La transformation digitale touche aussi l’audit

EY Luxembourg a présenté les résultats de son année fiscale 2015-2016, en progression constante.

EY_alain-kinsch_bernard-lhoest-marc-schmitz-marechalEY Luxembourg a présenté les résultats de son année fiscale 2015-2016, en progression constante. L’occasion pour la cabinet de revenir sur les transformation qui animent le marché, au niveau réglementaire mais aussi dans le domaine technologique. Par Sébastien Lambotte

Ce jeudi, EY présentait les résultats de son dernier exercice fiscal, qui s’étendait du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016. Avec un chiffre d’affaires de 178 millions d’euros, EY Luxembourg a connu une croissance de 7,6% par rapport à l’exercice antérieur (165,5 millions d’euros). Cette croissance, à travers ses trois départements – audit, fiscal et conseil -, se distribue inégalement. Le département audit (qui représente 59% du revenu total) peut se targuer d’une « croissance exceptionnelle de 10% ». Le département fiscal (32%) a connu une augmentation de ses revenus de 8,3%. Le département conseil, pour sa part, consécutivement à une année de très forte hausse (+ 32,5% sur l’exercice précédent) connaît un résultat en net recul de 7,3%. Désormais, EY compte 1250 collaborateurs et entend opérer environ 400 nouvelles recrues au cours de l’année fiscale 2017.

« Dans l’ensemble, nous sommes très fiers d’enregistrer, encore cette année, une croissance très satisfaisante et consistante par rapport à nos résultats antérieurs, a commenté Alain Kinsch, Country Managing Partner d’EY Luxembourg. Les investissements consentis en ressources humaines et en nouvelles technologies, y inclus dans notre nouvel environnement de travail, nous ont permis de répondre à la dynamique qui anime le marché, notamment en matière de transformations réglementaires et digitales. »

La data analytics pour de meilleurs audits

De transformation, il en est question à tous les étages. Dans l’audit, les équipes ont du faire face à l’entrée en application de la directive Barnier, qui encadre l’audit et les autres activités annexes menées par les cabinets comme EY. « Cependant, d’autres réglementations européennes, en matière de reporting ou de transparence, exigent de mener de nouvelles vérifications qui, à l’avenir, devraient s’étendre à des données non-chiffrées, a commenté Bernard Lhoest, en charge du département. Dans ce contexte, il est essentiel de pouvoir envisager d’autres manières de travailler, au départ des possibilités offertes par les data-analytics. Cela doit nous permettre de ne plus uniquement travailler sur des échantillons, mais sur une information prise dans son intégralité, ou à partir d’autres données. Il nous innover, à travers le développement d’un esprit entrepreneurial en interne, pour mieux auditer. »

Changements fiscaux

Les résultats du département fiscal, pour sa part, a été dopé par l’incertitude crée par l’implémentation de BEPS à l’échelle de l’OCDE. « Nos clients ont besoin de nous pour s’orienter dans ce paysage changeant et qui continue d’évoluer. Le Luxembourg, au-delà de sa réforme fiscale actuelle, devra en outre certainement adapter sa fiscalité en fonction de la manière dont les différentes juridictions vont se positionner, pour continuer à attirer des acteurs ici », a commenté Marc Schmitz, partner tax leader au sein d’EY Luxembourg.

Expérience client et FinTech

La transformation digitale, cependant, occupe surtout les équipes du département conseil. « Malgré des chiffres qui ne sont pas la hauteur de nos attentes, il y a beaucoup de raisons de se réjouir, a commenté Olivier Maréchal, Partner, Financial services Advisory Leader. Dans le courant 2016, nous avons notamment investi sur des sujets porteurs pour l’avenir, comme l’amélioration de l’expérience client et l’analytics, qui seront au cœur des projets des acteurs économiques, tous secteurs confondus, à l’avenir. » En outre, EY a mis en place des offres de managed services, notamment en matière de distribution des fonds et de reporting. « Aujourd’hui, nos clients veulent plus que du conseil. Ils souhaitent que nous les accompagnons dans la mise en œuvre de nos recommandations. C’est ce que nous amène, aujourd’hui, à proposer de tels services », poursuit-il.

EY Luxembourg a profité de sa conférence de presse de présentation des résultats pour évoquer quelques thèmes d’actualité, parmi lesquels celui de la FinTech ou encore celui du Brexit. « En la matière de FinTech, le positionnement pour lequel optera le Luxembourg est important. Parce que le concept est large et recouvre de nombreuses réalités, il faut que le pays se concentre sur des niches précises, afin de convaincre et mieux attirer des acteurs. Nous pensons notamment au domaine de la RegTech, pour lequel Luxembourg et son industrie financière peuvent faire valoir une réelle légitimité », assure Olivier Lemaire, partner.