Se former à l’IA : un enjeu crucial, dès aujourd’hui

Pour répondre au manque de compétences liées au déploiement de l’intelligence artificielle, Devoteam et Microsoft viennent de créer leur IA Academy. Si les organisations veulent rester compétitives, il y a en effet urgence à se former dans le domaine.

Wilfrid LAGRANGE, Country Manager – Devoteam Luxembourg, Jérémy Meisch, Operations Director – Devoteam Luxembourg et Candi Carrera, Country Manager – Microsoft Luxembourg

L’intelligence artificielle ouvre des perspectives de développement considérables pour toute organisation, quel que soit son secteur d’activité, quelle que soit sa taille. Mettre en œuvre cette technologie nécessite toutefois de pouvoir s’appuyer sur les compétences adéquates. Compétences dont le Luxembourg manque cruellement à l’heure actuelle. « Si les organisations veulent aujourd’hui développer des projets autour de l’intelligence artificielle, elles doivent recruter très loin et parvenir à convaincre ces talents de rejoindre le Luxembourg. C’est pourquoi il est essentiel de disposer dès à présent de ressources ici », constate Candi Carrera, Country Manager de Microsoft Luxembourg. Pour répondre à cette problématique qui touche le pays, Devoteam Luxembourg et Microsoft Luxembourg ont développé, en collaboration, une académie de l’intelligence artificielle.

 

De la réflexion stratégique à la mise en place d’une solution approfondie

L’IA Academy Luxembourg propose trois types de formations, chacune s’adressant à un public bien spécifique. « Si l’IA résonne dans la plupart des esprits comme un sujet très technologique, elle concerne en réalité l’ensemble des équipes dans une organisation », confie Wilfrid Lagrange, Country Manager de Devoteam Luxembourg. À commencer par les dirigeants. « Le déploiement de l’intelligence artificielle au sein d’une entreprise ou d’une administration implique avant toute chose de repenser sa stratégie, d’opérer une transformation culturelle », poursuit-il. Se déroulant sur deux jours, le module pour Decision Makers vise ainsi à apporter aux responsables les connaissances spécifiques et pratiques leur permettant de définir et mettre en œuvre une stratégie d’IA.

Dans un second temps, la formation à l’intelligence artificielle concerne les équipes techniques. « À cet égard, nous proposons deux modules qui s’appuient sur des solutions Microsoft », précise Jérémy Meisch, Operations Director chez Devoteam Luxembourg. Le premier, baptisé « Foundation », est dédié aux professionnels qui possèdent déjà des bases en programmation. « La formation, dispensée sur cinq jours en présentiel et cinq semaines d’apprentissage en ligne, doit permettre aux participants de mettre en œuvre des applications simples s’appuyant sur l’intelligence artificielle, telles qu’un chatbot », explique Jérémy Meisch.

Le troisième module, intitulé « Advanced », nécessite de disposer d’un niveau de connaissances élevé en mathématiques et statistiques ainsi que d’une expérience avérée en programmation et en gestion des bases de données. « Le programme, qui s’étend sur 22 semaines et comprend à la fois du coaching et des cours à distance, est dans ce cas très poussé, souligne l’Operations Director. L’objectif, à terme, est de parvenir à créer des modèles d’apprentissage approfondis pour des solutions d’IA présentant un comportement et une intelligence semblables à ceux de l’homme, de type machine learning. »

 

L’IA n’est plus une option

Aux yeux de certains, l’intelligence artificielle n’en est encore qu’à ses prémices. Or, la technologie est déjà bel et bien présente dans notre vie quotidienne. Ses applications sont d’ailleurs multiples. « L’IA peut par exemple aider un médecin à réaliser un diagnostic plus rapidement ou décharger des agents de call center de tâches répétitives, illustre Wilfrid Lagrange. De manière générale, ces solutions permettent de rendre des processus plus simples ou plus rapides, d’améliorer l’efficacité des organisations. » Demain, l’IA aura, bien qu’il reste difficile à appréhender à l’heure actuelle, un impact plus important encore sur nos sociétés. « Nous n’avons plus le choix d’utiliser l’intelligence artificielle, confie Candi Carrera. Nous faisons en effet face aujourd’hui à un volume de données immense, qu’un humain seul ne peut gérer, traiter ni croiser. L’IA doit permettre d’y parvenir et de continuer ainsi à innover et à améliorer la qualité de vie de l’Homme. »

Malgré la demande croissante pour intégrer des solutions d’intelligence artificielle dans les organisations, des craintes subsistent à leur égard. « La technologie peut apporter le meilleur comme le pire, reconnaît le Country Manager de Devoteam. Pour éviter toute dérive, les organisations devront donc être capable de contrôler, réguler et développer un œil critique par rapport aux décisions prises par l’IA. » C’est pour cette raison que chaque module proposé par l’IA Academy intègre un volet éthique. « Nous y abordons des thèmes comme le respect des droits, de la vie privée et de la liberté humaine, explique Jérémy Meisch. L’objectif est de mettre en œuvre la technologie de manière responsable et éthique. »

D’autre part, « on se heurte encore à l’idée que l’IA va faire disparaître les emplois, regrette Candi Carrera. Oui, l’IA va révolutionner, transformer nos jobs, compléter nos compétences. Et c’est en ce sens qu’elle va créer de la valeur ajoutée, permettre de se concentrer sur son cœur de métier, sur des tâches plus créatives, qui nécessitent une réelle expertise humaine et auront un réel impact positif sur la société. »

Il y a urgence 

Pour les trois intervenants, il est essentiel de se former à l’IA dès à présent, pour la compétitivité du Luxembourg, pour celle des organisations. « Certains États, tels que la Chine, le Canada et Israël, investissent considérablement dans l’intelligence artificielle. Les pays européens, eux, sont à la traîne. Pour preuve, l’Europe a investi dans l’IA quasi autant qu’Israël à lui seul. En laissant d’autres pays avancer, nous sommes en train de perdre un avantage concurrentiel énorme. Nous avons un grand retard à combler et l’IA Academy doit aider, à l’échelle grand-ducale, de développer rapidement le savoir-faire autour de l’intelligence artificielle », explique le Country Manager de Microsoft. 

« L’IA va révolutionner, transformer voire même remplacer certains jobs mais aussi augmenter nos compétences. Et c’est en ce sens qu’elle va créer de la valeur ajoutée, permettre aux personnes de se concentrer sur leur cœur de métier, sur des tâches plus créatives, qui nécessitent une réelle expertise humaine et auront un réel impact positif sur la société. » commente Candi Carrera