occuper de nouvelles fonctions, à pouvoir assumer d’autres rôles ?

Il y a des enjeux liés à l’acquisition de compétences, en lien par exemple avec des évolutions réglementaires qui requièrent que les employés se mettent à jour dans le cadre de leurs fonctions. Et, effectivement, il y a des enjeux pédagogiques liés à des évolutions des fonctions ou des rôles à l’échelle d’une organisation, qui impliquent d’élargir le périmètre de compétences des équipes. C’est pourquoi, en fonction des besoins, il est important de pouvoir précisément définir l’objectif pédagogique poursuivi.

Quel est l’impact de la technologie sur l’offre de formation ?

Comme je le disais, le numérique permet d’aller à la rencontre d’une audience plus large. La technologie agit comme un catalyseur. Avec elle, l’information est plus facilement accessible. Elle offre aussi de nombreuses nouvelles possibilités qui sont des opportunités pour accroître la personnalisation des parcours pédagogiques au travers notamment de la proposition de suggestions aux apprenants.

Il ne s’agit donc pas uniquement de partager des tutoriels ?

Il est nécessaire d’aller au-delà du cours académique. Le souhait est que l’information soit contextualisée et pratique. On peut donc avoir des tutoriels, mais il faut proposer divers points d’entrée. Un des enjeux est de pouvoir contextualiser la théorie, à travers des ateliers de mise en pratique, lors de sessions de design thinking ou lors de séances d’échange entre un expert et d’autres acteurs.

Comment la formation continue contribue-t-elle à la résolution de l’équation à laquelle sont confrontées les entreprises, entre la difficulté de recruter les compétences nécessaires pour demain et leur responsabilité vis-à-vis de leurs talents en voie d’obsolescence ?

Je pense qu’il y a un gisement de compétences qui, dans chaque entreprise, sont sous-exploitées. Quand nous discutons avec des dirigeants, nous les invitons avant tout à identifier le potentiel qu’ils ont en interne, les possibilités qui existent de faire évoluer leurs talents pour répondre à leurs besoins futurs. La formation, à travers des programmes d’accompagnement, peut les aider à relever ce défi. D’autre part, je pense qu’il est essentiel, au niveau de chaque organisation, de mieux valoriser les connaissances et leur partage, en favorisant la mobilité, à travers le mentorat, avec la volonté de créer une plus grande cohésion. Il faut dépasser l’organisation en silo pour promouvoir la transversalité.

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