Une croissance toujours soutenue pour EY Luxembourg

EY Luxembourg a été portée par ses activités d’audit et de consultance pour afficher une croissance de 10,9% sur l’année fiscale 2018. Un résultat qui doit beaucoup à la bonne santé globale de l’économie luxembourgeoise, mais aussi aux nouvelles réglementations qui ont dopé les demandes en services de consultance.

En matière de croissance, les années se suivent et se ressemblent pour EY Luxembourg. Sur les quatre derniers exercices, la société d’audit a vu son chiffre d’affaires significativement augmenter, de 8%  en 2015, de 7,6%  en 2016 et de 10,6% en 2017. Cette année, elle a bondi de 10,9%, pour atteindre 215 millions d’euros. Il n’est donc pas étonnant d’entendre Alain Kinsch, Managing Partner d’EY Luxembourg, évoquer lors de la traditionnelle conférence de presse annuelle qui se tenait ce mardi midi au siège d’EY Luxembourg, une « très, très bonne année ».

Présentant le meilleur résultat des 10 dernières années, l’année fiscale 2018 a surtout été marquée par une performance remarquable du département Advisory (+26,2%). « C’est d’autant plus impressionnant que ce même département avait déjà connu une forte croissance l’an dernier (+16,7%, N.D.R.), commente encore Alain Kinsch. Même si le chiffre est peut-être moins évocateur, les 11% de croissance du département Audit sont aussi exceptionnels. Il s’agit en effet d’un marché mature, sans grandes nouveautés. Par contre, même si le département est en croissance (+6,6%, N.D.R.) et que cela reste donc positif, cette croissance plus mesurée montre bien la transformation qui est en cours sur la place luxembourgeoise. »

 

L’impact des nouvelles réglementations et du Brexit

Selon les Partners d’EY Luxembourg, réunis pour l’occasion, ce résultat globalement positif s’explique tant par la bonne forme de l’économie luxembourgeoise, qui attire de nombreux acteurs venus de tous les horizons, que par la stratégie de l’entreprise. « Une grande partie des sociétés qui s’installent au Luxembourg, qu’elles viennent de Londres, dans une optique post-Brexit, ou d’ailleurs, ont besoin d’un audit, explique Bernard Lhoest, Partner en charge du département Audit au sein d’EY Luxembourg. Le fait que nous proposions aujourd’hui des audits pour toutes demandes – audit de contrôle, audit sur un process ou sur la performance d’un département, etc. – joue évidemment aussi en notre faveur. Nous avons ainsi pu gagner de nombreux nouveaux mandats. »

Pour Olivier Maréchal, Partner en charge du département Advisory pour le secteur financier, au-delà du Brexit et de la compétitivité de l’environnement luxembourgeois, l’arrivée de nouvelles réglementations est un autre facteur qui explique le bon résultat annuel d’EY Luxembourg. « GDPR, PRIIPS, MIFID…, énumère-t-il.Pour s’adapter à ces nouvelles réglementations, de nombreuses sociétés ont dû recourir à des conseils extérieurs. Nous avons également fait preuve de proactivité en développant nos propres managed services, notamment dans le domaine du reporting. Ceux-ci constituent une autre source de revenus réguliers. »

 

De nouveaux profils pour « devenir digital »

Autre démarche proactive d’EY Luxembourg au cours de l’année écoulée : son cheminement vers le digital, qui passe notamment par une main tendue aux start-ups. « Notre volonté, plus encore que de faire du digital, est de devenir digital, indique Brice Lecoustey, Partner en charge de l’innovation et du digital. Nous avons donc entamé une série de démarches il y a déjà un moment : notre building est aujourd’hui « paperless », nous employons des data scientists qui utilisent des outils pointus pour mieux exploiter les données, des plateformes digitales sont mises à la disposition des clients de notre département fiscal, etc. » Pour poursuivre la transformation digitale de son activité, EY Luxembourg compte sur un échange fécond avec des start-ups. « Nous épaulons des start-ups basées au Luxembourg en leur permettant notamment de se connecter avec l’extérieur et, en retour, elles nous aident à développer certaines technologies », poursuit Brice Lecoustey.

Cette attitude « digital friendly » a évidemment un impact sur le recrutement mené par le cabinet d’audit, qui va engager 400 personnes sur l’année 2018 et comptera donc 1400 collaborateurs à la fin de l’année. « Au-delà des profils traditionnels – des juniors avec un diplôme de management, d’économie, de droit, etc. –, nous engageons également de plus en plus de profils IT, mathématiques, formés au traitement de données. C’est le signe d’une transformation, même si ce que le client cherche en venant nous voir n’a pas changé : il veut toujours de la matière grise, du jugement, pas du binaire qui s’écrit en 0 et en 1… »