Article 41 : Gramegna peine à rassurer

Les syndicats se disent inquiets...

Pierre Gramegna
Pierre Gramegna, Ministre des Finances

Malgré les efforts consentis par le ministère des Finances – Pierre Gramegna, auteur du projet d’assouplissement des conditions de sous-traitance de services pour les banques, pour les rassurer, les syndicats se disent inquiets. – Par Sébastien Lambotte

Le projet de loi 7024, qui vise un assouplissement des exigences en matière du secret professionnel pour les acteurs bancaires luxembourgeois, n’a pas fini d’inquiéter.

Ce lundi, les syndicats en front commun ont tenu à réaffirmer leurs craintes vis-à-vis de cette réforme, malgré les tentatives du ministre des Finances pour les rassurer.

On peine encore à imaginer les conséquences de la réforme envisagée par Pierre Gramegna, offrant notamment la possibilité aux banques d’externaliser plus facilement certains services à l’étranger. Depuis plusieurs mois, maintenant, les syndicats et plusieurs associations professionnelles prédisent un véritable séisme, notamment pour les professionnels de l’IT dans et en dehors des banques. Les estimations les plus alarmantes font part de la disparition possible de 5000 emplois. Le ministre des Finances, cependant, n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de rassurer les plus inquiets. Rien n’y fait.

Le ministre « conscient du risque »

Pierre Gramegna partagera notamment avec les lecteurs d’ITnation sa vision autour de ce projet dans le Grand Entretien de notre prochaine édition d’ITnation MAG, qui paraitra la semaine prochaine.

Ce lundi, les syndicats – Aleba, l’OGBL/SBA et le LCGB/SESF – se fendaient d’un communiqué de presse en front commun, pour réitérer leurs inquiétudes.

Ce communiqué fait suite à l’entrevue qui a eu lieu entre les syndicats et le ministre la semaine dernière. A l’issue de la réunion, les représentants des travailleurs n’avaient pas reçu d’apaisement quant aux conséquences possibles de la réforme de l’Article 41, comme elle est envisagée à travers le projet. Selon les syndicats, « le Ministre des Finances est toutefois conscient que la décision de moderniser le secret professionnel permettra l’externalisation de services et risque d’avoir des conséquences importantes en termes de pertes d’emplois. »

L’espoir de voir de nouveaux acteurs arriver…

Le Ministre, selon les syndicats toujours, a tenté d’apaiser leurs inquiétudes, convaincu que cette ouverture permettra à terme d’acquérir de nouveaux emplois grâce à l’internalisation. « Le Ministre estime que l’assouplissement du cadre légal encouragera les banques et autres nouveaux prestataires de services du monde financier à venir s’installer au Luxembourg », précise le communiqué.

L’entrevue a aussi permis d’évoquer les amendements au projet consentis par le ministère, parmi lesquels l’introduction et le renforcement de la responsabilité de l’entité sous-traitante, l’exigence que la sous-traitance ne fasse pas entrave au contrôle par l’autorité de surveillance, l’extension de la modernisation du cadre légal relatif à l’outsourcing aux secteurs de l’assurance et des services de paiement.

… contre le risque de voir des services partir

Malgré cela, les responsables des syndicats restent inquiets. « Il est indéniable que les nouveaux profils des emplois attendus ne correspondront pas forcément au caractère et au volume des emplois perdus. Les syndicats craignent en effet que l’effet d’aubaine escompté par le Gouvernement ne se traduira en définitive que par l’installation des maisons-mères au Luxembourg, sans pour autant que les entreprises ne ramènent leurs quartiers logistiques avec eux, précisent les syndicats dans leur communiqué. S’ajoute à cela le risque de renforcement des externalisation et des décisions de transférer des services ou des entités entières à l’étranger. »

Les syndicats déplorent également que jusqu’à présent aucun état de lieux des répercussions sur les emplois dans le secteur n’ait été dressé. « Quelles mesures sont mises en place pour que le bilan entre l’outsourcing et l’insourcing devienne positif ? Quels sont les emplois qui sont internalisés et quels sont les profils recherchés? », interrogent les syndicats.