Trans-For-Nation : retrouvez les Tops et Flops de cet automne

Tras-For-Nation Edition Automne 2020

LES TOPS

1 – Le Luxembourg accueillera des enfants du camp de Moria

Le 9 septembre dernier, un gigantesque incendie a ravagé le camp de migrants de Moria, sur l’île de Lesbos, en Grèce. Ce camp, conçu au départ pour accueillir 2.000 personnes, était occupé par 13.000 migrants, dont 4.000 enfants, lorsque l’incendie s’est déclaré. La destruction du camp a laissé l’intégralité de cette population sans toit et sans ressources. Pour répondre à cette catastrophe humanitaire, plusieurs pays européens ont offert leur aide à la Grèce. Le Luxembourg, comme la Belgique, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, la Croatie, la Finlande et la Suisse, ont ainsi accepté d’accueillir un total de 400 mineurs non-accompagnés sur leur territoire. Le nombre exact n’a pas encore été précisé, mais le geste doit être souligné.

2 – 48 espèces ont évité l’extinction

Drôles de semaines pour les défenseurs de l’environnement. Le 10 septembre, la WWF annonçait les (terrifiants) résultats d’une étude menée entre 1970 et 2016, portant sur la population mondiale d’animaux sauvages : celle-ci se serait réduite de 68 % sur la période. Dans le même temps, une autre étude parue le 9 septembre dans le magazine Conservation Letters se félicitait du fait que 48 espèces d’animaux sauvages avaient pu être sauvées de l’extinction depuis 1993, année de l’entrée en vigueur de la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies. Il s’agit peut-être là d’une maigre consolation mais, considérant les mauvaises nouvelles à répétition concernant la défense de l’environnement, on peut dire que cela fait tout même chaud au cœur. 

3 – Ça y est, les robots écrivent dans des magazines !

Nous, qui vous parlons ici en chair et en os, serons peut-être bientôt remplacés par des intelligences artificielles de plus en plus perfectionnées. The Guardian a ainsi publié début septembre une chronique entièrement rédigée par l’intelligence artificielle GPT-3. Loin d’être un ramassis d’informations mises bout à bout, ce texte se rapproche plutôt de l’article d’opinion. En effet, une seule consigne a été donnée au « robot » chargé de rédiger cette chronique : convaincre les humains que les robots ne leur veulent aucun mal. Le résultat est un article argumenté et correctement articulé, où GPT-3 affirme qu’il se « fiche de la toute-puissance », que l’« éradication de l’humanité [lui] apparaît comme une entreprise assez vaine » ou encore qu’il « ferait tout [son] possible pour écarter toute tentative de destruction si [ses] créateurs [lui] assignaient cette tâche, ce qu’ils feraient probablement ». Alors, rassurés ?

 

LES FLOPS

 

1 – Nouvelles dérives policières aux États-Unis

Dans notre dernier numéro, nous placions dans notre « flop » le décès de George Floyd, devenu un nouveau symbole du mouvement Black Lives Matter. Nous pensions que l’onde de choc causée par ce décès permettrait peut-être une réelle remise en question au sein des forces de l’ordre américaine, particulièrement en ce qui concerne l’interpellation d’Afro-américains. Et pourtant, c’est tout le contraire qui s’est produit. Le 24 août, Jacob Blake, un Afro-américain vivant à Kenosha (Wisconsin) a reçu sept balles dans le dos, alors qu’il était dans sa voiture avec ses enfants. S’il s’en est miraculeusement sorti, il risque de rester paralysé toute sa vie. Rebelote le 2 septembre, lorsqu’un autre Afro-américain était abattu à Los Angeles pour une infraction au code de la route. Un important travail doit, de toute évidence, être mené au sein de la police et de la société américaines pour qu’une partie importante des citoyens des États-Unis ne risquent pas leur vie chaque jour en sortant dans la rue… 

2 – Des incendies de plus en plus violents

Changement climatique ou pas, la Californie et ses forêts comptant certains des plus vieux arbres du monde – les séquoias géants – ont toujours été touchés par des incendies ponctuels. Ceux-ci permettent même aux forêts de séquoias de se reconstituer. Ceci étant dit, depuis quelques années, ces feux de forêts se font de plus en plus importants et ravageurs. Cette année, l’Oregon, État situé juste au nord de la Californie, a lui aussi été touché, alors qu’il s’agit d’une région au climat particulièrement pluvieux. Depuis le mois d’août, plus de 400.000 hectares de forêts ont été détruits et 28 personnes ont déjà perdu la vie dans les deux États. De quoi mettre enfin le changement climatique sur la table des débats pour les prochaines présidentielles ? Pour l’instant, c’est plutôt le silence radio à ce niveau, tant du côté démocrate que républicain. 

3 – Le droit international piétiné 

L’arrivée au pouvoir de leaders populistes ne rend pas seulement très habituelles les déclarations fracassantes et, par moment, loufoques, elle a aussi des conséquences plus graves. Ainsi, Boris Johnson, le Premier ministre britannique, souhaite revenir sur certaines parties de l’accord commercial post-Brexit passé avec les pays européens, particulièrement celles concernant les rapports avec l’Irlande du Nord. Or, une telle refonte constituerait ni plus ni moins qu’une atteinte flagrante au droit international, qui encadrait l’accord passé avec l’Union. Boris Johnson tente toujours de convaincre ses propres institutions de le suivre dans cette voie mais, si ce projet se concrétisait, ce serait la porte ouverte à de nombreuses dérives, qu’on attendait jusqu’ici plutôt de pays aux convictions démocratiques pour le moins mesurées, comme la Russie par exemple.