Un robot socialement intelligent

Une start-up luxembourgeoise a créé un robot intelligent, avec des capacités de sociabilisation, pour notamment soutenir les formateurs et les thérapeutes dans leur travail

lux_aiUne start-up luxembourgeoise a créé un robot intelligent, avec des capacités de sociabilisation, pour notamment soutenir les formateurs et les thérapeutes dans leur travail. Par Sébastien Lambotte

Au milieu de sa tête, le petit robot de LuxAI affiche un large sourire pixellisé. Voici donc le premier robot social luxembourgeois. Il a été conçu par la start-up LuxAI, une spin-off de l’Université de Luxembourg, qui a pour vocation de développer et construire ce que l’on appelle les « robots sociaux ». Ces robots, intégrant une technologie d’intelligence artificielle (AI) peuvent être utilisés par exemple dans le système d’éducation ou de santé pour soutenir les formateurs et thérapeutes dans leur travail. Ils peuvent être programmés de façon à faire des exercices de vocabulaire avec des enfants ou à faire de la rééducation avec des victimes d’accident vasculaire cérébral (AVC). Cette technologique offre de grandes potentialités dans de nombreux domaines d’application, comme le support d’apprentissage pour les enfants autistes, dans les écoles, dans l’industrie du divertissement ou en gériatrie.

Expressif et émotif

« Les robots censés interagir avec les humains doivent traiter un grand nombre d’informations très rapidement et adapter leurs comportements en fonction de l’interaction en question, explique, le Dr Pouyan Ziafati,  directeur général de LuxAI. Notre robot est le premier robot social jamais lancé au Luxembourg. Nous avons déjà effectué des essais pratiques avec le prototype. Celui-ci a obtenu d’excellents résultats en matière d’expressivité sociale, d’émotivité et de facilité d’utilisation. »

LuxAI travaille actuellement avec la Fondation Autisme Luxembourg et trois départements de l’Université du Luxembourg à la mise au point d’applications pour le traitement de l’autisme et la thérapie comportementale, la gériatrie et l’enseignement des langues étrangères après des enfants dans les écoles maternelles. 

Une interface pour une programmation facilitée

Le cœur de chaque robot réside dans sa programmation. Le principe du robot social de LuxAI repose sur un « langage de programmation de robot agent », que Pouyan a conçu pour son doctorat et adapté aux besoins des robots sociaux. Cependant, cette programmation n’est accessible qu’aux experts en informatique. « Par exemple, si un médecin souhaite enseigner à un robot comment rééduquer les victimes d’AVC, il aura besoin d’une interface leur permettant de programmer le robot de manière intuitive et naturelle », poursuit Pouyan.

LuxAI, en collaboration avec le laboratoire de robots autonomes de Computer Science and Communications Research Uniit (CSC) de l’Université du Luxembourg, a justement mis au point cette interface. « Des personnes non expertes en informatique ont effectué les premiers essais sur nos robots. Elles ont été en mesure de programmer les robots selon l’usage souhaité en 20 minutes. Notre logiciel permet à n’importe qui d’y parvenir », poursuit-il. L’interface fonctionne sur la plate-forme Android. Selon Pouyan, l’interface des robots sociaux peut être adaptée au marché de masse.

Pour des tâches répétitives

Le robot et l’interface de LuxAI ouvrent un nouveau champ de possibilités, avec cette question lancinante quand on évoque l’émergence de l’intelligence artificielle : les robots pourront-ils bientôt remplacer l’homme dans son contexte professionnel ? « Les robots sociaux ne remplaceront jamais le personnel qualifié, mais peuvent le soutenir, étant donné qu’ils disposent d’un temps illimité et qu’ils peuvent assumer des tâches répétitives », répond Pouyan.